Ended
Hatice Pinarbaşi
Silent Choral
Apr 20 – Jun 8, 2023
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In Silent Choral, Hatice Pinarbaşi presents a silent cry, one of those that we stifle/ about those who are choked..
A veiled song, a burnt cry, a silent lamentation... More than a melody to listen to, these are voices that must be heard. It is about crossing the border, this pearls curtain and shards of glass, to enter the world of ghosts and invisible. There, long sails hanging or suspended are raised suggesting draped, inflamed, made up bodies – of these flowing forms emerge faces in tension. Every note of music reveals facial expressions, and it’s a real chorus that unfolds and watches us, ready to vibrate its strings. We appeal to the power of music – to unite our voices and make our breasts ring, to form a collective body in unison, in harmony. From the power of the song that captivates, gathers, enchants or makes you shudder.
Through the drape that suggests, offers as much as it conceals and protects, the artist summons the veil to evoke the political history of women’s bodies, as to give body to the painting, in order to embody those that are erected as muse or trampled on as victim. The artist invites the ghosts of her childhood, of the Kurdish culture in which she grew up, to the deaf voices of Alevism that inhabit her practice.
It is a question of opening the curtain, of lifting the veil on things that can no longer be silenced. And as if to overcome this silence, the artist shouts. Drawing from the orality of forms, borrowing the language of music, mathematics, signs and symbols, Hatice Pinarbaşi composes a strange language, illiterate and vindictive.
—Juliette Lecorne, April 2023
Translated from the original text in French
Hatice Pinarbaşi (b. 1993) lives and works in Paris. She studied at École des Beaux-Arts de Paris. Her work frees itself from painted surfaces alone to unfold in space, form words, and transform into figures. Preferring play to mastery, she combines her pictorial practice with a taste for reading and languages as well as non-verbal humour in scenic and narrative environments.
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C’est un cri silencieux, de ceux qu’on étouffe qu’Hatice Pinarbaşi présente dans Silent Choral. Un chant voilé, un cri brûlé, une lamentation muette... Plus qu’une mélodie à écouter, ce sont des voix qu'il faut entendre. Il s’agit de franchir la frontière, ce rideau de perles et de tessons de verre, pour pénétrer dans le monde des fantômes et des invisibles. Là, de longs voiles pendus ou suspendus, se dressent suggérant des corps, drapés, enflammés, maquillés – de ces formes coulantes émergent des visages en tension. Chaque note de musique révèle des expressions faciales, et c’est un véritable chœur qui se déploie et nous observe, prêt à faire vibrer ses cordes. On en appelle à la puissance de la musique – unir ses voix et faire résonner les poitrines, former un corps collectif à l’unisson, en harmonie. De la puissance du chant qui envoute, regroupe, enchante ou fait frémir.
Par le drapé qui suggère, offre autant qu’il dissimule et protège, l’artiste convoque le voile pour évoquer l’histoire politique du corps des femmes, comme pour donner corps à la peinture, afin d’incarner celles qu’on érige en muse ou qu’on piétine en victime. L’artiste invite les fantômes de son enfance, de la culture kurde dans laquelle elle a grandi, aux voix sourdes de l’Alévisme qui habitent sa pratique.
Il s’agit ici d’ouvrir le rideau, de lever le voile sur les choses qu’on ne saurait taire. Et comme pour pallier ce silence, l’artiste pousse un cri. Puisant dans l’oralité des formes, en empruntant le langage de la mu- sique, des mathématiques, des signes et des symboles, Hatice Pinarbaşi compose une langue étrange, analphabète et vindicative.
Il faut bien inventer une langue nouvelle pour dire ce qui est tut, il faut bien écouter la voix des fantômes pour faire résonner les vivant.e.s.
—Juliette Lecorne, avril 2023

