Ended Mar 30
Matthias Bitzer
Caligothek
Feb 24 – Mar 30, 2024
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“But it is growing damp and I must go in. Memory’s fog is rising.”
—Emily Dickinson
Almine Rech is pleased to present Caligothek. Drawing inspiration from the Latin term “caligo,” which refers to fog, mist, and dimness of sight, Bitzer’s seventh solo exhibition with the gallery comprises a site-specific intervention on the façade of its Turenne location and a series of dynamic double-sided paintings. The exhibition title hints at the elusive nature of perception, where the present moment remains veiled in ambiguity, inviting viewers to pause and reflect on what lies beyond.
The exterior of the gallery is transformed into a graphic constellation of bold stripes of varying hues and thicknesses. Bitzer’s disorienting intervention recalls the eye-popping “dazzle” camouflage patterns primarily used for warships in the early twentieth century. Unlike traditional forms of camouflage, “razzle dazzle painting” was used not to conceal but to confuse, making it difficult to ascertain an object’s relative speed or position. Similarly, Bitzer’s site-specific painting transforms the gallery’s façade into a threshold between the outside world and an interior space of contemplation, absorption, and diffusion where nothing is quite as it seems. Upon entering the gallery, visitors encounter a series of intimately scaled abstract works: luminous fields of color nestled within hinged artist frames. The verso of each work contains a seemingly unrelated painting reflected by a mirror that is integrated in the back of the frame. Ghostly faces, abstract forms, and delicate objects impart a sensation of submersion, a non-graspable image diffused by layers of time.
Bitzer describes the process of making these works as a process of “controlled coincidence.” He begins each painting by working flat, pouring airbrush colors directly onto a wet canvas and moving them as the color spreads out across the canvas, sometimes seeping through to the other side. From there, two distinct paintings are created on both sides of a single surface, which are progressively developed in dialogue with one another. This infinitely looping mode of working carries over into the viewing experience, which generates a constant back-and-forth between the visible and the hidden. Just as in Schrödinger's famous thought experiment, where a cat is both alive and dead until observed, Bitzer's paintings challenge us to question our perceptions and embrace their inherent ambiguity. His work cultivates a space that holds a foggy mirror to our consciousness: a spontaneous, organic, moldable, infinite, simultaneous, and constantly expanding tangle of perceptions and sensations. And this, as Jean Tardieu writes, “is the painter's reward […]: to superimpose the stimulating fields of the visible, to arrange differently sized surfaces, one perceived before the other, each from a different distance, so that space decomposes them and time penetrates them, but calmly, as befits the duration of images."
—Jesi Khadivi
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« Mais l’humidité arrive et je dois rentrer. Le brouillard de la mémoire se lève. »
—Emily Dickinson
Almine Rech a le plaisir d’annoncer Caligothek, septième exposition solo de Matthias Bitzer à la galerie, inspirée par le mot latin caligo évoquant le brouillard, la brume ou l’obscurcissement de la vue. Elle regroupe une intervention in-situ en façade de la rue de Turenne ainsi qu’une série de peintures dynamiques à double face. Le titre de l’exposition fait allusion à la nature insaisissable de la perception, quand le moment présent reste empreint d’ambiguïté ; il invite le regardeur à s’interrompre pour réfléchir à ce qui se trouve au-delà.
L’extérieur de la galerie est métamorphosé par une galaxie graphique de rayures vives, de teinte et d’épaisseur variable. L’intervention déstabilisante de Bitzer rappelle les spectaculaires motifs du camouflage disruptif employé sur les navires de guerre au début du 20e siècle. Contrairement au camouflage classique, cette peinture « razzle dazzle » ne servait pas à dissimuler, mais plutôt à embrouiller en compliquant la détermination de la vitesse relative ou de la position d’un objet. De même, l’œuvre in-situ de Bitzer transforme la façade de la galerie en seuil séparant monde extérieur et espace intérieur de contemplation, d’absorption et de diffusion où rien n’est tout à fait ce qu’il paraît. En pénétrant dans la galerie, le visiteur découvre une série d’œuvres abstraites aux dimensions plus intimes, aplats de couleurs lumineuses lovés dans des cadres articulés. Le verso de chaque œuvre révèle une autre peinture, apparemment sans rapport, qui se reflète dans un miroir intégré au dos du cadre. Visages fantomatiques, formes abstraites et objets délicats créent une sensation de submersion, une image insaisissable infusée de strates de temporalité.
Bitzer décrit le processus de création de ces œuvres comme une sorte de « coïncidence contrôlée ». Il commence chaque tableau à plat, en versant des couleurs pour aérographe directement sur une toile humide, puis les fait bouger au fur et à mesure qu’elles se répandent sur la toile, la traversant parfois de part en part. C’est ainsi qu’émergent deux peintures distinctes de part et d’autre d’une même surface ; elles se développent progressivement, en dialogue l’une avec l’autre. Ce mode de travail en boucle infinie se prolonge dans l’expérience du regardeur qui prend la forme d’un va-et-vient constant entre le visible et le caché. Comme dans la célèbre expérience de pensée de Schrödinger - où un chat est à la fois vivant et mort, jusqu’à ce qu’on puisse l’observer - les toiles de Bitzer nous poussent à questionner nos perceptions en acceptant leur ambiguïté inhérente. Son travail cultive un espace qui tend un miroir embué à notre conscience - enchevêtrement spontané, organique, malléable, infini, simultané et en constante expansion de perceptions et de sensations. Telle est, comme l’écrit Jean Tardieu, « la récompense du peintre [...] : superposer les champs de la saveur visible, ordonner la mesure inégale des surfaces, l’une devant l’autre saisies à des distances variables, afin que l’espace les distribue et que le temps les pénètre, mais sans hâte, ainsi qu’il sied à la permanence heureuse des images. »
—Jesi Khadivi










