Ended Jul 22

Nina Childress

Unisexe

May 13 – Jul 22, 2023

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Art : Concept presents the first exhibition by Nina Childress in which she investigates the history of desire through painting. Here, boys and girls with long seventies’ hair, rockers, and groupies all united by sex. United, but not equal, neither in number nor in size, with two big heads of a still teenage Pamela - Nina, as we know, works on repetition- Pamela A (Anderson) well before her Baywatch years, and her more confidential version, blonde double, Pamela B (Des Barres). Two “girls next door”, nice girls, wearing a peter-pan collar on a pink sweater, a royal blue sweater, middle-parted hair that frames, like curtains, a smiling face, eyes bigger than real. Eyes sometimes over dimensioned to the point of caricature, they have that in common with the boys whom they dominate from their 2m60 on 2m10 canvasses. Among these guys with beautiful hair, rhinestones and sequins, there are those they will marry years later: Husband (Tommy) Lee, superstar drummer of Mötley Crüe, and his light version Husband (Michael) Des Barres singer of the group Silverhead, two young and pretty bad boys with the appearance of girls, yellow eyes and bare nipples.

Nina Childress depicts this still virgin moment, when characters fantasize of one another in a unisex relationship of mirroring and projection. And this is the subject of her painting: a game of mirrors that she lays down without irony on silver canvases, holographic fabrics; just to “reflect” a little this figurative painting that wallows elsewhere in hyper realistic fantasies. You want realism? Wish to stick to reality? Accessorize! answers the artist who literally makes use of strass, ties, shirt laces and scarves.

Nina’s figuration is an optical art that does not seek the amazement of the “so well painted” but the deceptive focus of the gaze: a painting that lights up in the dark, flattens in the light - the phosphorescent Prince hidden in the very last room - or the portrait of four bubble-gum-rockers on a holographic fabric that vibrates and changes according to our movements. This is a painting of illusions that plays on questions of rhythm at all levels.

No scenes of concerts, backstage, these rockers and groupies are isolated, each one portrayed on his/her canvas, in a music-poster situation. It is a matter of pose for a sexual distance. They do not have sex. Not yet. They look at each other, desire in their eyes, which are very wide open.

And then there is the one who is offside, a single and narcissistic idol sculpted in white metal. Patrick Juvet is planted on a pedestal, bare chested, head caricatured. He is not English, nor American; stranger to any rock mythology, just a nice Swiss guy with long hair, a “unisex” lure all by himself. In 1973 he sings Rappelle-toi minette (Remember, babe). Fifty years later, yes, we remember.

—Laurent Goumarre

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Première exposition chez Art : Concept, et Nina Childress signe son histoire du désir en peinture. Ici des garçons et des filles aux cheveux longs seventies, rockeurs et groupies tous unis par le sexe. Unis, mais pas égaux, ni en nombre ni en taille, avec deux grosses têtes de deux Pamela encore adolescentes — Nina, on le sait, travaille le redoublement — : Pamela A (Anderson) bien avant les années Alerte à Malibu, et sa version plus confidentielle, doublure blondinette, Pamela B (Des Barres). Deux girls next door, des filles sympas, col claudine sur pull rose, pull bleu roi, la raie au milieu pour des cheveux qui encadrent, comme des rideaux, le visage qui sourit, les yeux plus grands que réel. Ces yeux dimensionnés parfois jusqu’à la caricature, elles les ont en commun avec les garçons qu’elles dominent de leur 2m60 sur 2m10. Parmi ces types aux belles tignasses avec strass et paillettes, il y a ceux qu’elles épouseront des années plus tard : Husband (Tommy) Lee, batteur superstar de Mötley Crüe, et sa version light Husband (Michael) Des Barres chanteur du groupe Silverhead, deux jeunes et jolis bad boys aux allures de filles, yeux jaunes et tétons exhibés.

Nina Childress peint ce moment encore vierge, où les unes rêvent aux autres dans une relation unisexe de miroir et de projection. Et c’est là le sujet de sa peinture : un jeu de miroir qu’elle travaille sans ironie sur des toiles argentées, tissus holographiques ; histoire de « réfléchir » un peu cette peinture figurative qui se vautre ailleurs dans des fantasmes hyperréalistes. Vous voulez du réalisme ? coller au réel ? Accessoire ! répond l’artiste qui accroche littéralement strass, cravate, lacet de chemise et foulard.

La figuration chez Nina est un art optique qui ne cherche pas la sidération du « tellement bien fait » mais la mise au point déceptive du regard : une peinture qui s’éclaire dans l’obscurité, s’aplatit à la lumière — le Prince phosphorescent caché dans la toute dernière salle — ; ou le portrait de quatre rockeurs bubble gum sur tissu holographique qui vibre et change selon nos déplacements. Voilà une peinture d’illusions qui joue sur des questions de rythme à tous les niveaux.

Pas de scènes de concerts, de backstage, ces rockeurs et groupies sont peints isolés, chacun sa toile, en situation de posters. C’est une affaire de pose pour une mise à distance sexuelle. Ici on ne couche pas. Pas encore. On se regarde, le désir est dans les yeux ; ils sont très grands ouverts.

Et puis il y a celui qui est hors-jeu, idole célibataire et narcissique sculptée en métal blanc. Patrick Juvet est posé-soclé, le torse nu, sa tête caricaturée. Il n’est pas Anglais, ni Américain ; hors de toute mythologie rock, c’est un gentil Suisse aux cheveux longs, un leurre sexuel, « unisexe » à lui tout seul, qui en 1973 chante Rappelle-toi minette. Cinquante ans plus tard, oui, on se rappelle.

—Laurent Goumarre

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