Ended Jul 23
Fabrice Gygi
À bâtons rompus
Jun 4 – Jul 23, 2022
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Galerie Chantal Crousel is pleased to welcome À bâtons rompus, the new solo exhibition of Fabrice Gygi. The artist presents a set of new watercolors and paintings, thus creating continuity in his exploration of watercolor on paper, and rupture, by the choice of a medium new to him, oil on canvas.
Fabrice Gygi continues the series of watercolors initiated in 2018, in which the line is at the center of his work and his reflection. He presents several works on paper taking up the motif of the grid and the star. Painted in dark gray on pastel-colored backgrounds, they assert the presence of the motif in the center of the sheet. Other watercolors, in bright primary colors, still use the grid motif, while provoking its destructuring. The lines intersect in a tangle of shapes and colors whose center, the vanishing point which structures the composition, escapes us. Fabrice Gygi's watercolors recall Rosalind Krauss's centripetal reading of the grid, which leads "from the outer limits of the aesthetic object to the inside", whose edges left voluntarily blank are "a representation of everything that separates the work of art from the world".
The breakdown of the grid leads Fabrice Gygi to creating oil paintings on canvas, a new technique which he experiments with in a series of five paintings. He likens this transition to "a Saint Bartholomew's Day", referring to the end of the rigidity, measure, and matte aspect of watercolor, replaced by the excess of the generous and brilliant material of oil paint. Moreover, the renunciation of the right angle for that of forty-five degrees no longer suggests a clear cut, but the crossing of swords, the raised finger of authority, the cannon ready to fire or the erectile position of the male sex. The martial image is corroborated by the artist's account of the creative process as a physical struggle with his large-format canvases and thick layers of material worked with a trowel. The lines, which intersect and interrupt each other, visually render the jerky rhythm of a broken conservation. They escape beyond the limits of the frame, decentering the canvas and erasing the motif: the work is only a small part of the world which surrounds it, whose events the artist has absorbed and retransmitted onto his support. In contrast to the centripetal reading of the grid, the oil paintings on canvas correspond to a centrifugal vision, where the work "forces us to recognize the world beyond the frame".
Fabrice Gygi (b. 1965, Geneva, Switzerland) was awarded the Prix de la Société des Arts de Genève/Arts Visuels/7th edition in 2021. Major institutional exhibitions of his work include MAMCO, Geneva (2021); Les églises, Centre d'art contemporain, Chelles (2013); Centre Culturel Suisse, Paris (2013); Instituto Svizzero di Roma (2010), Magasin 3, Stockholm Konsthall (2006); Orange County Museum of Art (2005), Kunstmuseum St. Gallen (2005), and MAMCO in Geneva (2004). His work has been central to major international group exhibitions including the Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris (2017), the Migros Museum (2016), Kunsthaus Zurich (2015), the Swiss Institute New York (2015), Palais de Tokyo (2011), Musée d'Art Contemporain de Lyon (2007), Museum Ludwig (2005), Museo Nacional Reina Sofia (2003), 25th Biennale of Ljubljana (2003), Kunsthaus Bregenz (2000) and Kunsthalle Bern (1996).
The artist represented Switzerland at the Venice Biennale in 2009 and at the Sao Paulo Biennale in 2002.
His works are in the collections of numerous institutions, including the MAMCO in Geneva, the Mudac in Lausanne and the Migros Museum in Zurich (Switzerland); the MKHA in Antwerp (Belgium); the Magasin 3 in Stockholm (Sweden); the Centre Pompidou and the FRAC Île-de-France in Paris, the FRAC Normandie in Rouen and the Centre national des arts plastiques (France).
After having been a professor at the ECAL in Lausanne, Fabrice Gygi now teaches at the Haute École d'art et de design (HEAD) in Geneva.
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La Galerie Chantal Crousel est heureuse d’accueillir À bâtons rompus, la nouvelle exposition personnelle de Fabrice Gygi. L’artiste propose un ensemble de nouvelles aquarelles et de peintures, suscitant ainsi continuité dans son exploration de l’aquarelle sur papier, et rupture, par le choix du médium inédit pour lui, de l’huile sur toile.
