Maya Hottarek

Ended

Maya Hottarek

Snail Mathematics

Mar 22 – May 3, 2025

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“I‘m not telling that story”, writes author Ursula K. Le Guin in The Carrier Bag Theory of Fiction from 1988. And she continues: “We‘ve heard it, we‘ve all heard all about all the sticks and spears and swords, the things to bash and poke and hit with, the long, hard things, but we have not heard about the things to put things in, the container for the thing contained. That is a new story.” This short essay has been with me for several years. How beautiful to come across it again for Maya Hottarek‘s exhibition Snail Mathematics. For Ursula K. Le Guin, science fiction is a way of telling alternative stories. I think art also has this potential. For example, the story that the first and most relevant invention of humankind was not a spear or an arrow, but a container. A pouch. A hand-woven bag in which nuts, berries, fruits or herbs could be collected, brought home and shared with your loved ones. A bag in which stories could also be kept and passed on around the fire.

Particularly for the bronze works with the net-like forms, Maya writes to me in an email, her essay was relevant. Maya produced the works at the Fonderia Battaglia in the periphery of Milan. She wove nets out of cotton and cast them in bronze trough the lost-wax process. Maya uses her net-like bags to collect snail shells (found around the foundry building) and things she has in her pockets: a key fob, gummy bears. Things that are important to the artist at this moment. And that are therefore in her handbag or in her pocket (today it is earplugs, a lip gloss and an essential oil). „[...]... and then later you take it out and eat it or share it or store it up for winter [...] or put it in the medicine bundle or the shrine,’ writes Ursula K. Le Guin. Also, these objects Maya casts in bronze, reflecting on the significance of the essential little things that are important at a particular moment. Talisman-like objects that bring luck or provide security and that the artist might place in one of her almost shrine-like wall objects with the blue cyanotype fronts.

For Maya, it is also about networks and structures in a broader sense, which can accompany us as guiding grids through everyday life – for example, a to-do list – as on Wednesday, another of her blue, cyanotype works. The pouch with nourishing fruits for tomorrow. “A kind of modern survival tool”, says Maya. And this is where snail math’s comes in. It is a reference to Maya‘s fascination with those moments when science and supposedly irrational experiences intersect. The spiral of the snail shell, the arrangement of the scales on a pine cone, but also the arrangement of architectural elements in a façade by the Renaissance architect Filippo Brunelleschi or the patterns in psychedelic perceptions that correspond to the mathematical concept of the Fibonacci sequence. And the insight that we probably can only cope with the complex and fragile present of our contemporary world with rational and irrational knowledge and experience. And the snails? They appear in Maya‘s work from time to time. In snail secret/secretion, a snail and the moon are looking at each other. The somehow wise face of this moon, floating above a shining water surface, captivates me. For Maya, the snails are also a kind of self-portrait and, in this sense, a reflection on navigating the world. In the bronze sculptures, the snails are in a web, in a grid – of life? of society? – in which they, like Maya, like me, must find their bearings. And where the essential oil in my handbag, the nuts in the woven cotton bag, and yes! – the stories hidden in there too, can help.

—Gioia Dal Molin, March 2025

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"Je ne raconte pas cette histoire", écrit l'auteure Ursula K. Le Guin dans The Carrier Bag Theory of Fiction de 1988. Et elle continue : "Nous l'avons entendue, nous avons tous entendu parler des bâtons, des lances et des épées, les choses pour frapper, piquer et heurter, les longues choses dures, mais nous n'avons pas entendu parler des choses dans lesquelles on met des choses, du contenant pour la chose contenue. C'est une nouvelle histoire."

Ce court essai m'accompagne depuis plusieurs années. Quelle joie de le redécouvrir à l'occasion de l'exposition Snail Mathematics de Maya Hottarek. Pour Ursula K. Le Guin, la science-fiction est une manière de raconter des histoires alternatives. Je pense que l'art a aussi ce potentiel. Par exemple, l'histoire selon laquelle la première et la plus pertinente invention de l'humanité n'était pas une lance ou une flèche, mais un contenant. Une bourse. Un sac tissé à la main dans lequel on pouvait collecter des noix, des baies, des fruits ou des herbes, les ramener chez soi et les partager avec ses proches. Un sac dans lequel des histoires pouvaient aussi être conservées et transmises autour du feu.

En particulier pour les œuvres en bronze avec des formes en filet, Maya m'écrit dans un e-mail que son essai était pertinent. Maya a produit ces œuvres à la Fonderia Battaglia, en périphérie de Milan. Elle a tissé des filets en coton qu'elle a coulés en bronze par le procédé de la cire perdue. Maya utilise ses sacs en forme de filet pour collecter des coquilles d'escargots (trouvées autour du bâtiment de la fonderie) et des choses qu'elle a dans ses poches : un porte-clés, des bonbons gélifiés. Des objets qui sont importants pour l'artiste à ce moment précis. Et qui se trouvent donc dans son sac à main ou dans sa poche (aujourd'hui, ce sont des bouchons d'oreilles, un lipgloss et une huile essentielle). " [...] et puis plus tard, tu les sors et tu les manges ou les partages ou les stockes pour l'hiver [...] ou tu les mets dans le paquet de médecine ou le sanctuaire", écrit Ursula K. Le Guin. De même, ces objets que Maya coule en bronze, réfléchissant à la signification des petites choses essentielles qui sont importantes à un moment donné. Des objets tels des talismans, qui portent chance ou apportent sécurité, et que l'artiste pourrait placer dans l'un de ses objets muraux presque semblables à des autel, avec des faces en cyanotype bleu.

Pour Maya, il est également question de réseaux et de structures au sens large, qui peuvent nous accompagner comme des grilles directrices à travers la vie quotidienne – par exemple, une liste de choses à faire – comme à mercredi, une autre de ses œuvres bleues en cyanotype. Le sac avec des fruits nourrissants pour demain. "Une sorte d'outil de survie moderne", dit Maya. Et c'est là que les snails mathematics entrent en jeu. Il s'agit d'une référence à la fascination de Maya pour ces moments où la science et les expériences soi-disant irrationnelles se croisent. La spirale de la coquille d'escargot, l'agencement des écailles sur une pomme de pin, mais aussi l'agencement des éléments architecturaux dans une façade de l'architecte de la Renaissance Filippo Brunelleschi ou les motifs dans les perceptions psychédéliques qui correspondent au concept mathématique de la séquence de Fibonacci. Et l'idée que nous pouvons probablement seulement faire face au présent complexe et fragile de notre monde contemporain avec des connaissances et des expériences rationnelles et irrationnelles. Et les escargots ? Ils apparaissent de temps en temps dans le travail de Maya. Dans snail secret/secretion, un escargot et la lune se regardent. Le visage quelque peu sage de cette lune, flottant au-dessus d'une surface d'eau brillante, me captive. Pour Maya, les escargots sont aussi une sorte d'auto-portrait et, en ce sens, une réflexion sur la manière de naviguer dans le monde. Dans les sculptures en bronze, les escargots se trouvent dans un filet, dans une grille – celle de la vie ? de la société ? – dans laquelle eux, comme Maya, comme moi, doivent se repérer. Et où l'huile essentielle dans mon sac à main, les noix dans le sac tissé en coton, et oui ! – les histoires cachées là-dedans aussi, peuvent aider.

—Gioia Dal Molin, mars 2025

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