Ended Nov 25
Daniel Buren
Plis Contre Plan, Hauts‑Reliefs, Travaux Situés
Sep 12 – Nov 25, 2023
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Mennour is delighted to present ‘Plis contre plan, hauts-reliefs, travaux situés’ [‘Plis contre plan, high reliefs, situated works]. This is Daniel Buren’s first solo exhibition in Paris since his ‘simultaneous’ project with Philippe Parreno in 2021 [1] and in 2017, when he devised ‘Pyramidal. Hauts-reliefs, travaux in situ et situés’ [‘Pyramidal. High reliefs, situated and in situ works’]. [2] For this new project, Plis contre plan, the artist has ‘borrowed’ two of the gallery’s four spaces to display a set of works never previously exhibited in France. They comprise around twenty pieces created between 2021 and 2023. By ‘borrowing’ these spaces, as he puts it, he will transform them and ‘present them in a different light’. The Plis contre plan are a variation within the series of works in relief. These ‘variations’, like Monet’s series, are works that share common principles, and are avenues opened up, explored and then closed off by the artist. Here, a succession of prisms, cascading one after the other or alternating with the support, are set against a plane consisting of a 217.5-cm square mirror divided into a notional grid of 25 equal squares. Each piece is unique, with its own arrangement of relief and colour. Daniel Buren has painted each piece in bright, bold, cheerful colours which, alert to the ‘surprise factor’, he chose at random from a range provided by the manufacturer.
For this new ‘variation’, Daniel Buren has invented a rule in which the stripes are now arranged frontally rather than side-on, while the flat areas of colour are confined to the sides of the prisms. In this way, he blurs the boundaries between plane and relief, between painting, sculpture and architecture, between the object and its reflection, between immobility and movement. The stripes run up and down vertically in front of us, as if they were flat, but they burst into life, fragmenting and folding into an alternation of voids and solids. It is as if these ‘folds’, which, Gilles Deleuze suggested, characterise Baroque thinking and aesthetics, formed the torso columns so prevalent in Baroque architecture. [3] In the mirror, another favourite of Baroque interiors, the prisms complement and extend each other, and the triangles become perfect rhombuses, as if suspended in time, creating a blur between fiction and reality.
The Plis contre plan works usher in an entirely new visual and sensory experience that radically alters our relationship with space. This is a fundamental aspect of Daniel Buren’s research: making the work part of a place and negating the supposed autonomy of a painting or sculpture. In so doing, Daniel Buren emphasises the political dimension of art; each work has an effect on the real world by interacting with it. The artwork is always, as he puts it, ‘situated’ or, when it exists only for and because of a place, in situ. Daniel Buren’s art is no more concerned with abstraction than it is with theoretical geometric research: art is linked to life, or rather, it exists in life and in reality, which both have the effect of modifying it. In the Plis contre plan, the mirror emphasises this interdependence and exchange. The dimensions of each piece are such that they envelop the viewer. The mirror incorporates the viewer into the work itself, and as it reflects the location, the work is in a constant state of flux. It is as if it were in motion − never the same. This consubstantial interplay of metamorphosis, mobility and infinite, fleeting, unpredictable variability is a reflection of life itself.
—Sylvie Patry
1 - ‘Daniel Buren — Philippe Parreno, Simultanément, travaux in situ et en mouvement’, 5 December 2020 - 30 April 2021, Mennour, (opening of the new venue at 5 rue du Pont de Lodi), Paris.
2 - October 11 - November 25, 2017, Mennour, Paris.
3 - Gilles Deleuze, Le Pli. Leibniz et le Baroque, Paris, Les Éditions de Minuit, 1988 ; Gilles Deleuze, tr. Tom Conley, The Fold: Leibniz and the Baroque, (London, The Athlone Press, 1993).