Fabrice Gygi poursuit la série d’aquarelles initiée en 2018, dans laquelle la ligne est au centre de son travail et de sa réflexion. Il présente plusieurs œuvres sur papier reprenant le motif de la grille et de l’étoile. Peintes en gris foncé sur des fonds aux couleurs pastel, elles affirment davantage la présence du motif au centre de la feuille. D’autres aquarelles, aux couleurs vives et primaires, ont toujours recours au motif de la grille, tout en provoquant sa déstructuration. Les lignes se croisent en un entremêlement de formes et de couleurs dont le centre, le point de fuite qui structure la composition, nous échappe. Les aquarelles de Fabrice Gygi rappellent la lecture centripète que fait Rosalind Krauss de la grille, qui mène « des limites extérieures de l’objet esthétique vers l’intérieur », dont les bords laissés volontairement blancs sont « une représentation de tout ce qui sépare l’œuvre d’art du monde ».
L’éclatement de la grille mène Fabrice Gygi aux huiles sur toile, technique inédite qu’il expérimente dans une série de cinq tableaux. Il apparente cette transition à « une Saint-Barthélemy », faisant référence à la fin de la rigidité, la mesure, l’aspect mat de l’aquarelle, remplacés par l’excès de la matière généreuse et brillante de la peinture à l’huile. Plus encore, l’abandon de l’angle droit pour celui à quarante-cinq degrés ne suggère plus une coupure nette, mais le croisement du fer, les armes qui se lèvent ou encore le doigt levé de l’autorité, le canon en position de tir ou la position érectile du sexe masculin. L’image martiale est corroborée par le récit que fait l’artiste du processus créatif comme d’une lutte physique avec ses toiles au large format et aux épaisses couches de matière travaillées au platoir. Les lignes, qui s’entrecroisent et s’interrompent, rendent visuellement le rythme saccadé d’une conservation à bâtons rompus. Elles s’échappent au-delà des limites du châssis, décentrent la toile et effacent le motif : l’œuvre n’est qu’une petite partie du monde qui l’entoure, dont l’artiste a absorbé les événements et les a retransmis sur son support. En contraste avec la lecture centripète de la grille, les huiles sur toile correspondent à une vision centrifuge, où l’œuvre « nous oblige à une reconnaissance du monde situé au-delà du cadre ».
Fabrice Gygi (né en 1965 à Genève, Suisse) a reçu en 2021 le Prix de la Société des Arts de Genève/Arts Visuels/7e édition. Les expositions institutionnelles majeures de son travail incluent le MAMCO, Genève (2021) ; Les églises, Centre d'art contemporain, Chelles (2013) ; le Centre Culturel Suisse, Paris (2013) ; l’Instituto Svizzero di Roma (2010), Magasin 3, Stockholm Konsthall (2006) ; le Orange County Museum of Art (2005), le Kunstmuseum St. Gallen (2005) et le MAMCO à Genève (2004). Son œuvre a occupé une place centrale au sein de grandes expositions collectives internationales comprenant le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (2017), le Migros Museum (2016), la Kunsthaus Zurich (2015), le Swiss Institute New York (2015), le Palais de Tokyo (2011), le Musée d’Art Contemporain de Lyon (2007), le Museum Ludwig (2005), le Museo Nacional Reina Sofia (2003), la 25e Biennale of Ljubljana (2003), le Kunsthaus Bregenz (2000) et la Kunsthalle Bern (1996).
L’artiste a représenté la Suisse à la Biennale de Venise en 2009 et à la Biennale de Sao Paulo en 2002.
Ses œuvres sont dans les collections de nombreuses institutions, parmi lesquelles le MAMCO à Genève, le Mudac à Lausanne et le Migros Museum à Zurich (Suisse) ; le M KHA à Anvers (Belgique) ; le Magasin 3 à Stockholm (Suède) ; le Centre Pompidou et le FRAC Île-de-France à Paris, le FRAC Normandie à Rouen ou encore le Centre national des arts plastiques (France).
Après avoir été professeur à l’ECAL à Lausanne, Fabrice Gygi enseigne aujourd’hui à la Haute École d’art et de design (HEAD) à Genève.












