Ended
Sylvain Ciavaldini
Comme une respiration
Sep 10 – Oct 21, 2023
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Sylvain Ciavaldini’s precise stroke meticulously sketches reality, using the light and shadows that compose it. Rather than using contours, he employs materials, transparencies and gradations of gray to reveal volumes. The artist then adds disruptive elements that act on the image, revealing details and giving rise to a new reality. His solo show at Galerie Sator presents a series of new paintings produced since 2022, which continue his aesthetic research into form while plunging into the abundance of a resilient nature.
Following in the footsteps of the painters who left their mark on art history, Sylvain Ciavaldini experiments with form. How is it generated? How can light reveal it? How do we connect it to its environment? In his previous series, contemporary geometric or fluid forms invaded the monuments of the Italian Renaissance (Les idoles series, 2016 and Rêve de monuments, 2015). In the new paintings presented at the gallery, they no longer populate landscapes, but instead dominate them. White lines cut through the paintings, like traces of light painting or fissures revealing the whiteness of the paper (Les Lumières du ciel, 2022). As luminous stains, they sparkle (Contre nature, 2022). Clouds of light extracted from a Van Gogh painting (La Nuit étoilée, 2022) or stars photographed in a time-lapse (Une Nuit sans fin, 2022), they become abstract motifs that nonetheless portray terrestrial movement. The surface motifs play with the subjects, blurring their perception.
Forms become motifs, and the represented subjects become substance. The artist plays with these inversions. He also experiments with the entanglement of images, as in La Grande fenêtre (2022). He fuses, assembles and superimposes seemingly disparate elements, and yet... the lines blend naturally, the exterior intertwines with the interior, white forms dissimulate, and colored ones penetrate the material. Another reality emerges. Sylvain performs a balancing act in search of harmony. He explores this fortuitous encounter, so dear to the surrealists who adopted Lautréamont’s famous phrase “Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie” (Les Chants de Maldoror: “Chance Meeting on a Dissecting Table of a Sewing Machine and an Umbrella”); and equally dear to the fans of serendipity, behind such major scientific discoveries as Alexander Fleming’s penicillin. The vitality and depth of his paintings are born of these encounters. Could there be a parallel with the vivid savagery of his art? The artist from Marseille who lives between Paris and the Lot region of France where he develops permacultural projects, draws the subjects of his new paintings from nature, whether living or dead, wild or invasive when it reclaims an abandoned greenhouse. Generous, intertwined forms offer themselves to the viewer. Until a certain tipping point when the eye approaches the painting, realizing that it’s made up of a multitude of juxtaposed blobs, like Impressionist works or pixels; where superimposed landscapes merge harmoniously; where the interior meets the exterior in a single breath. The space of breath is “the back-and-forth through which the outside and the inside not only communicate, but breathe each other in. (...) Breathing is therefore a permanent exchange with the outside, a sort of landscape conversation, an interview, a debate,” Marielle Macé wrote in Respire (2023). Sylvain Ciavaldini’s new works seem to arise from this respiration. Sylvain Ciavaldini’s new works seem to emerge from these breaths. The artist embraces the air of time. He breathes in landscapes, the arts, interiors imbued with the lives of their inhabitants, trees and plants. His dedication to the wild has set his work free. Assembling, layering and collaging, Sylvain Ciavaldini turns the encounter and wonder of nature’s inspiring and sublime beauty into an art form; a breath of fresh air.
—Aude de Bourbon Parme
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Le trait précis de Sylvain Ciavaldini croque minutieusement le réel à partir des lumières et des ombres qui le composent. Point de lignes de contours, mais des matières, des jeux de transparences, des dégradés de gris pour faire apparaitre les volumes. Puis l’artiste y ajoute des éléments perturbateurs qui agissent sur l’image, révélant des détails, donnant naissance à une nouvelle réalité. Son exposition personnelle à la galerie Sator présente un ensemble de nouvelles peintures réalisées depuis 2022, qui prolongent ses recherches esthétiques autour de la forme tout en plongeant dans le foisonnement d’une nature résiliente.
Dans la droite lignée des peintres ayant marqué l’histoire de l’art, Sylvain Ciavaldini expérimente autour de la forme. Comment se génère-t-elle ? Comment la révéler par la lumière ? Comment la connecter à son environnement ? Dans ses séries précédentes, des formes géométriques ou fluides contemporaines investissaient des monuments de la Renaissance italienne (série Les idoles, 2016 ou Rêve de monuments, 2015). Dans ses nouvelles peintures exposées à la galerie, elles n’habitent plus le paysage, elles le surplombent. Lignes blanches, elles traversent les peintures, telles des traces de light painting ou des sillons révélant la blancheur du papier (Les Lumières du ciel, 2022). Tâches lumineuses, elles scintillent (Contre nature, 2022). Nuées de lumières extraites d’une peinture de Van Gogh (La Nuit étoilée, 2022) ou étoiles photographiées dans un temps de pause lent (Une Nuit sans fin, 2022), elles deviennent des motifs abstraits qui dessinent pourtant le mouvement terrestre. Les motifs en surface jouent avec les sujets dont elles en brouillent la perception.
Les formes deviennent motifs, les sujets représentés deviennent fond. L’artiste joue de ces renversements. Il expérimente aussi l’enchevêtrement des images, telle dans La Grande fenêtre (2022). Il fusionne, assemble, superpose des éléments à priori disparates et pourtant... les lignes se mêlent naturellement, l’extérieur entrelace l’intérieur, les formes blanches dissimulent, les colorées traversent la matière. Une autre réalité apparait alors. Sylvain est un artiste équilibriste en quête d’harmonie. Il explore cette rencontre fortuite chère aux surréalistes qui firent leur la célèbre phrase de Lautréamont “Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie” (Les Chants de Maldoror). Chère aussi aux amateurs de sérendipité, à l’origine de découvertes scientifiques aussi majeures que la pénicilline par Alexander Fleming. De ces rencontres naissent la vitalité et la profondeur de ses peintures. Y aurait-il un lien avec l’ensauvagement éclatant de son art ? L’artiste marseillais installé entre Paris et le Lot où il développe des projets permacoles, puise les sujets de ses nouvelles peintures dans la nature, vivante ou morte, sauvage ou conquérante lorsqu’elle se réapproprie une serre abandonnée. Les formes généreuses, entrelacées, s’offrent au regardeur. Jusqu’à un certain point de bascule où l’oeil s’approchant de la peinture, constate qu’elle se compose d’une multitude de tâches juxtaposées, telles des oeuvres impressionnistes ou des images numériques; où les paysages superposés se confondent harmonieusement; où l’intérieur rencontre l’extérieur dans une respiration. L’espace du souffle est “ce va et vient par lequel le dehors et le dedans non seulement communiquent mais s’insufflent mutuellement. (...) Respirer est un échange permanent avec le dehors donc, une espèce de conversation paysagère, un entretien, un débat”, écrit Marielle Macé dans Respire (2023). Les nouvelles oeuvres de Sylvain Ciavaldini semblent naître de ces respirations. L’artiste embrasse l’air du temps. Il respire les paysages, les arts, les intérieurs emprunts de la vie de ses habitants, les arbres, les plantes. Son ensauvagement a permis à ses oeuvres de se libérer. Assemblages, superpositions, collages, Sylvain Ciavaldini fait de la rencontre et de l’émerveillement face à la beauté de la nature inspirante et sublimée un art; une respiration.
—Aude de Bourbon Parme