Ended Mar 6

Kenny Scharf

Vaxi Nation

Jan 21 – Mar 6, 2021

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Due to the pandemic, Kenny Scharf will not be present for his second solo show at Almine Rech. However, as he continued to produce art in his Los Angeles studio in the middle of December, he said he was happy with the freshness of his new paintings. “It's always very exciting for me to show work that’s so recent, and even though I can’t be there, the viewers will see how new it is,” he said. Since the early 1980s, Kenny Scharf has been extremely productive and loves working on his art. Without thinking of subject matter ahead of time or restricted narrations, he develops a vocabulary that combines the influence of 1960s cartoons — particularly the Flintstones and the Jetsons — and psychedelic shapes resembling cells, bacteria, or even viruses (an interpretation that seems especially apt at the current time). During his first show at Almine Rech, which took place in September and October 2020 in New York, art critic Linda Yablonsky drew a parallel between the Covid years and the AIDS era. Back then, Kenny Scharf lived with Keith Haring, where Jean-Michel Basquiat often joined them to spend time together. He remembers it as a place of convening energies and a ping-pong game of ideas before the loss of his friends. Faced with tragedy, he decided that he would primarily show the whirlwind aspect of life, filled with bright colors. Whether they are cathartic, extending moments of ecstasy, or expressing gloom, his paintings take on his moods.

This shows why he has such a pressing need to fill them, in an endlessly repeating all-over effect. This term clearly calls to mind Jackson Pollock, of whom Kenny Scharf is a big fan. “He marked the beginning of the expansion of another space. All-over painting confirms the extension of a world. It’s a background I can use, and sometimes I even throw paint on the canvas. I also like the way every detail reveals itself as a little window onto a huge universe, which could escape outside the painting. I perceive my paintings as fragments of unlimited bewilderment.” From the idea of the rhizome, a very visual concept of roots leading to others, we are thrust back into the history of American abstract expressionism, which still inspires artists today. In fact, Kenny Scharf digs even deeper for his inspiration, with reminiscences of Arshile Gorky or Jean Dubuffet, who represented their psychological state in very dense paintings. Since the exhibition is in Paris, potential connections to the French scene come to mind. This suggestion led Kenny Scharf to recall that his work was shown in the 1980s alongside that of François Boisrond, Robert Combas, Hervé Di Rosa, and the Frères Ripoulin, who were connected with the Figuration Libre movement and graffiti. Scharf remembers this as a pop-rock scene with which he had stylistic affinities, even if he hasn’t seen them in three decades.

Ultimately, the important thing is always to work and create. Today, for example, Scharf paints a mushroom in a wild forest filled with naked people. He is perhaps in a less playful mood. He feels more inclined to expand a somewhat surrealistic world where images connected to galaxies are combined with depictions that evoke viruses or are simply formal, verging on abstraction. There are fewer clearly established connections with identified or recognized characters. In this way, he pursues a joyful dystopia or a disillusioned utopia, fluctuating between various emotions. Often, in fact, strength flirts with brutality, the warm colors become acid, and the vanishing lines jostle us or carry us off to an unknown universe, led by figures with sardonic smiles. Kenny Scharf describes himself as a politically committed artist, especially in this year of the American election and popular uprisings. Thoughtfully, he concludes that “real life is always more intense” (a subtle tribute to Robert Filliou?). He remains deeply filled with the energy of the West Coast, where he has lived for twenty years and where he was born. While Los Angeles seems to be inhabited by individuals who circulate in isolation in their cars, moments of rebellion show a population rising up as it finds a shared destiny. Kenny Scharf feels the vitality of the collective and the elation of being in the right place, which he will interpret, one way or another, in his art.

