Ended Apr 13

Hicham Berrada

Activations

Mar 7 – Apr 13, 2019

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The guiding principle of Activations, Hicham Berrada’s second solo exhibition at the galerie Kamel Kennour, is to make forms emerge, encourage them to appear rather than represent them.

Hicham Berrada defines his practice as that of an energy director (in the sense one speaks of a stage director), whose creative gesture consists in a choice of physical and chemical parameters: to act on the temperature, the light, or the viscosity of an environment, so that, within a defined frame, something is produced.

What is given to the viewer to see in this frame are forms of activated nature, generated rather than represented forms. The circular video installation is a part of the series Présages, which the artist has been working on since 2007. The Présages, made from chemical substances submerged in beakers or aquariums, are composed according to the classical conception of landscape: a human-scale perspective on nature, oriented towards the horizon. A whole palette of components is deployed by the artist according to the colors and forms that he wants to make appear.

The immersive projection plunges the spectator into a universe under construction, at once vast and pullulating. It was made by filming in real time a 10 cm-diameter jar, in which purified mineral components enter into reaction with one another. Both scale and the border between the organic and the mineral are blurred here. We tend to think of the mineral world as fixed, in contrast with animated life. We are incapable of perceiving mineral movement because its temporality extends beyond our own. In conditions chosen by the artist, we discover the metamorphoses of these elements that we normally think of as immutable and inert. Minerals even show themselves to possess a gestural dimension, productive of movements that we think of as belonging exclusively to life. In this chemically activated way, multiple worlds emerge that can evoke at once vegetable life forms, architecture, and surreal or familiar landscapes.

The bronzes from the series Kéromancie, with the wealth and diversity of their forms, are also a basis for the spectator’s capacities for interpretation and imagination, like three-dimensional Rorschach tests. Are they sculptures? Not in the classic sense of the word, since nothing has been sculpted or molded. Keromancy is a traditional divinatory art practiced since Antiquity, which consists in reading the future from the shapes taken by hot wax after it is thrown into water.

The result depends of course on the composition of the wax, the temperature and pH of the water, and the movement with which the wax is immersed. Hicham Berrada has taken up this technique in an effort to control it: the wax is submitted to precise conditions in order to inflect the way its shapes develop. Controlling these parameters is an attempt to orient the future, to influence the course of events so that they become favorable to us. The best predictions are then cast in bronze with traditional lost-wax casting, which has been used in sculpture since Antiquity. Thus fixed in time, these predictions will perhaps outlast the future that they are supposed to predict.

The white sculpture, printed in 3D, is the first one of a series called Augures mathématiques. The piece has been generated by combining different algorithms of morphogenesis, the study of the laws that determine natural forms. These algorithms have been determined by scientists, in order to give an account of the rules according to which organisms develop and take shape. Mathematical auguries thus capture entirely virtual entities, which only exist through digital calculations, but which could be, since their development has been guided by the laws that preside over the formation of matter in our universe. Composed entirely of polygons, they are structured by a geometry so complex that it ends up appearing chaotic. Mathematic auguries simulate possibilities that outstrip our imagination, hybrids that exist or will perhaps exist, in other times or other places...

- Aude Wyart

Born in 1986 in Casablanca (Morocco), Hicham Berrada lives and works in Paris and Lens (France).

His work has been presented in numerous solo and group exhibitions at: the Centre Pompidou, Paris; the Palais de Tokyo, Paris; the Maubuisson Abbey; in the gardens of the Palace of Versailles; at the Mac Val, Vitry- sur-Seine; the macLyon; the CCCOD, Tours; the MRAC–Musée Régional d’art contemporain Languedoc Roussillon, Sérignan; the Fresnoy–Studio national des arts contemporains, Tourcoing; the ZKM, Karlsruhe; the Frankfurter Kunstverein, Frankfurt-am-Main; the MoMA PS1, New York; the ICAS–Institute of Contemporary Art, Singapore; the Moderna Museet, Stockholm and the Banco de la República, Bogota.

He took part in several biennials: the Lyon Biennale; the BIM–Biennale of Moving Image, Geneva and the Yinchuan Biennale (China).

The artist has also presented several performances at: the Villa Medici and the Maxxi in Rome; the Abattoirs, Toulouse; the Mac Val; as well as during the Nuits Blanches in Paris, Brussels and Melbourne.

In 2019, Hicham Berrada will participate in the group show Luogo e Segni at the Punta della Dogana, Museum of the Pinault Collection in Venice, Italy. He will have solo exhibitions at: the Louvre-Lens; the Hayward Gallery, London; and the Bernard A. Zuckerman Museum of Art, Kennesaw (USA). He is currently in residence at the Pinault Collection in Lens.

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Faire surgir des formes, les inviter à apparaître plutôt que les représenter : c’est le principe directeur d’Activations, deuxième exposition personnelle d’Hicham Berrada présentée à la galerie Kamel Mennour.

Hicham Berrada définit sa démarche comme celle d’un régisseur d’énergie, dont le geste créateur se résume au choix de paramètres physiques ou chimiques : agir sur la température, la luminosité ou la viscosité d’un milieu, de façon à ce que, dans un cadre défini, quelque chose se produise.

