Ended Jan 13
Emily Sundblad
Un Violent Désir de Bonheur
Nov 25, 2023 – Jan 13, 2024
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Flowers signal something excessive at the core of painting: an unspoken, almost violent desire to abandon all social responsibility in the full, sovereign enjoyment of its own powers, which are absent-minded and pathetic. In Emily Sundblad’s canvases, flowers escape the still life and levitate over landscapes, invade portraits. Beyond delightful, they overdose painting without regard for perspective or scale or visual reason. But the pathetic power of the flower is not just the garden’s desire to wildly outgrow its own boundaries. Composition itself becomes efflorescent in the way it takes over large-format canvases without any need for a large-format image or plan. Painting finds happiness in the discovery of its own manual eye, feeling its way from moment to moment, from color to color.
Un Violent Désir de Bonheur is a slogan seen on a banner at a recent protest against the raising of the retirement age in France. The human fight for happiness in the midst of the catastrophe of capitalism is another sort of pathetic flowering. And it was while painting in the studio that Sundblad heard Eileen Myles on the Apology podcast, explaining how the poet decided to start using the pronoun “they”: when Jesus asked an evil spirit who’d taken possession of a man’s body to identify itself, the reply was “I am Legion/For we are many.” So “they” might name desire’s inner army, demonic in their disregard for the property lines of the self. In Sundblad’s paintings, the fight for happiness is wildly inclusive of subject matter and any momentary impulse... dreams, costumes, writing, sentiments, animals, others, daily life. It’s in the multiplicity of motifs, as one scene happens upon the next and then colors begin to blaze and flower in excess of whatever information they bring. The paintings are “legion” and also dream-like in their spatial distortions and in the sprouting of one vignette from another, in their disorienting joy of displacement.
In the midst of catastrophe, desire moves quickly and with lightness of heart. A storybook octopus watches over invisible children in a Long Island pumpkin patch: it’s Halloween and there’s war and death in Gaza, and all of this information coincides with the act of painting. We encounter smoking alligators and foxes with hats. As the paintings open themselves to the simple pleasures of children’s book illustration, they also invoke a sort of cartoon opium den and a mother’s daydreams of normal and non-normal love, maybe getting drunk and fucking a tiger. Without the need to be right or strong about anything, painting enlists human sentiment in a tough and disorderly kind of kitsch that keeps pushing up funny, sick roses. Chaos is where these flowers come from, their compost and sun. We think of Berthe Morisot stealing moments of painting from the domestic clock. Or Paul Thek in Italy, painting divers and dinosaurs on newsprint, Balthus’s illustrations of Wuthering Heights, and Tove Jansson’s Moomins wandering into a Munch seascape. In Sundblad’s plein air seascapes, the wave is a sort of high-speed flower, a crash of colors gathered in swift, dedicated acts of painting (at the time of this writing, a dozen small seascapes are still lost in transit and maybe won’t show up in Paris).
—John Kelsey
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La présence de fleurs signale quelque chose d'excessif au cœur même de la peinture : un désir inexprimé, presque violent, d'abandonner toute responsabilité sociale dans la pleine et souveraine jouissance de ses propres pouvoirs, qui sont distraits et pathétiques. Dans les toiles d'Emily Sundblad, les fleurs échappent à la dénomination de nature morte et lévitent au- dessus des paysages, s'empilant et éclipsant les autres informations visuelles à mesure qu'elles envahissent les genres non floraux sans tenir compte de la perspective ou de l'échelle. Mais le pouvoir pathétique de la fleur n'est pas seulement le désir de la nature de dépasser ses propres limites. Ici, la composition elle-même devient efflorescente dans la façon dont elle s'empare, à la manière d'un termite, de toiles de grand format sans avoir besoin d'une image ou d'un plan de grand format. Nous voyons comment la peinture trouve son bonheur dans sa propre action manuelle, en trouvant son chemin d'un moment à l'autre, d'une couleur à l'autre. C'est pourtant un bonheur situé au milieu d'une catastrophe permanente. Et c'est de ce chaos que viennent ces fleurs, leur compost et leur soleil.
Un «Violent Désir de Bonheur» est un slogan que l'on a pu lire sur une banderole lors d'une récente manifestation contre le relèvement de l'âge de la retraite en France. La lutte pour le bonheur au milieu du déclin du capitalisme est une autre sorte de floraison pathétique. C'est en peignant dans l'atelier que Sundblad a entendu sur un podcast d’Eileen Myles «Apology», expliquant comment la poétesse a décidé de commencer à utiliser le pronom "they" : lorsque Jésus a demandé à un esprit maléfique qui avait pris possession du corps d'un homme de s'identifier, la réponse a été "I am Legion/For we are many" (Je suis Légion/Parce que nous sommes nombreux). Ainsi, "ils" pourrait désigner l'armée intérieure du désir, démoniaque dans son mépris des limites de propriété du moi. Dans les peintures de Sundblad, la lutte pour le bonheur englobe tous les sujets et toutes les impulsions momentanées... les rêves, les costumes, l'écriture, les sentiments, les animaux, les autres, la vie quotidienne. C'est dans la multiplicité des motifs, lorsqu'une scène s'enchaîne à une autre et que les couleurs commencent à s'embraser pour le plaisir de s'embraser, ou de fleurir. L'illustration devient le tout-venant d'une composition efflorescente sans plan d'ensemble, où tout peut arriver. Les peintures sont "légion" et aussi oniriques dans leurs distorsions spatiales et dans le jaillissement d'un motif à partir d'un autre, dans leur joie désorientée du déplacement.
Au milieu de la catastrophe, le désir se déplace rapidement et avec légèreté. Une pieuvre de conte veille sur des enfants invisibles dans un champ de citrouilles de Long Island : c'est Halloween, il y a la guerre et la mort à Gaza, et toutes ces informations coïncident avec l'acte de peindre. Nous rencontrons des alligators fumants et des renards avec des chapeaux. Alors que les peintures s'ouvrent aux plaisirs simples de l'illustration de livres pour enfants, elles évoquent également une sorte de fumerie d'opium de dessin animé et les rêveries d'une mère sur l'amour normal et non normal, peut-être en se saoulant et en baisant un tigre. Sans avoir besoin d'avoir raison ou d'être fort sur quoi que ce soit, la peinture enrôle les sentiments humains dans une sorte de kitsch dur et désordonné qui ne cesse de pousser des roses drôles et malades. Nous pensons à Berthe Morisot qui vole des moments de peinture à l'horloge domestique. Ou à Paul Thek en Italie, peignant des plongeurs et des dinosaures sur du papier journal, aux illustrations de Balthus des Hauts de Hurlevent, aux mises en scène fantastiques et autofictionnelles de Florine Stettheimer et aux Moomins de Tove Jansonn errant dans un paysage marin de Munch. Dans les paysages marins en plein air de Sundblad, la vague est une autre sorte de fleur à grande vitesse, un fracas de couleurs rassemblées dans des actes de peinture rapides et dévoués (à l'heure où j'écris ces lignes, au moins une douzaine de petits paysages marins sont encore perdus dans le transport et ne seront peut-être pas exposés à Paris).