—Marie Maertens, December 2020

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Dû au contexte sanitaire mondial, Kenny Scharf ne verra pas son deuxième solo-show à la Galerie Almine Rech. Pour autant, tandis qu’il continue à produire des pièces dans son atelier de Los Angeles au cœur du mois de décembre, il se réjouit de la primeur qui se dégagera de ses peintures. « C’est toujours très excitant pour moi de montrer un travail si récent, débute-t-il, et malgré mon absence, les visiteurs seront témoin de cette nouveauté. » Depuis le début des années 1980, Kenny Scharf produit beaucoup et adore ce temps passé face à son œuvre où, sans songer à des sujets préalables ou des narrations resserrées, il développe un vocabulaire dans lequel se marie l’influence des comics des années 1960 - notamment les Pierrafeu ou les Jetsons – à des formes, parfois psychédéliques, qui peuvent être assimilées à des cellules, bactéries, voire virus. Une interprétation dotée d’une nouvelle acuité dans notre époque particulière. Lors de sa première présentation à la Galerie Almine Rech, qui eut lieu à New York en septembre et octobre 2020, la critique d’art Linda Yablonsky avait fait le parallèle entre les années Covid et les années Sida. À l'époque, Kenny Scharf partageait avec Keith Haring un appartement dans lequel Jean-Michel Basquiat les rejoignait souvent. Il s'en souvient comme d’un lieu de rassemblement des énergies, d’un jeu de ping-pong d'idées, avant la perte de ses amis... Face aux tragédies, il décide qu’il montrera de la vie principalement le côté virevoltant, enrichi de couleurs vives. Qu’elles soient cathartiques, une prolongation des moments d’extase ou de temps plus maussades, les toiles reçoivent ses humeurs.

De ce fait, l’on comprend bien cette nécessité impérieuse de les remplir, dans ce all-over reproduit indéfiniment. Ce terme évoque évidemment Jackson Pollock, dont Kenny Scharf avoue être un grand admirateur. « Il a marqué les débuts de l’amplification d’un autre espace, poursuit-il. Car ce all-over attestait de l’extension d’un monde. C’est un background que je peux employer et il m’arrive aussi de lancer la peinture sur la toile. J’aime également que chaque détail se révèle comme une petite fenêtre d’un univers immense, qui pourrait s’échapper à l’extérieur du tableau. Je perçois mes oeuvres comme des parcelles au dérouté illimité. » De l’idée de rhizome, de cette conception très visuelle de racines en conduisant à d’autres, on se replonge dans l’histoire de cet expressionnisme ab-strait américain, qui n’a jamais cessé d’inspirer les plasticiens. D’ailleurs Kenny Scharf irait presque puiser en deçà, avec des réminiscences à la Arshile Gorky ou, encore, à la Jean Dubuffet. De ceux qui représentent leur état psychologique dans des ensembles très denses. L’exposition est à Paris et l’on continue de re-garder les liens potentiels avec la scène française. Si l’on y pense sans vraiment l’aborder, Kenny Scharf rappelle de lui-même qu’il a été montré, dans les an-nées 1980, avec François Boisrond, Robert Combas, Hervé Di Rosa ou les Frères Ripoulin, rapprochés du mouvement de la Figuration Libre ou du graffiti. Le peintre américain s’en souvient comme d’une scène pop-rock, avec laquelle il pouvait en effet ressentir des affinités formelles, même s’il ne les pas revus depuis trois décennies.

Au final, l’important est toujours de travailler et de produire. Aujourd’hui par exemple, il peint un champignon, dans une forêt sauvage peuplée de gens nus... Il est peut-être d’humeur moins badine. Il se sent davantage enclin à étendre un univers quelque peu surréaliste, dans lequel s’unissent des images liées aux galaxies, à des représentations d’ordre viral ou simplement formelles, frôlant l’abstraction. Moins de liens se tissent de manière évidente avec des caractères identifiés ou reconnus.

Il poursuit ainsi une dystopie joyeuse ou une utopie désabusée, oscillant entre différents sentiments. Souvent d’ailleurs, la vigueur flirte avec la violence, l’ardeur des couleurs se fait acide et les lignes de fuite nous bousculent ou nous emportent vers un univers inconnu, guidé par des figures aux sourires sardo-niques... Kenny Scharf se dit être un artiste engagé, particulièrement dans cette année d’élections américaines et de soulèvements populaires. Il nous fait encore réfléchir quand il conclut que « la vraie vie est toujours plus intense », et ferait-il un discret hommage à Robert Filliou ? Il demeure profondément empli de l’énergie de la côte Ouest, où il est né et où il est retourné vivre depuis vingt ans. Tandis que Los Angeles semble être habitée d’individus circulant solitairement en voiture, les moments de révolte voient se lever une population qui retrouve un destin commun. Alors, Kenny Scharf ressent la vitalité du collectif et l’exaltation d’être à son exacte place, qu’il retranscrira, d’une manière ou d’une autre, dans son travail.

—Marie Maertens, Décembre 2020

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