Ce qui est donné à voir au sein de ce cadre est une nature activée, des formes générées plutôt que représentées. L’installation vidéo circulaire s’inscrit dans la série des Présages, poursuivie par l’artiste depuis 2007. Réalisés à partir de produits chimiques plongés dans des béchers ou aquariums, les Présages sont composés selon la conception classique du paysage : un point de vue sur la nature à hauteur d’homme, orienté vers l’horizon. Toute une palette de composants est déployée par l’artiste en fonction des couleurs et des formes qu’il souhaite faire apparaître.

La projection immersive plonge le spectateur dans un univers en développement, vaste et foisonnant. Elle a été réalisée en filmant à vitesse réelle un bocal de 10 cm de diamètre, dans lequel des composants minéraux purifiés entrent en réaction. Les échelles de taille sont brouillées, ainsi que les frontières entre l’organique et le minéral. On a coutume de penser le monde minéral comme figé, par opposition au vivant qui, lui, serait animé. Nous ne savons pas percevoir les mouvements du minéral, parce que sa temporalité dépasse la nôtre. Dans les conditions choisies par l’artiste, on découvre alors les métamorphoses de ces composants que l’on pense d’ordinaire comme immuables et inertes. Le minéral se révèle même doté d’une gestuelle, capable de mouvements qu’on pensait réservés au monde du vivant. De cette matière activée chimiquement, il émerge des mondes multiples qui peuvent évoquer tout à la fois des formes de vie végétales, des architectures, des paysages surréels ou familiers.

Les bronzes de la série Kéromancie, par leur richesse et diversité de formes, sont également des supports aux capacités d’interprétation et d’imagination du spectateur, comme des tests de Rorschach en trois dimensions. S’agit-il de sculptures ? Pas au sens classique du terme, puisque rien ici n’a été modelé ni sculpté. La kéromancie est un art divinatoire traditionnel pratiqué depuis l’Antiquité, qui consiste à lire l’avenir à partir des formes prises par la cire chaude jetée dans l’eau. Le résultat dépend bien entendu de la composition de la cire, de la température et du pH de l’eau, ou encore du mouvement par lequel elle est immergée. Hicham Berrada reprend cette technique, en tentant de la maîtriser : les cires sont donc soumises à des conditions précises afin d'infléchir le développement de leurs formes. Contrôler ces paramètres, c’est tenter d’orienter le futur, d’influer sur le cours du temps pour qu’il nous soit favorable. Les meilleurs augures sont ensuite coulés en bronze selon la technique traditionnelle de la cire perdue, utilisée en sculpture depuis l’Antiquité. Ainsi figées dans le temps, ces prédictions dépasseront peut-être le futur dont elles sont censées présager.

La sculpture blanche, imprimée en 3D, est la première issue de la série des Augures mathématiques. Elle a été générée en combinant différents algorithmes de morphogenèse, l’étude des lois qui déterminent les formes dans la nature. Ces algorithmes ont été déterminés par des scientifiques, pour rendre compte des règles par lesquelles les organismes se développent et prennent forme. Les augures mathématiques capturent donc des entités totalement virtuelles, qui n’existent que grâce aux calculs informatiques, mais qui pourraient être, puisque leur développement a été guidé par les lois qui président aux formations de la matière dans notre monde. Composés uniquement de polygones, ils sont structurés par une géométrie si complexe qu’elle en finit par sembler chaotique. Les augures mathématiques simulent des possibles qui dépassent l’imagination, des hybrides qui existent ou existeront peut-être, dans d’autres temps ou d’autres espaces...

- Aude Wyart

Né en 1986 à Casablanca (Maroc), Hicham Berrada vit et travaille à Paris et à Lens (France).

Son travail a été présenté dans le cadre de nombreuses expositions personnelles et collectives : au Centre Pompidou, Paris ; au Palais de Tokyo, Paris ; à l’Abbaye de Maubuisson ; dans les jardins du Château de Versailles ; au Mac Val, Vitry-sur-Seine ; au macLyon ; au CCCOD, Tours ; au MRAC–Musée Régional d’art contemporain Languedoc Roussillon, Sérignan ; au Fresnoy–Studio national des arts contemporains, Tourcoing ; au ZKM, Karlsruhe ; au Frankfurter Kunstverein, Frankfort-sur-le-Main ; au MoMA PS1, New York ; à l’ICAS–Institute of Contemporary Art, Singapour ; au Moderna Museet, Stockholm et à la Banco de la República, Bogota.

Il a pris part à plusieurs biennales : Biennale de Lyon ; BIM–Biennale de l’Image en Mouvement, Genève et Biennale de Yinchuan (Chine).

L’artiste a également réalisé plusieurs performances : à la Villa Médicis et au Maxxi, Rome ; aux Abattoirs, Toulouse ; au Mac Val ; ainsi que lors des Nuits Blanches de Paris, Bruxelles et Melbourne.

En 2019, Hicham Berrada participera à l’exposition collective Luogo e Segni à la Punta della Dogana, musée de la Collection Pinault à Venise, Italie. Le Louvre-Lens, la Hayward Gallery à Londres et le Bernard A. Zuckerman Museum of Art à Kennesaw (États-Unis) lui consacreront des expositions personnelles. Il est actuellement en résidence à la Pinault Collection à Lens.

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