Ended May 4

Fabien Adèle

Blush

Apr 13 – May 4, 2024

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In continuity with the artist’s second solo exhibition at Almine Rech Shanghai, Almine Rech Paris is pleased to present Blush by Fabien Adèle.

Is it nightfall that gives us the feeling of moving from one painting into another? In Fabien Adèle’s paintings, we sometimes find positions of hands that seem Mannerist and faces in profile as if cut off before speaking. A sense of expectation is created. The artist often produces several versions of the same composition, so that he can adapt to what happens on the canvas, letting his intuition take on different tones. With Deux Figures sur un Banc I and II (“Two Figures on a Bench”) the scene can be tinged with twilight in a russet blue that recalls Leonor Fini, or it can take on a pale yellow dawn with shades of gray in the style of Puvis de Chavanne. The artist is unafraid of doubles, seeing them as a chance for passages, transitions. A shadow becomes flesh, a body becomes a silhouette, in a process of inversion. The artist does not work in series but in echoes, repeating motifs in different versions with particular palettes inscribing phases of earthy ocher or ethereal sand. There are no oppositions between large works and small ones, or between one subject and another, but continuity. Through fragmentation, some motifs acquire an independence that makes them almost into symbols, like the hand surrounded with young shoots in Entre Deux Grains de Sable (“Between Two Grains of Sand”) or the foot that almost crushes fruit lying on the ground in Dernière Nuit. Other subjects, by association, evoke a rebus or even a mystery, like the couples on benches, who seem to hold themselves in an indeterminate dreamlike state.

It is more accurate to talk about figures than characters in his paintings; with few features and eyes that see nothing, their faces have something androgynous about them. They disturb the viewer by seeming to multiply on the canvas, to be moving like Marcel Duchamp’s Nude Descending a Staircase. Time is suspended so that all possibilities can be explored. Fabien Adèle does not refer to textual influences as did the Symbolists or Surrealists, although his work has been compared to theirs. However, his painting still has something literary about it. Without evoking words, and with paintings that sometimes remain untitled, he multiplies stylistic effects such as repetition (as we’ve seen), metonymy (the part for the whole), and chiasmus with its mirror effects. The image is a language unto itself, and this is what he emphasizes, like the American magic realist painters he admires, such as Alex Colville, Andrew Wyeth, and Jared French. Adèle’s compositions can be more or less complex; in his latest paintings, he hints at perspective and makes different planes coexist. The settings of these paintings are minimal: a bench, a window, a flowerpot, or a table, which are more like accessories for interaction or symbols. Fabien Adèle likes to compare his way of painting to the technique of a bas-relief sculptor. The layers of oil paint allow him, without impasto, to affirm shapes through light and to imply the sense of a space that is primarily mental. A space where painting takes on the risk of the double, the doppelganger.

—Henri Guette

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Almine Rech a le plaisir de présenter Blush, la deuxième exposition personnelle de Fabien Adèle à la galerie.

Est-ce la tombée de la nuit qui nous donne le sentiment de passer d’une toile à une autre ? On retrouve dans les peintures de Fabien Adèle certaines postures de mains maniéristes, des visages de profil comme coupés avant qu’ils ne parlent. Une attente se crée. L’artiste réalise souvent différentes versions d’un même dessin, prêt à s’adapter à ce qu’il se passe sur la toile, à décliner une intuition sur différents tons. Avec Deux figures sur un banc I et II une scène peut ainsi se teindre de crépuscule, d’un bleu mordorée qui fait penser à Leonor Fini ou encore d’une aurore jaune pale teintée de gris à la Puvis de Chavanne. Le double n’effraie pas l’artiste qui y voit l’occasion d’un passage. Une ombre devient chair, un corps devient silhouette par un jeu d’inversion. L’artiste ne travaille pas en séries mais en échos, reprenant des motifs, les déclinant mais surtout en se tenant à des palettes qui inscrivent des périodes, ocre et terreuse ou sable et éthérée. Il n’y a pas opposition d’un grand format à un petit, d’un sujet à un autre mais continuité. Certains motifs par la fragmentation trouvent une indépendance qui les rapproche de l’emblème, comme cette main entourée de jeunes pousses dans Entre deux grains de sable ou avec Dernière Nuit ce pied qui foule presque les fruits tombés au sol. D’autres sujets, par association, tiennent du rébus voire du mystère comme ces couples sur un banc, qui semblent s’embrasser dans un entre-deux qui n’appartient qu’aux rêves.

Il est plus juste de parler de figures que de personnages dans ses peintures ; peu caractérisés, leurs visages sans regard tiennent du modèle de l’androgyne. Elles sèment le trouble en semblant se démultiplier sur la toile, se mouvoir tel le Nu descendant l’escalier de Marcel Duchamp. Le temps est suspendu de telle manière à ce qu’on puisse en explorer tous les possibles. Si Fabien Adèle ne revendique pas d’influence textuelle, comme ont pu le faire les symbolistes ou les surréalistes dont on a pu le rapprocher, sa peinture a quelque chose de littéraire. Sans être du côté du mot et ses titres parfois restant blancs, il multiplie les figures de styles comme la répétition, on l’a vu, mais aussi la métonymie, la partie pour le tout, ou encore le chiasme et ses effets de miroir. L’image est un langage en soi et c’est celui qu’il privilégie, comme les peintres américains du réalisme magique qu’il affectionne dont Alex Colville, Andrew Wyeth ou Jared French. La composition peut en être plus ou moins complexe ; dans les dernières toiles dans lesquelles il ébauche un début de perspective, il fait coexister différents plans. Le décor dans ces tableaux tient une place minimum : un banc, une fenêtre, un pot de fleur ou une table qui tiennent plus de l'accessoire avec lequel on a une interaction ou du symbole. Fabien Adèle aime à faire l’analogie dans sa manière de peindre avec la technique d’un sculpteur de bas relief. Les couches d’huile lui permettent, sans empâtement, d’affirmer des modelés par la lumière et de créer le début d’un espace qui est avant tout mental. Un espace où la peinture prend le risque du double, du doppelganger.

—Henri Guette

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