Ended Nov 25

Joseph Beuys

Backrest

Sep 8 – Nov 25, 2017

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Galerie Thaddaeus Ropac presents Backrest, an exhibition of works on paper and sculpture by Joseph Beuys focusing on the role of the figure.

From very early on in his career, Joseph Beuys drew prolifically and spontaneously. Drawing was his principal means of expression. In 1984 he told curator Bernice Rose: ‘Drawing is the first visible form in my works... the changing point from the invisible powers to the visible thing.’ He drew with the wrist, producing light lines that are tense yet delicate. The subjects of the drawings cannot always be read at first glance, with the images seeming to emerge almost accidently or intuitively. In the watercolour Untitled (1955) a female silhouette appears from a subdued swatch of colour, while an animal form hides in the undulating lines of Schwan (Swan) (ca. 1954). Forms and images also come to life thanks to language. Joseph Beuys often uses evocative titles such as Sternbild des Bären / junger Elch rechts über dem Haus des alten Müllers (Constellation of the bears / young Elk right over the old Miller's House) (undated) that shed light on his compositions. The iconography of his drawings varies from female nudes and landscapes to more conceptual diagram-like shapes, as seen in Rebus (1958) and Untitled (1972). The exhibition centres on the body, both formally and conceptually. Images of animals prevail as well as combinations of the female figure and animal motifs Frau/Tierschadel (Woman/Animal Scull) (1956-57). These depictions can be read as allegories of the unity of humanity and nature.

Joseph Beuys also employed unorthodox materials in his works on paper such as fat, beeswax, chalk and margarine. In the 1960s he made a series of drawings with Braunkreuz, which translates from German as ‘brown cross’, a medium that the artist invented by mixing industrial paint and hare’s blood. For Joseph Beuys, Braunkreuz symbolises earth as a protective medium. The artist’s use of organic substances demonstrates the centrality of the body in his oeuvre; it also gives a material feel to the drawings, linking them to his sculptural modes of expression. Bernice Rose stresses how ‘drawing was a structural and conceptual necessity for Joseph Beuys not merely a means to create illusion’. She explains: ‘many drawings of the 1960s were conceived as concrete or emotional parallels to sculptures and later to actions.’

The sculpture Backrest for a fine-limbed person (hare-type) of the 20th Century AD (1972-1982) will converse with the surrounding drawings. Cast in iron from an original plaster form lined with felt that belonged to the daughter of Joseph Beuys’s neighbour, the artist Gotthard Graubner, this object’s original function was a therapeutic backrest used to support an injured body. By reproducing the backrest in iron, Joseph Beuys rendered it shell-like and strong, enhancing its protective resonance. Art Historian Karin Adelsbach speaks of ‘the zoomorphic and anthropomorphic’ quality of the sculpture, hinted at in the title. Part of Joseph Beuys’s drive to heal society involved encouraging a connection with our primitive, animalistic nature. In his work the animal figure embodies a lost state of human innocence and the hare is a prevailing symbol. He saw in the hare’s behaviour potential models for human conduct, in particular agility and energy as the conditions for social creativity. With Backrest of a fine-limbed person (hare-type) of the 20th Century AD Joseph Beuys addresses individual and universal suffering, as well as the role of art as a means of healing. As Bernice Rose explains: ‘Beuys wounded in the World War II and living in a divided Germany, had come to see human experience as it is reflected through the body’s drives and sensations, its pleasure and pain. The metaphor of the wounded body is at the heart of his work, a motif woven throughout as both its source and essence.’

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La Galerie Thaddaeus Ropac présente une exposition de Joseph Beuys mettant en relation un ensemble de dessins avec Backrest of a fine-limbed person (hare-type) the 20th Century AD (1972-1982), une sculpture majeure de l’artiste.

Dès le début de sa carrière, Joseph Beuys dessine de façon prolifique et spontanée. Le dessin devient son medium de prédilection. En 1984, il confie à la curatrice Bernice Rose: « Dessiner est la première manifestation visible de mon œuvre… c’est le moment ou les forces invisibles laissent place à la chose visible. » Son trait aussi délicat qu’intense laisse transparaitre qu’il dessine d’un mouvement de poignet. Les sujets ne sont pas toujours reconnaissables à première vue, l’image semble émerger presque par accident ou par intuition. Dans l’aquarelle Untitled (1955), une silhouette féminine apparait dans un aplat de couleur, alors qu’une forme animale se cache dans les lignes ondulées de Schwan (Cygne) (ca. 1954). Les formes et les images prennent vie grâce au langage.