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La galerie Mennour est heureuse de présenter « Plis contre plan, hauts-reliefs, travaux situés ». Il s’agit de la première exposition personnelle de Daniel Buren à Paris depuis le projet mené en « simultané » avec Philippe Parreno en 2021 [1] et celui de 2017, date à laquelle il avait imaginé « Pyramidal. Hauts-reliefs, travaux in situ et situés [2] ». Pour cette nouvelle exposition « Plis contre plan », l’artiste « emprunte », deux des quatre espaces de la galerie pour y déployer un ensemble inédit en France d’une vingtaine de pièces réalisées entre 2021 et 2023. En « empruntant » ces lieux, selon ses termes, il les transformera et les « montrera différemment ». Né en 1938, Daniel Buren se fait connaître sur la scène artistique dans les années 1960. En 1965, il adopte le rythme d’une toile rayée alternant des bandes blanches et colorées de 8,7 cm de large. La mise en place fin 1967 de ce qu’il appelle un « outil visuel » fonde une pratique en rupture avec la tradition et ouvre une œuvre multiforme, où la liberté naît des contraintes, internes autant qu’externes, comme aime à le souligner l’artiste. Daniel Buren explore cet « outil visuel » en le développant dans le plan et, à partir de la fin des années 1960, en trois dimensions.
Les Plis contre plan appartiennent à la série des œuvres en relief, au sein desquelles ils forment une « variation ». Composées de travaux répondant à des principes communs, les « variations », à l’image des séries de Monet, sont autant de voies ouvertes, explorées et refermées ensuite par l’artiste. Ici des prismes se succèdent, en cascade continue ou en alternance avec le support, contre un plan constitué d’un miroir carré de 217,5 cm de côté et divisé en une grille fictive de 25 carrés égaux. Chaque pièce est unique et se singularise par un agencement des reliefs et des couleurs qui lui est propre. Daniel Buren attribue à chacune des couleurs vives, franches et joyeuses, qu’attentif à la « surprise du résultat » il choisit à l’aveugle dans une gamme donnée par le fabricant.
Pour cette nouvelle « variation », Daniel Buren a inventé une règle où les bandes sont désormais disposées frontalement, et non plus latéralement, tandis que les aplats de couleur sont réservés aux côtés des prismes. Il brouille ainsi les frontières entre plan et relief, entre peinture, sculpture et architecture, entre l’objet et son reflet, entre immobilité et mouvement. Les bandes se déroulent face à nous verticalement, comme en plan, mais elles s’animent, se fragmentent et se plissent en une alternance de vides et de pleins. Tout se passe comme si ces « plis » qui, selon Gilles Deleuze caractérisent la pensée et l’esthétique baroques [3], formaient des colonnes torses, si présentes dans l’architecture baroque précisément. Dans le miroir, également prisé des intérieurs baroques, les prismes se complètent et se prolongent, les triangles deviennent des losanges parfaits et comme suspendus, instaurant le trouble entre fiction et réalité.
Les Plis contre plan inaugurent une expérience visuelle et sensorielle inédite et bouleversent la relation avec l’espace. On touche ici à un des aspects fondamentaux des recherches de l’artiste : l’inscription de l’œuvre dans un lieu et la négation de la prétendue autonomie du tableau ou de la sculpture. Ce faisant, Daniel Buren affirme la dimension politique de l’art dans la mesure où chaque œuvre a un effet sur le réel en interagissant avec lui. Elle est toujours, selon ses propres termes, « située » ou, lorsqu’elle n’existe que par et pour un lieu, in situ. L’art chez Daniel Buren ne vise pas plus une abstraction qu’il ne poursuit une recherche géométrique théorique : l’art est relié à la vie, mieux, il est dans la vie et le réel, qui à leur tour le modifient. Dans les Plis contre plan, le miroir accentue encore cette interdépendance et ces échanges. Par ses dimensions, chaque pièce englobe le spectateur. Le miroir l’incorpore dans l’œuvre même et, en reflétant le lieu, l’œuvre se transforme à tout instant. Elle est comme en mouvement. Elle n’est jamais semblable. Ce jeu consubstantiel de métamorphoses, de mobilités et de variabilités infinies, fugitives et imprévues renvoie à la vie même.
—Sylvie Patry
1 - « Daniel Buren — Philippe Parreno, Simultanément, travaux in situ et en mouvement », 5 décembre 2020 - 30 avril 2021, Mennour, (ouverture du nouveau lieu du 5 rue du Pont de Lodi), Paris.
2 - 11 octobre - 25 novembre 2017, Mennour, Paris.
3 - Gilles Deleuze, Le Pli. Leibniz et le Baroque, Paris, Les Éditions de Minuit, 1988.










