Ended Jun 15
John Phillip Abbott
The Great Escape
Apr 27 – Jun 15, 2024
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Xippas Paris is pleased to present the second solo exhibition of American painter John Phillip Abbott. Entitled The Great Escape, the exhibition takes over the gallery space from floor to ceiling. Visitors are invited to contemplate and decipher the works, standing or lying down.
“A nation of restless people, forever attempting to get somewhere or get away from somewhere: Kerouac, Cassady, Ginsberg, Kesey, and Robert Frank listening to Zen koans on speeding highway winds; Chuck Berry cruising along with “No particular place to go”; the reckless young motorcycle racers in Bruce Brown’s documentary On Any Sunday (1971) hand-grinding the gears of their motors to save a few ounces and add a some rpms; Dennis Hopper and Peter Fonda in Easy Rider (1969) riding their choppers through a cinematic elegy for American roads now more bloody and hopeless than open; Wallace Berman, who appears briefly in the film when Hopper and Fonda stop at a New Mexico hippie commune, seen in Hopper’s 1964 photo sitting astride his Triumph.
These cosmic pilgrims of the postwar American West, and the vast landscapes they relentlessly crisscrossed, may seem far removed from John Phillip Abbott’s canvases, which present a highly conceptualized painting practice that engages the legacy of radical abstraction (Simon Hantaï, Martin Barré, Sam Gilliam) and the distinct but equally conceptual mode of text-based painting (Christopher Wool, Ed Ruscha, Kay Rosen). Abbott further complicates his work by combining two disparate techniques: on one and the same painting he applies spray paint onto raw canvas and uses tape to create hard-edge geometric shapes, thus moving from the disembodied to the concrete. The resulting compositions, imbedded with letters and words, pulsating with a mad circuitry (this show includes a painting titled Large Ohm) of pyramids, nested rectangles and lattice-like grids, inhabit a space somewhere between the conceptual geometry of early LeWitt and Bochner, and the quasi-psychedelic optics of Richard Anuszkiewicz and Bridget Riley. In some of his paintings Abbott inserts wavering dots of sprayed color that suggest the viewer is about to suffer a temporary loss of consciousness. The result is, as Catherine Millet aptly put it in her text for Abbott’s 2020 Xippas exhibition, an “instability of the surface.”
The title The Great Escape can be read as an homage to American counterculture’s quest for easy freedom from all social, political and cultural constraints, an escape pursued through drugs, sex, music, New Age mysticism or in a life lived forever on the road (so often symbolized by men on motorcycles). It’s also the title of a 1963 movie chiefly remembered for some glorious motorcycle stunts by Steve McQueen (who turns up in On Any Sunday). Abbott has often referred to a classic text from this era, Robert M. Pirsig’s Zen and the Art of Motorcycle Maintenance, as one of his inspirations and has used the title of Bruce Brown’s surfing film, The Endless Summer, for many paintings. The ultimate Great Escape, however, may be the adventure of art itself, epitomized for Abbott in what he calls his “escapist painting process/methodology.” Helpfully, the artist has installed some customized bean bags in the gallery directly under an unstretched canvas on the ceiling. The painting’s official title is ZenZen with Blue Grid but it could just as easily have been titled Sit back and enjoy the ride. Nearly always good advice.”
—Raphael Rubinstein
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Xippas Paris a le plaisir d’annoncer la deuxième exposition personnelle du peintre américain John Phillip Abbott. Intitulée « The Great Escape » (La Grande Évasion), cette exposition investit l’espace de la galerie du sol au plafond. Les visiteurs sont invités à contempler et déchiffrer les œuvres, debout ou allongés.
« Une nation de personnes agitées, toujours en train d’essayer de se rendre quelque part ou de s’en éloigner: Kerouac, Cassady, Ginsberg, Kesey et Robert Frank écoutant des koan zen dans le vent des autoroutes ; Chuck Berry roulant en vitesse de croisière avec
« No particular place to go » ; les jeunes pilotes de moto imprudents du film documentaire de Bruce Brown, On Any Sunday (1971), broyant de leurs mains les engrenages des moteurs pour économiser quelques onces et ajouter quelques tours; Dennis Hopper et Peter Fonda dans Easy Rider (1969) chevauchant leurs choppers, traversant une élégie cinématographique pour routes américaines, ces pistes devenues plus sanglantes et désespérées qu’ouvertes; Wallace Berman, qui apparaît brièvement dans ce même film lorsque Hopper et Fonda s’arrêtent dans une commune hippie du Nouveau-Mexique, assis à califourchon sur une Triumph dans la photo prise par Hopper en 1964.
Ces pèlerins cosmiques de l’ouest américain d’après-guerre et les vastes paysages qu’ils ont inlassablement sillonnés pourraient sembler bien loin des toiles de John Phillip Abbott qui présentent une pratique picturale hautement conceptualisée et convoquent l’héritage de l’abstraction radicale (Simon Hantaï, Martin Barré, Sam Gilliam) ainsi que l’approche tout aussi conceptuelle mais distincte d’une peinture basée sur le texte (Christopher Wool, Ed Ruscha, Kay Rosen).