Joseph Beuys utilise des titres souvent évocateurs tels que Sternbild des Bären / junger Elch rechts über dem Haus des alten Müllers (Constellation de l’Ours / jeune élan au-dessus et à droite de la maison du vieux meunier) (sans date), qui donne des clés de lecture.

L’iconographie de ses dessins varie du nu féminin au paysage, en passant par des formes plus conceptuelles telles que des diagrammes comme dans ses œuvres Rebus (1958) et Untitled (1972). Les images d’animaux ainsi que des figures mi-humaines mi-animales sont omniprésentes dans son œuvre, Frau/Tierschädel (Femme/Crâne d’animal) (1956-7) en est un parfait exemple. Ces motifs peuvent être lus comme des allégories de l’union entre l’homme et la nature.

Dans ses travaux sur papier, Joseph Beuys utilise des matériaux inhabituels tels que de la graisse animale, de la cire d’abeilles, de la craie ou encore de la margarine. Dans les années 1960, il réalise une série de dessins en utilisant du Braunkreuz, littéralement traduit de l’allemand par «croix brune», une substance que l’artiste invente en mélangeant de la peinture industrielle et du sang de lièvre. Pour l’artiste, le Braunkreuz symbolise la terre en tant que milieu protecteur. L’utilisation de substances organiques donne une qualité matérielle aux dessins et les relie directement à sa pratique sculpturale. Bernice Rose souligne que «dessiner était une nécessité structurelle et conceptuelle pour Joseph Beuys, et pas uniquement un moyen de créer une illusion». Elle explique: «de nombreux dessins des années 1960 ont été conçus comme des parallèles concrets ou émotionnels à ses sculptures, et plus tard à ses performances.»

En dialogue avec les œuvres graphiques la sculpture Backrest of a fine-limbed person (hare-type) of the 20th Century AD (Corset dorsal pour humain aux membres fins (type lièvre) du XXème siècle après J.C.), (1972-1982) traduit cette réflexion en trois dimensions. La forme en acier a été réalisée à partir du moulage d’un corset thérapeutique, initialement destiné à soutenir un corps blessé. Celui-ci appartenait à la fille de son voisin, l’artiste Gotthard Grabner. En le reproduisant en acier, Joseph Beuys met en valeur sa fonction protectrice et lui attribue une allure de carapace. L’historienne de l’art Karin Adelsbach souligne sa qualité à la fois zoomorphe et anthropomorphe, telle que suggéré dans le titre de cette sculpture. L’une des aspirations de Beuys était de guérir la société par le biais d’un reconnexion avec notre nature primitive et animale. Dans son travail, la figure animale incarne cet état humain d’innocence déchue, avec le lièvre comme symbole dominant. Il a vu dans le comportement du lièvre un modèle potentiel pour la conduite humaine, en particulier l’agilité et l’énergie comme conditions pour une créativité sociale. Avec Backrest of a fine-limbed person (hare-type) the 20th Century AD, Beuys traite de la souffrance individuelle et universelle, ainsi que du rôle de l’art comme moyen de guérison. Comme l’explique Bernice Rose: «Beuys, blessé lors la seconde guerre mondiale et vivant dans une Allemagne divisée, s’intéressait à la manière dont l’expérience humaine se reflète dans le corps et ses sensations, ses plaisirs et ses peines. La métaphore du corps blessé est au cœur de son travail, elle est à la fois sa source et son essence. »

Joseph Beuys (Krefeld, 1921 – Düsseldorf, 1986) s’est imposé comme l’artiste majeur de l’Allemagne d’après-guerre. Il a exploré de nombreux aspects de l’homme dans son environnement et a largement étendu les frontières de l’art en enrichissant sa pratique d’humanisme, d’anthroposophie et de philosophie. Considéré comme un Gesamtkunstwerk (œuvre d’art totale), son œuvre protéiforme et d’une grande rigueur conceptuelle, se caractérise par l’emploi de matériaux inhabituels tels que le feutre et la graisse ainsi que de nombreux types de substances organiques. Cette large palette de matériaux symboliques est intimement connectée à une conception de l’art quasiment chamanique, traduite lors de ses performances et ses actions pédagogiques. Extrêmement charismatique, Joseph Beuys aura révolutionné la pratique artistique occidentale et initié de nombreux débats.

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