Ended
Shabahang Tayyari
Siyâvash's Teardrop
Dec 15, 2021 – Jan 29, 2022
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I start with black, Indian red and jade green, and continue with blue. I finish with beige or goose-head green. Slowly, as I get closer to the final stages, I start to obsess over whether I have adequately defined the borders of each color or not; whether I have used each as independently as possible. I would not like any color to hold a grudge against me. My job is to distinguish and delineate. I would like the black fritillaria imperialis, or the inverted tulips as they are called in Iran, to know that I know that it does not fancy being with spotted pinks. I would like no fire to devour the flames of another fire. I would like all of us to burn in the fire that we started ourselves. Even in hell we must start our own fire.
But the wave wishes to sprawl over the fire. It knows that it can win the fight. I accommodate the wave somewhere in the midst of the flames, without causing the fire offence. They fill in for each other’s voids. I fill in the empty spots. I would like no open question remaining. Each shape and every form are independent and informed in their territory. None feel superior to others; except the fritillaria imperialis, who has every right to. It has sacrificed its life. These colors and borders are all a celebration, a feast for the tulips, for their turning upside down.
The stigmas are jewels, tears and pearls; black pearls. Those sweethearts who only appear in tales of sailors are impossible to touch, they are mere legends. But our story of the fritillaria imperialis is entirely different from the tales of sailors with all of their treasures, talismans, and curses. Our fritillaria imperialis is solid. Much like the Arch of Ctesiphon, it has sustained injuries but it does not fall. Our tulip, if burned in flames, will be reborn like a phoenix. The phoenix will turn upside down for freedom, falling down on itself and its blood, and grow from its ashes and fire; again, and forever. It flows into the field and the desert; blood does not fade into the earth; nor will fire disappear into the land. It will be reborn. It will harness life. It will vitalize youth. It will never end, this cycle.
—Shabahang Tayyari
Translated by Ashkan Zahraei
Note: In Persian mythological history and folklore, it is believed that the fritillaria imperialis was once an upright lily, but once it witnessed the murder of the legendary Persian prince Siyavosh, it bowed its head to respectfully weep for the martyrdom of the innocent hero.
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Je commence avec du noir, du rouge indien et du vert jade, et je continue avec du bleu. Je termine par le beige ou par le vert. Peu à peu, à mesure que je me rapproche des finitions, je commence à me soucier des limites précises de chaque couleur, de leur utilisation la plus indépendante possible. Je ne voudrais pas qu'une couleur m’en tienne rigueur. Mon travail consiste à distinguer et à délimiter. Je voudrais que le noir de la fritillaria imperialis, « tulipes inversées » comme on les appelle en Iran, sachent que je sais qu'il n'aime pas être avec les roses tachetés. Je voudrais qu'aucun feu ne dévore les flammes d'un autre. Je voudrais que chacun de nous brûle dans le feu qu'il a lui-même allumé. Même en enfer, il faut allumer son propre feu.
Mais la vague souhaite se répandre sur le feu. Elle sait qu'elle peut gagner le combat. Je loge la vague quelque part au milieu des flammes, sans offenser le feu. Ils comblent mutuellement leurs vides. Je remplis les espaces libres. Je souhaite qu'il ne reste aucune question non résolue. Chaque forme est indépendante et informée sur son territoire. Aucune ne se sent supérieure aux autres, sauf la fritillaria imperialis, qui en a parfaitement le droit. Elle a sacrifié sa vie. Ces couleurs et ces bordures sont toutes une célébration, une fête pour les tulipes, pour leur retournement.
Les stigmates sont des bijoux, des larmes et des perles ; des perles noires. Ces amours qui ne figurent que dans les récits de marins sont impossibles à toucher, ce ne sont que des légendes. Mais notre histoire de la fritillaria imperialis est totalement différente des contes de marins avec tous leurs trésors, talismans et malédictions. Notre fritillaria imperialis est solide. Tout comme l'Arc de Ctésiphon, qui subit des dommages sans s’écrouler. Notre tulipe, si elle est brûlée dans les flammes, renaîtra comme un phénix. Le phénix se retournera pour la liberté, s'écroulant sur lui-même et sur son propre sang, et renaîtra de ses cendres et de son feu, encore et toujours. Il se jette dans le champ et le désert ; le sang ne s'efface pas dans la terre ; le feu ne disparaît pas non plus dans la terre. Il renaîtra. Il exploitera la vie. Il vivifiera la jeunesse. Jamais ce cycle ne prendra fin.
—Shabahang Tayyari
Traduit par Baptiste Renoux (Français)
Note : Dans l'histoire mythologique et le folklore persans, la fritillaria imperialis était autrefois un lys dressé, mais qu'une fois témoin du meurtre du légendaire prince perse Siyavosh, elle inclina sa fleur pour pleurer respectueusement le martyre du héros innocent.