Ended Dec 22

José Lerma

Fichureos

Nov 18 – Dec 22, 2023

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Almine Rech Paris is pleased to present José Lerma's third solo exhibition with the gallery.

In fewer than a dozen brushstrokes per burlap canvas, José Lerma paints topographies. Blocks of subtle color buttressed by thick globs of acrylic bear a figurative likeness, together forming what appears to be a woman with a short bob or dark hair wrapped around an elongated neck. Having previously referred to himself as a landscape painter, Lerma renders his portraits, or what he terms “people-shaped abstractions,” with a distinct gesture, creating works of both the recognizable (the human figure) and the unfamiliar (the artificial and anonymous).

This paradoxical tension is where the title of his latest exhibition originates. Fichureos is Puerto Rican slang derived from the English “to feature” and mixes with Spanish to form a colloquialism. Often used by reggaeton musicians, the word translates to an ostentatious displaying of oneself, or showing off with pretense and ornamentation. Featuring shares a Latin root with facture—the act of creating something—and means addressing a certain body part, emotion, or energy, all of which are aesthetic choices that further tether the word to the art-making process. For Lerma, fichureo is an irresistible way to think about the links between his physical and philosophical inputs.

Comprising a series of large-scale impasto portraits, the exhibition is a progression of the artist’s recent works, drawing from the same initial experience. “I had an epiphany looking at Gérôme’s ‘Reception of the Grand Condé at Versailles’ at the Musee d'Orsay where secondary diminutive characters depicted in the balconies were painted with just a few quick brushstrokes,” Lerma says. What were ancillary figures become central for the artist, as he spotlights the subjects otherwise relegated to the periphery and subsequently creates another dichotomy: backgrounding vs. featuring.

Formally, the portraits in Fichureo also hold this contradiction. The colors are inviting and calming, while the material dramatically asserts its presence. We see the severe, sweeping marks of paint met with the softness of the palette, while the bright, theatrical light source illuminates the backs of several characters, keeping any potential identification in the face shrouded in darkness. Lerma, too, draws on the impulse of fichureo, that of showing off one’s prized or perceived attributes, by rendering portraits that capture that same sense of inauthenticity. The subjects are not real people but rather composites or figments, all painted without context and reminiscent of plastic mannequins.

Bisected to an excessive degree, each figure embodies a split, two distinctive modes meeting at a central line. Lerma is interested in the push and pull that emerges from opposition, although he gravitates ultimately toward co-existence. Part of his desire is simply to play with form and material and exaggerate the extent to which he can explore false appearances and deception, particularly through works defined by their physical composition. Returning to the contrast between figure and abstraction, Fichureos comprises what the artist calls “paint portraits,” or depictions of the paint itself, once again upending the notion of what portraiture can be. “There’s always a thing that isn’t,” Lerma says. And with that, he brings us closer to clarity.

—Grace Ebert, writer and editor

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Almine Rech Paris a le plaisir de présenter la troisième exposition personnelle de José Lerma à la galerie, du 18 novembre au 22 décembre 2023.

En à peine une douzaine de coups de pinceau sur chaque toile de jute, José Lerma peint des topographies. Ses aplats de couleurs subtiles, renforcés par d’épais amas de peinture acrylique, forment une image figurative – l’ensemble paraît représenter une femme au carré court, ou aux cheveux noirs enroulés autour d’un cou allongé. Lerma s’était qualifié lui-même de paysagiste : ici, ses portraits – qu’il appelle des « abstractions en forme de personnes » - sont rendus avec un geste distinctif qui donne des œuvres qui tiennent à la fois de l’identifiable (la figure humaine) et de l’inconnu (l’artificiel, l’anonyme).

Cette tension paradoxale donne son titre à sa dernière exposition. Fichureos est un terme d’argot portoricain dérivé de l’anglais « to feature », hispanisé pour former un néologisme populaire chez les musiciens de reggaeton. On pourrait le traduire par ostentation, ou frime, prétentieuse et tapageuse. Le verbe to feature partage une racine latine avec facture – l’acte de créer quelque chose – et veut dire mettre l’accent sur telle ou telle partie du corps, émotion ou énergie, dans un choix esthétique qui lie d’autant plus le mot au processus de création artistique. Pour Lerma, fichureo devient un moyen irrépressible de penser les liens entre apports physiques et philosophiques.

Composée d’une série de grands portraits faisant appel à la technique de l’empâtement, l’exposition représente une évolution du travail récent de l’artiste issue de la même expérience initiale. « J’ai eu une révélation en observant le Réception du Grand Condé à Versailles de Gérôme au Musée d’Orsay, où les petits personnages secondaires représentés sur les balcons sont esquissés en quelques rapides coups de pinceau », explique l’artiste. Ce qui n’était que figures secondaires devient central : il choisit de mettre en lumière des sujets habituellement relégués à la périphérie, ce qui crée donc une autre dichotomie entre arrière-plan et featuring.

Du point de vue formel, les portraits de Fichureo reflètent aussi cette contradiction. Les couleurs sont séduisantes, apaisantes, la matière affirme sa présence avec force. On voit les traits de peinture stricts et larges rencontrer la douceur de la palette, tandis que la source de lumière vive et théâtrale illumine le dos de plusieurs personnages, dont les visages obscurcis restent non-identifiables. Lerma lui aussi profite de la dynamique du fichureo, qui permet de vanter des attributs précieux ou perçus comme tels en réalisant des portraits qui reflètent cette même sensation d’inauthenticité. Les sujets ne sont pas de vraies personnes, mais plutôt des composites ou des fictions, tous peints sans contexte et rappelant des mannequins de vitrine.

Bisectées à l’extrême, toutes ces figures incarnent une scission, celle de deux modalités différentes qui se rejoignent sur une ligne centrale. Lerma s’intéresse aux mouvements d’attraction/répulsion qui émergent d’un paradoxe, même s’il tend plutôt vers la coexistence. Une partie de son désir consiste simplement à jouer avec la forme et la matière, en exagérant la mesure dans laquelle il se permet d’explorer les faux-semblants et la tromperie, notamment à travers des œuvres définies par leur composition physique. Pour en revenir au contraste entre figure et abstraction, Fichureos regroupe ce que l’artiste appelle des « portraits en peinture », ou portraits de la peinture elle-même, ce qui bouleverse une fois de plus la notion de ce que peut être le portrait.

« Il y a toujours quelque chose qui n’est pas », dit Lerma. En disant cela, il nous rapproche un peu plus de la clarté.

—Grace Ebert, écrivaine et éditrice

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