Ended Nov 20
Ulla von Brandenburg
Mimesis
Oct 16 – Nov 20, 2021
More from Ulla von Brandenburg on Gallop
[Scroll down for French version / Veuillez trouver ci-dessous la version française]
Ulla von Brandenburg creates spaces that question the relationship between the whole and its parts. In her films, installations, quilts and watercolours, the artist draws on the worlds of theatre, dance and painting, and hijacks their conventions and decides on new game rules. By breaking apart from academism, the artist proposes to place experimentation at the heart of the creative process. Her plural practice addresses the collective, the conditions of its appearance, its harmony and its permanent reinvention.
Large sections of fabric are deployed in the gallery, creating new perspectives within the space in which they are installed. These “soft architectures” present threshold spaces to be crossed, symbolising the passage between reality and fiction. Like masks and costumes on the building’s scale, they are also environments designed to welcome and involve the spectators.
They may sit on the mattresses on the floor and watch the film Feste Erde, Flüssiger Wind (“Firm Earth, Liquid Wind” in French). On the screen, the Super 16 mm camera rotates on its axis and follows the dancers as they make a circle and then explore different positions and movements, between ritual dance and tableaux vivants. As in other films, Ulla von Brandenburg has teamed up with a choreographer to experiment with movements inspired by so-called free dance. This research proposes the experience of living together where the individual retains a place and a singular role while being fully part of the group. Leaning against the wall, the human-sized dolls restore the bodies of the absent performers.
Inspired by different forms of traditional habitat - tent, hut, creel - Ulla von Brandenburg questions the relationship we have with our living space as well as the rituals and objects that make up our daily theatre. The artist has placed elements from her personal collection and archives (masks, old books, preparatory drawings, ribbons, fragments of models, reproductions of images) on pink-painted tables, forming a constellation of visual references linking dance and trance, emotion and movement.
One of the posters presented on these tables, found at a flea market, influenced the composition of a series of five quilts entitled Zusammen/Allein (“Ensemble/Seul” in French) presented at the Palais de Tokyo in 2020. Since 2004, Ulla von Brandenburg has been producing quilts that can be presented alone or with figures, in installations or performances. A social and political phenomenon in the United States, patchwork (quilt) was used by artists who wished to revalorise artisanal techniques that conveyed stories of transmission and hope for transformation.
Quilts and watercolours respond to each other: with their large colourful expanses, the pieces of fabric are combined like flat, painted areas, while the papers are assembled like patchwork. Several portraits depict dancers in an artistic trance or looking at us defiantly. This face-to-face encounter creates a community of gazes between the figures and the visitor-spectators. The drips that run across the paper bear witness to a gesture that leaves room for spontaneity, randomness and ambiguity. One must approach the image and linger on the details to find the abstraction of the artist’s quilts and monumental installations.
Ulla von Brandenburg thus questions the relationship between art and the world, between fiction and reality, between truth and illusion, between rationalism and spirituality. Through movement and assemblage, she sets up an exploratory and relational method that draws the possibilities of a better world
*****
Ulla von Brandenburg conçoit des espaces qui interrogent la relation du tout à ses parties. Dans ses films, ses installations, ses quilts et ses aquarelles, l’artiste puise dans les univers du théâtre, de la danse et de la peinture, détourne leurs conventions et détermine les nouvelles règles du jeu. En rompant avec les académismes, l’artiste propose de placer l’expérimentation au cœur du processus de création. Sa pratique plurielle s’adresse au collectif, aux conditions de son apparition, de son harmonie et de sa réinvention permanente.
De grands pans de tissus sont déployés dans la galerie, créant de nouvelles perspectives à l’intérieur du lieu où ils s’inscrivent. Ces « architectures molles » mettent en scène des espaces-seuils à franchir qui symbolisent le passage entre la réalité et la fiction. Masques et costumes à l’échelle du bâtiment, ce sont aussi des environnements conçus pour accueillir et impliquer les spectateurs.
Ils peuvent s’asseoir sur les matelas-estrades posés au sol et regarder le film Feste Erde, Flüssiger Wind (« Terre ferme, vent liquide » en français). A l’écran, la caméra Super 16 mm tourne sur son propre axe et suit les danseurs et les danseuses qui font une ronde avant d’explorer chacun et chacune des positions et des gestes différents, entre danse rituelle et tableaux vivants. Comme pour d’autres films, Ulla von Brandenburg s’est associée à une chorégraphe pour expérimenter des mouvements inspirés de la danse dite libre. Ces recherches proposent l’expérience d’un vivre ensemble où l’individu conserve une place et un rôle singulier tout en faisant pleinement partie du groupe. Adossées au mur, les poupées à taille humaine restituent le corps des performeurs absents.
En s’inspirant de différentes formes d’habitat traditionnel - tente, cabane, nasse - Ulla von Brandenburg questionne les rapports que l’on entretient avec notre lieu de vie ainsi que les rituels et objets qui composent notre théâtre quotidien. L’artiste a disposé sur des tables peintes en rose des éléments de sa collection personnelle et de ses archives (masques, livres anciens, dessins préparatoires, rubans, fragments de maquettes, reproductions d’images) qui forment une constellation de références visuelles en lien avec la danse et la transe, l’émotion et le mouvement.
Une des affiches présentées sur ces tables, trouvée en brocante, a influencé la composition d’une série de cinq quilts intitulée Zusammen/Allein (« Ensemble/Seul » en français) présentée au Palais de Tokyo en 2020. Depuis 2004, Ulla von Brandenburg produit des quilts qui peuvent être présentés seuls ou avec des personnages, au sein d’installations ou de performances. Phénomène social et politique aux Etats-Unis, le patchwork (« quilt » en anglais) a été employé par des artistes qui souhaitaient revaloriser des techniques artisanales porteuses d’histoires de transmissions et d’espoir de transformations.
Quilts et aquarelles se répondent : avec leurs larges étendues colorées, les morceaux de tissus se combinent comme des aplats en peinture, tandis que les papiers sont assemblés comme un patchwork. Plusieurs portraits représentent des danseuses et des danseurs plongés dans une transe artistique ou nous regardant avec défiance. Ce face à face crée une communauté de regards entre les personnages et les visiteurs-spectateurs. Les coulures qui parcourent le papier témoignent d’un geste qui laisse une place à la spontanéité, à l’aléatoire et à l’ambiguïté. Il faut s’approcher de l’image et s’attarder sur les détails pour retrouver l’abstraction des quilts et des installations monumentales de l’artiste.
Ulla von Brandenburg questionne ainsi le rapport de l’art au monde, de la fiction au réel, de la vérité à l’illusion, du rationalisme à la spiritualité. Par le mouvement et l’assemblage, elle met en place une méthode exploratoire et relationnelle qui dessine les possibilités d’un monde meilleur.










