Ended May 13

Ulla von Brandenburg

Two Times Seven

Apr 8 – May 13, 2017

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Art : Concept gallery is pleased to present its fourth personal exhibition by Ulla von Brandenburg (1974, Karlsruhe).

Curtains, quilts, costumes, ribbons... Fabric, or more precisely textile material, circulates and permeates Ulla von Brandenburg’s oeuvre, indiscriminately embedding characters and spaces within its aesthetic qualities. Operating modes, patterns and scales may change, but the textile presence is invariably reaf rmed. Beyond the play of materials, the aesthetic qualities and the spatial possibilities it offers, fabric is privileged by the artist for its place and role in the history of human civilization, seen through its most pragmatic functions as well as through the most highly symbolic ones. As socio-cultural, political and religious marker, it naturally connects Ulla von Brandenburg’s major themes: the worlds of theatre, folklore, and ritual.

Here it is more than ever celebrated and declined in all its aspects. In the rst place, a lm that presents a succession of veils or dresses of undetermined origin, opening one after the other to the passage of an absent but implicitly present body. A body signaled by an almost ghostly movement and by the voice of the soundtrack that recites and chants the letters of a poem by Wislawa Szymborska’s (1923, Kórnik -2012, Krakow) in its German translation*. Propelled in the reality of an exhibition space, these fabrics are spread out or xed to the walls. Here again, a double movement of presence and absence can be perceived. Some have been previously dyed, leaving traces of their artisanal coloring on the ground; others, on the contrary, have been discolored by chlorine, thus revealing – in a process not far from that of the photogram - the imprint of a human-scale body movement. But what bodies, what movements are we talking about? Perhaps those of the characters, all issued from the world of theatre and performance, depicted on the watercolors on wood.

The shroud of mystery is beginning to lift, but not entirely. By means of metaphorical operations or chemical processes, each of these pieces seems to complement and ll in the voids of a text with holes, while only partially revealing their truth. The fabrics of the lm succeed each other but do not open on anything other than more fabrics; the ones hanging on the wall evoke doors leading to another space but remain basically impassable. They question the nature of truth. Not saying that its search is vain, but perhaps signifying that it resides more in an in nite quest.

Julia Mossé / Translation Frieda Schumann

* « Ich klopfe an der Eingaugstur des Steins. – « Ich bins, lass mich Venir » - « Ich habe keine Tür », Sagt der Stein » (“I knock at the stone’s front door. – “It’s only me, let me come in.” – “I don’t have a door” says the stone.”) in Wislawa Szymborska, Sól, 1962.

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La galerie Art : Concept est heureuse de présenter la quatrième exposition personnelle d’Ulla von Brandenburg (1974, Karlsruhe).

Rideaux, quilts, costumes, rubans... Le tissu, ou plus précisément la matière textile, circule et traverse toute l’œuvre d’Ulla von Brandenburg, habillant indistinctement les personnages et les espaces de son expression plastique. Les modalités, les motifs et les échelles évoluent, mais la présence textile est invariablement réaf rmée. Au delà des jeux de matières, des qualités esthétiques et des possibilités spatiales qu’il offre, le tissu est avant tout privilégié par l’artiste pour sa place et son rôle dans l’histoire de la civilisation humaine, dans ses fonctions les plus pragmatiques comme les plus hautement symboliques. Marqueur socio-culturel, politique ou religieux, il relie en toute logique les grandes thématiques du travail d’Ulla von Brandenburg : l’univers de la scène, le folklore, le rituel.

Ici, il est plus que jamais célébré, décliné sous toutes ses coutures. En premier lieu, un lm qui présente une succession de voiles ou de robes à l’origine indéterminée, s’ouvrant les uns après les autres au passage d’un corps absent mais implicite. Un corps signalé par le mouvement quasi fantomatique et la voix de la bande sonore qui chante et répète les lettres d’un poème de Wislawa Szymborska (1923, Kórnik -2012, Cracovie) dans sa traduction allemande.* Propulsés dans l’espace concret d’exposition, ces tissus sont étendus ou xés au mur. Là encore, un double mouvement de présence et d’absence. Certains ont été préalablement teints, laissant la trace de cette coloration artisanale sur le sol ; d’autres, au contraire, ont été décolorés par le chlore révélant ainsi – le photogramme n’est pas loin – l’empreinte d’un mouvement, d’un corps à échelle humaine. Mais de quels corps, de quels mouvements s’agit-il ? Peut-être ceux des personnages, tous issus du monde du spectacle ou de la performance, gurant sur les aquarelles sur bois.

Le mystère est levé, mais pas entièrement. Par opération métaphorique ou processus chimique, chacune

de ces pièces semblent se compléter et combler les vides d’un texte à trou. Pourtant elle ne révèlent que partiellement leur vérité. Les tissus du lm se succèdent les uns après les autres mais n’ouvrent nalement sur rien d’autre qu’eux mêmes, ceux plaqués au mur évoquent des sortes de portes vers un autre espace mais demeurent fondamentalement infranchissables. Ils interrogent ainsi la nature de la vérité. Non pas pour dire qu’elle est vaine, seulement peut-être pour signi er qu’elle réside davantage dans sa quête in nie.

Julia Mossé

* « Ich klopfe an der Eingaugstur des Steins. – « Ich bins, lass mich Venir » - « Ich habe keine Tür », Sagt der Stein » (« Je frappe à la porte de la pierre. – « C’est moi, laisse-moi entrer. » - « Je n’ai pas de porte », dit la pierre. ») in Wislawa Szymborska, Sól, 1962.

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