Abbott rend plus complexe son travail en combinant deux techniques disparates : il applique sur une toile brute de la peinture à l’aérosol et utilise, sur cette même toile, du ruban adhésif pour créer des formes géométriques « Hard Edge », opérant de cette manière un glissement du désincarné au concret. Les compositions résultantes, imprégnées de lettres et de mots, palpitent d’une folle circuiterie (cette exposition inclut une toile intitulée Grand Ohm), de pyramides, de rectangles imbriqués et de grilles semblables à des treillis, habitant un espace quelque part entre la géométrie conceptuelle des débuts de LeWitt et Bochner, et les rendus optiques quasi- psychédéliques de Richard Anuszkiewicz et Bridget Riley. Dans certaines toiles, Abbott insère par pulvérisation des points de couleur qui vacillent et suggèrent au spectateur qu’il pourrait subir une perte de conscience temporaire. Le résultat est, comme le souligne judicieusement Catherine Millet dans son texte écrit sur l’exposition d’Abbott chez Xippas en 2020, une « instabilité de la surface ».
Le titre de l’exposition «La Grande Évasion» peut être interprété comme un hommage à la quête de la contre-culture américaine pour une liberté facile, loin de toutes les contraintes sociales, politiques et culturelles, une évasion poursuivie au travers de la drogue, du sexe, de la musique, du mysticisme New Age ou d’une vie éternellement vécue sur la route (si souvent symbolisée par des hommes à moto). C’est aussi le titre d’un film de 1963 dont on se souvient avant tout pour les quelques glorieuses cascades réalisées à moto par Steve McQueen (qui apparaît aussi dans On Any Sunday). Abbott a souvent fait référence à un texte classique de cette époque, Zen and the Art of Motorcycle Maintenance de Robert M. Pirsig, comme l’une de ses inspirations ; il s’est aussi servi du titre du film sur le surf de Bruce Brown, The Endless Summer. L’ultime grande évasion cependant pourrait bien être l’aventure de l’art lui-même, exprimée par Abbott dans ce qu’il appelle sa « méthodologie/processus de peinture d’évasion ». Pour nous aider, l’artiste a installé des poufs « customisés » dans son exposition, au-dessous d’une toile non tendue, fixée au plafond. Le titre officiel de cette peinture est ZenZen avec Grille Bleue mais elle aurait pu aisément s’intituler Installez-vous et profitez du voyage. Presque toujours un bon conseil.»
—Raphael Rubinstein
John Phillip Abbott est né dans le Wisconsin (États-Unis) en 1975. Il vit et travaille à Albuquerque, au Nouveau-Mexique (États-Unis). Depuis ses débuts, John Phillip Abbott explore la relation complexe entre le texte et l’image, brouillant la frontière qui les sépare. Initialement inspiré par ses expériences et souvenirs personnels, le choix de ses mots s’apparente à ceux d’un journal intime (In the Pines, titre de Huddie Ledbetter, Cosmos, nom d’une équipe de football). Toutefois, ils acquièrent aussi un sens plus global et invitent ainsi le spectateur à les appréhender en tant qu’images et idées universelles. Il poursuit une expérimentation avec de nombreuses techniques, combinant l’utilisation de la peinture au pinceau et en aérosol, de pochoirs et de rubans de masquage, de toiles préparées ou brutes, il réinvente constamment les méthodes de la peinture traditionnelle et introduit des déplacements inattendus entre ses intentions picturales et les accidents liés au processus de peindre.
L’œuvre de John Phillip Abbott a fait l’objet d’expositions internationales, Gleichapel (Paris); County Gallery (Palm Beach), Galerie Bertrand (Genève), Pierogi (New York) et Devening Projects (Chicago). Ses œuvres ont été présentées dans des expositions institutionnelles telles que This One’s Optimistic: Pincusion au New Britain Museum of American Art ainsi que PRTY PPL au Circuit 12 à Dallas.
Raphael Rubinstein est historien et critique d’art. Son dernier ouvrage s’intitule Negative Work: The Turn to Provisionality in Contemporary Art (Bloomsbury Academic, 2023). Parmi ses autres publications citons The Miraculous (Paper Monument, 2014), A Geniza (Granary Books, 2015) ainsi que les monographies de Shirley Jaffe (Flammarion, 2014) and Guillermo Kuitca (Lund Humphries, 2020). Il a été commissaire de nombreuses expositions parmi lesquelles “Reinventing Abstraction: New York Painting in the 1980s” (Cheim & Read, 2013), “Under Erasure” (co-commissaire Heather Bause Rubinstein, Galerie Pierogi, 2018-19), “Schema: World as Diagram” (Galerie Marlborough, 2023, co-commissaire Heather Bause Rubinstein). Il est depuis 2007 Professeur des Études Critiques à la Houston School of Art. En 2002, le gouvernement français lui décerne le titre de Chevalier des arts et des lettres.










