Ended Dec 18

Max Hooper Schneider

Damaged by Miracles

Oct 21 – Dec 18, 2021

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Damaged by Miracles evokes a story of time, memory, and loss, presenting a series of fragmented dreamscapes whose times and places intersect, hovering in a transitional perimortal state, evocative of both loss and resurrection. The story told by these hallucinatory cosmoi oscillates between two familiar reflections on death and decay.

The first is Walter Benjamin's analysis of Paul Klee's Angelus Novus, the angel of History. What the angel sees when looking backward is a pile of rubble: death, destruction, ruins, failure. History is a graveyard.

The second is that of Russian cosmist, Nikolai Fedorov: death is a mistake, a flaw in the design of nature. But because death is simply an alteration of a material state, rather than an end or conclusion, humans can develop strategies for material preservation: the graveyard becomes a field of miraculous potential: a chthonic garden of aluminum machines blossoming out of crocodilian fossils from the Eocene; a catalogue of copper entombments; a rococo chamber housing a heterogeneity of traumatized cultural artifacts; an office crypt containing a holobiont comprised of a chrome invertebrate, buttresses of dank, glossy kelp and estuarine detritus. Nothing remains still, silent, or as it seems.

In previous exhibits the concept of the Trans-Habitat and the aesthetics of succession were foregrounded. In the present exhibit this conceptual framework is retained. What is offered, however, is a different prism for viewing the transformative onslaught, one that is sharply focused on the transitional state of perimortum and is cognizant of the conflicting sensations elicited by the simultaneity of presence and absence: that of loss but also the promise of a return. We keep Fedorov’s insistence that nothing is destroyed—molecules, flesh, machines come apart and recombine in different form, our beloved becomes fodder for another life. Nonetheless we recognize, as we stand with Benjamin in the graveyard, that this knowledge does not console: we want to hold on: to preserve rather than let go; to exist in the reality of eternal perimortum.

Memory is not a reliable agent of preservation: it is sly and as transient as time and, while it may erupt randomly, it is not available to resuscitate the dead at will. Materials, on the other hand, in their strong physicality, have had a strategic role to play in the safeguarding of what has been lost: tombstones, shrines, memorials, museums, ruins, bones and ashes, a lock of hair, an unwashed garment, bodies preserved by cryogenesis and mumification, taxidermy and formaldehyde—and historically works of art—appear to preserve what was, kindling the hope for the longed-for reunion. But this possibility is instantaneously destroyed by the same materials that in their damaged, fragmented state force the recognition that what was now exists as remains. There will be many second comings but not the one desired.

The tension between acknowledgement and denial, between Benjamin’s graveyard and Fedorov’s resurrection, is concretized in the works exhibited in the gallery’s four rooms. Each dreamscape explores, though the use of materials that have been subjected to the damages of time—rot, decay, fragmentation, fossilization, mechanization, changes in odor and color—the contradictions involved in confronting death and loss. Their kinetic, machinic aspects, existing in contrast with the apparently dead elements of the sculptures, are suggestive of perimortal dynamism. As appropriate for the age of crisis and pandemics, the works are melancholic, intended to evoke both the joy of what was, is still there, but also the pain and sadness of what is no more and will never be again: the miracles, damaged, have become corpses that will live again if not as you wish.

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Damaged by Miracles évoque une histoire de temps, de mémoire et de ruine à travers une série de paysages oniriques fragmentés dont les temporalités et les espaces se croisent, planant dans un état péri-mortel transitoire qui suggère à la fois la perte et la résurrection. L'histoire racontée par ces cosmoi hallucinatoires oscille entre deux considérations connues sur la mort et la décadence.

La première est l’analyse de Walter Benjamin de l’Angelus Novus de Paul Klee: l’ange de l’Histoire. En observant derrière lui une pile de décombres, l’ange n’y voit que mort, destruction, ruine et faillite. l’Histoire est un cimetière.

La seconde est celle du cosmiste russe Nikolai Fedorov: la mort est une erreur, un défaut dans le dessein de la nature. Pourtant, étant donné que la mort n’est qu'une altération d’un état physique, plutôt qu’une fin ou une conclusion, les humains peuvent développer des stratégies pour la préservation matérielle. Le cimetière devient ainsi un champs de potentialités miraculeuses: un jardin chtonien de machines en aluminium qui éclosent de fossiles de crocodiles du Eocène; un ensemble de tombeaux en laiton; une salle en style rococò abritant une collection hétérogène d’artefacts culturels traumatisés; un bureau-crypte enfermant un holobionte composé d’un invertébré chromé couvert d’algue humides et brillantes et de détritus estuariens. Rien ne reste immeuble, silencieux ou tel qu’il apparaît.

Les expositions précédentes présentaient déjà le concept du Trans-Habitat et une esthétique basée sur l’accumulation. Ici, ce cadre conceptuel est conservé. Cependant, ce qui est proposé est un prisme spécifique pour matérialiser la force transformatrice. Ce prisme est centré sur l'état transitionnel du périmortem et prend en compte les sensations conflictuelles suscitées par la simultanéité de la présence et de l'absence: la perte mais aussi la promesse d'un retour. L'instance de Fedorov vaut toujours: rien n'est détruit - les molécules, la chair, les machines se séparent et se recombinent sous différentes formes et notre être bien-aimé deviendra l’engrais d’une autre vie. Cependant, lorsque nous sommes avec Benjamin dans le cimetière, nous savons que cette connaissance ne peut nous consoler: nous voulons garder et conserver plutôt que laisser partir; exister dans l'état du périmortem éternel.

La mémoire n'est pas un agent de conservation fiable: elle est sournoise et aussi éphémère que le temps et, bien qu'elle puisse surgir au hasard, elle n'est pas disponible pour ressusciter les morts au plaisir. Les matériaux, en revanche, dans leur forte physicalité, ont toujours eu un rôle stratégique dans la sauvegarde de ce qui est perdu: pierres tombales, sanctuaires, monuments commémoratifs, musées, ruines, ossements et cendres, une mèche de cheveux, un vêtement non lavé, des corps préservés par cryogénie et momification, taxidermie et formaldéhyde et, historiquement, des œuvres d'art qui semblent préserver ce qui était, attisant l'espoir des retrouvailles tant désirées. Mais ce fantasme est instantanément détruit par les matériaux mêmes qui, endommagés et fragmentés, nous forcent à reconnaître que ce qui était n’existe désormais qu’en tant que reste. Il y aura de nombreux retours mais jamais celui souhaité.

La tension entre la connaissance et le déni, entre le cimetière de Benjamin et la résurrection de Fedorov, se concrétise dans les œuvres exposées dans les trois salles de la galerie. Chaque paysage onirique explore les contradictions impliquées dans la confrontation à la mort et à la perte, à travers l'utilisation de matériaux qui ont été soumis aux dommages du temps: pourriture, décomposition, fragmentation, fossilisation, mécanisation, changements d'odeur et de couleur. Leurs aspects cinétiques et machiniques, contrastant avec les éléments apparemment figés des sculptures, suggèrent un dynamisme périmortel. Comme il convient à l'ère des crises et des pandémies, les œuvres sont mélancoliques, destinées à évoquer à la fois la joie de ce qui était et qui est toujours là, mais aussi la douleur et la tristesse de ce qui n'est plus et ne sera plus jamais: les miracles, abîmés, sont désormais des cadavres qui vivront à nouveau, même si ce n'est pas exactement comme vous le souhaiteriez.

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