Ended May 7
Analia Saban
Quantifiable
Apr 2 – May 7, 2022
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Quantifiable, Analia Saban’s sixth exhibition at Praz Delavallade Paris, questions the legibility—and, by extension, the legitimacy—of various kinds of statistical graphics. Working with paint, canvas and hunks of minerals, Saban evokes pie charts and line graphs typically seen in newspapers, medical journals or corporate earnings reports. What, if anything, is being measured by these large-scale, tactile graphs and charts remains a mystery. Instead of representing specific data points, these works examine the very notion of what it means to be « quantifiable. »
The weavings and sculpture presented in this exhibition are like Rorschach ink blot tests in that they reveal more about the viewer’s psyche than the outside world. Looking at any one work on view, two people might have entirely different inklings about what kind of data is ostensibly being charted. The steep downward sloping red line in Market Trend #5932, (2022),
could just as easily represent a drop in Covid-19 cases or a crashing stock market. Such discrepancies expose a link between presumed objective metrics and highly subjective abstractions. Playing on our ability—indeed our inclination—to attach meaning to a random curved line, Saban reminds us that bias is always
at play when it comes to collecting, presenting and interpreting data.
In addition to acting as a kind of projective psychological test, Saban’s wood and rock sculpture, free-hanging tapestries
and panel-mounted weavings have an intrinsic art historical context in which they resemble some Minimalist paintings and sculptures from the 1960s and 1970s. The bowed lines charting
a path of unspecified data along unidentified «X» and «Y» axes recall Robert Mangold’s linear vocabulary and Ellsworth Kelly’s curvaceous forms. The equally enigmatic pie charts call to mind methodical studies of circles and circle segments by Sol LeWitt or François Morellet. And a three-dimensional graph whose highs and lows are illustrated with peaked fragments of red and green marble evokes some of Dewain Valentine’s colorful high-gloss sculptures. Such formal comparisons support the notion that data analysis is more abstract than we might like to think.
With the exception of Volatility, (2022), all of the works on view were produced on a Jacquard loom using linen and acrylic «threads», which Saban makes by brushing long strokes of acrylic paint on a flat surface and peeling these off once they’ve dried. This technique complicates her final works’ formal affinities with Minimalism and also challenges traditional categories of art-making. Whether these works are considered paintings, weavings or something else entirely could have quantifiable ramifications when it comes to contemporary conversations about fine art vs. craft. And while today’s art market largely values paintings over weavings, Saban’s artworks are in fact reminders that this was
not always the case. In the Middle Ages and early Renaissance tapestries were the ultimate luxury, more valuable at that time than paintings. When it comes to being «quantifiable», art—like data—is very much a matter of context and bias.
—Mara Hoberman
Analia Saban (born in 1980 in Buenos Aires, Argentina) lives and works in Los Angeles. She received a BFA in Visual Arts from Loyola University in New Orleans in 2001, followed by an MFA in New Genres at the University of California in Los Angeles in 2005. Saban’s work is included in numerous collections: the Hammer Museum at UCLA, Museum of Contemporary Art, and Los Angeles County Museum of Art in Los Angeles; Hessel Museum of Art at Bard College in New York; Norton Museum of Art in Florida; Centre Pompidou in Paris, and Fundación Proa in Buenos Aires, among others.
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À l’occasion de ‘Quantifiable’, sixième exposition à galerie Praz-Delavallade Paris, Analia Saban questionne la lisibilité - et par extension, la légitimité - des représentations graphiques des données statistiques. En associant la peinture, la toile et des éléments de matière minérale, elle évoque les « camemberts » et autres graphiques en courbe que l’on a plutôt l’habitude de voir dans les journaux, les revues médicales ou les résultats financiers d’une grande entreprise. Ce que ces grands diagrammes et graphiques tactiles mesurent – si tant est qu’ils mesurent précisément quelque chose – reste un mystère. Au lieu de fournir une représentation graphique de données spécifiques, ces œuvres tentent d’éclairer le sens profond du « quantifiable ».
Dans la mesure où elles révèlent bien plus d’informations sur la psyché du spectateur que sur le monde extérieur, les œuvres tissées et les sculptures présentées dans cette exposition fonctionnent comme un test de Rorschach. En effet, face à une représentation graphique de données, deux personnes observant la même œuvre pourraient l’interpréter de manière diamétralement opposée. Est-ce que la courbe descendante tracée en rouge de Market Trend #5932 (2022) représente la baisse dans le nombre de cas de Covid, ou un krach boursier ? Il est impossible de savoir. De tels décalages dévoilent le lien entre ces graphiques que l’on suppose objectifs et des abstractions hautement subjectives. En jouant sur notre capacité - notre propension même – à accorder un sens à une courbe aléatoire, Analia Saban nous rappelle que lorsqu’il s’agit de collecter, présenter et interpréter des données, les partis pris sont toujours en jeu.
En plus d’agir comme les tests projectifs utilisés en psychologie, les sculptures en bois et pierre, les tapisseries suspendues et les œuvres tissées sur panneau ressemblent à des peintures et sculptures minimalistes des années 60 et 70 et possèdent ainsi un lien intrinsèque avec l’histoire de l’art. Les lignes courbes, qui relient des points de données non spécifiées le long des axes « X » et « Y » sans aucune précision, ne sont pas sans rappeler le vocabulaire linéaire de Robert Mangold, ou les formes toutes en courbes d’Ellsworth Kelly. La nature énigmatique des graphiques en secteurs font penser aux études méthodiques d’arcs et de cercles de Sol LeWitt ou François Morellet, et un graphique 3D, dont les pics et les creux sont illustrés avec des fragments pointus de marbre rouge ou vert, évoque certaines des sculptures colorées au lustre parfait de Dewain Valentine. De telles comparaisons formelles soutiennent l’idée que l’analyse des données est bien plus abstraite que l’on pourrait croire.
À l’exception de Volatility (2022), toutes les œuvres exposées furent réalisées sur un métier Jacquard avec des « fils » en lin et acrylique que l’artiste fabrique en posant de la peinture acrylique sur une surface plane à l’aide de longs coups de pinceau, avant de retirer chaque « lanière » une fois sèche. Cette technique interroge les catégories traditionnelles de la production artistique et rend plus complexe tout rapprochement avec le minimalisme. Le fait de considérer ces œuvres comme des peintures, des œuvres textiles ou quelque chose de complètement différent pourrait avoir des conséquences quantifiables lors d’une conversation sur le clivage entre l’art et l’artisanat. Si aujourd’hui le marché de l’art préfère de loin les peintures aux tapisseries,
les œuvres d’Analia Saban nous rappellent que cela n’a pas toujours été le cas. Au Moyen Âge et au début de la Renaissance, les tapisseries étaient considérées comme le nec plus ultra et avaient, à l’époque, plus de valeur que les œuvres peintes. En bref, quand il s’agit de « quantifier » la valeur de l’art, comme pour les données, le contexte et les préjugés sont bien souvent de la partie.
—Mara Hoberman
Analia Saban (né en 1980 à Buenos Aires, Argentine) vit et travaille à Los Angeles. Diplômée en 2001 de l’Université Loyola de la Nouvelle-Orléans en 2001, elle obtient son MFA à l’université de Californie à Los Angeles en 2005. Les œuvres d’Analia Saban font partie de nombreuses collections publiques telles que le Hammer Museum, UCLA ; le Museum of Contemporary Art et le Los Angeles County Museum of Art à Los Angeles ; le Hessel Museum of Art du Bard College à New York ; le Norton Museum of Art en Floride ; le Centre Pompidou à Paris ou encore la Fundación Proa à Buenos Aires.









