Ended
Zodiaco
Jun 2 – Jul 22, 2017
Davide Bertocchi (Aries)
G. Kung (Taurus)
Camille Henrot (Gemini)
Elise Cam (Gemini)
Thorsten Brinkmann (Cancer)
Florian & Michael Quistrebert (Leo)
Emilie Pitoiset (Virgo)
Benoit Maire (Libra)
Charlotte Moth (Scorpio)
Evariste Richer (Ophiuchus)
Joris Van de Moortel (Sagittarius)
Alessandro Di Pietro (Capricorn)
Shila Khatami (Aquarius)
Elia Cantori (Pisces)
Olve Sande (Pisces)
Curated by Davide Bertocchi
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You could think about the zodiac as a very ancient way of measuring the passage of time. A time that is immeasurable, paradoxically in suspense and infinite as in the 1970 work by Gino De Dominicis “Lo Zodiaco”. Or think about the cosmic and astronomical sense of zodiac - elusive and metaphysical. The symbolic dimension, the evocative power of astrological imagery adds another layer of complexity.
After having been presented for the first time in 2014 at Car Drde (Bologna), than at Hopstreet (Brussels), at Klemm’s (Berlin) and Marsèlleria (Milan) in 2016, « Zodiaco » is now moving over to Samy Abraham Gallery in Paris closing a geographical and astral circle.
The key to this exhibition may lie in thinking all of these various registers together: the zodiac as a unified and preexisting structure. Rather than acting as a traditional curator, I inserted the works into this structure. I made use of the zodiac as a system in my choice of the works. That is, I allowed the limitations of the system to guide me in making aesthetic and logistical choices within what is an overwhelmingly vast artistic cosmos.
For Zodiaco, artists were chosen based on their astrological signs. Others were excluded for the same reason. As a group they make up a totality — a circle — of the thirteen major signs.
De Dominicis was an important orientation for all participants. Still, the exhibition does not intend to produce explicit iconographical or symbolic references. Each artist was free to work with absolute autonomy and spontaneity. In fact, a good number of the works shown here were made previously. I was primarily interested in the way the works would interact with each other in the context of this exhibition — their “astrological” influences on each other and on the public as well.
Maybe it’s just another in a long series of encounters between artists and the aleatory where all bets are off and anything is fair game including magical practices, ancient rituals and superstitions.
Davide Bertocchi
Translated into english by Karen Pinkus
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Vous pourriez considérer le sens cosmique et astronomique du zodiaque – insaisissable et métaphysique. La dimension symbolique et la puissance évocatrice de l'imagerie astrologique viennent ajouter un niveau supplémentaire de complexité. Vous pourriez aussi assimiler le zodiaque à une façon très ancienne de mesurer le passage du temps. Un temps incommensurable, paradoxalement en suspens et infini, comme dans l'œuvre « Lo Zodiaco », créée par Gino De Dominicis en 1970, et photographiée par Claudio Abate. Les signes du zodiaque étaient incarnés par de vrais animaux, des humains et des objets disposés en demi- cercle : la concrétisation humaine et physique du cosmos et du divin.
Après avoir été présentée une première fois en 2014 à Car Drde (Bologne), puis à Hopstreet (Bruxelles), Klemm’s (Berlin) et Marsèlleria (Milan) en 2016, « Zodiaco » se déploie à la Galerie Samy Abraham à Paris et achève ainsi une boucle géographique, spatiale, astrale.
La clé de cette exposition réside peut-être dans l'association de ces différents registres : le zodiaque en tant que structure unifiée et préexistante. Anticipant toutes les objections possibles, je dirais qu’il ne s’agit pas à proprement parler d’une exposition curatée. J’ai utilisé le zodiaque comme un instrument de sélection pour réunir les artistes et les œuvres — un système idéal, standard, absolu qui a dicté mes choix esthétiques et logistiques, au sein de ce que l’on peut considérer comme un cosmos artistique extraordinairement vaste.
Pour cette exposition, les artistes ont donc été choisis sur la base de leurs signes astrologiques. Ensemble, ils forment la totalité – le cercle – des treize signes majeurs. Chaque signe symboliquement « double » a été attribué à deux artistes.
Gino De Dominicis a été une importante source d'inspiration pour tous les participants. Il n'en reste que l'exposition n'a pas pour vocation de produire des références iconographiques ou symboliques explicites. J’étais essentiellement intéressé par la façon dont les œuvres allaient interagir entre elles – leurs influences « astrologiques » l'une sur l'autre et sur le public.
G.Kung (Taureau) reprend des phrases de "Oblique Strategies" de Brian Eno et Peter Schmidt, et parle de prémonition, source d'inspiration et de l’origine des idées. Evariste Richer (Serpentaire — le treizième signe) dévoile le mètre lunaire, une unité de mesure calculée de la même manière que le mètre terrestre mais en appliquant les proportions lunaires. Camille Henrot (Gémeau) m’a révélé que le système de « Zodiaco » est assez proche des solutions qu’elle utilise pour concevoir ses expositions : distribuer des objets dans l’espace en suivant des grilles d’équivalence entre des principes, les points cardinaux ou les quatre éléments. Pour Elise Cam (Gémeau) et Thorsten Brinkmann (Cancer) les formes semblent générées par le hasard, des combinatoires d’objets ou des rites mystérieux. Avec les frères Quistrebert (Lion), Olve Sande (Poisson) ou Shila Khatami (Verseau), il y a eu une appréhension des œuvres très naturelle, presque mystique. Charlotte Moth (Scorpion) trace aussi des histoires d’une « pensée différente ». Elia Cantori (Poisson), avec une action à distance, immobilise la trajectoire d’une balle dans un bloc de plasticine. Le résultat, c’est une sculpture d’étain qui nous fait penser, comme la performance de De Dominicis, à la cristallisation d’une dimension autre. Emilie Pitoiset (Vierge) enquête sur des formes énigmatiques et décadentes comme un jeux macabre entre des présences absentes. Certains artistes ont ressenti la nécessité de produire une œuvre spécifique, tel que Benoit Maire (Balance) et une œuvre presque en équilibre métaphysique, et moi même en faisant référence, à la fois, à l’iconographie de la sculpture surréaliste et à celle de mon signe (Bélier).
Alessandro Di Pietro (Capricorne) traite, comme son signe, la question de l’anomalie avec une surface qui nous renvoie la lumière comme une étoile lointaine ou peut-être déjà disparue, ou encore Joris Van de Moortel qui a redessiné son propre signe (Sagittaire) pour se le faire tatouer sur le bras. Une trace pérenne comme pour faire valoir que les signes ne relèvent pas simplement d’une lointaine influence cosmique ou ésotérique, mais qu’ils peuvent aussi s’inscrire de manière physique et permanente sur notre existence.
Vous pourriez finalement envisager « Zodiaco » comme une rencontre parmi tant d'autres entre des artistes et l'aléatoire, une rencontre où tous les paris sont ouverts et où tout mérite sa place, y compris les pratiques magiques, les rituels ancestraux, le hasard et les superstitions.
Davide Bertocchi