Ended Dec 17
Genesis Belanger
Blow Out
Oct 15 – Dec 17, 2022
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Blow Out, the title for Genesis Belanger’s second solo exhibition at the gallery, features all-new mixed-media sculptures as well as works on paper that narrate a meta-storyline about high-living heartbreak. Belanger has fashioned three linked mise-en-scènes —a closeout sale, banquet hall, and hospital room—turning the gallery into a Surrealist theatre. Each chamber is designed to dramatize an outtake on the title’s many-sided meanings.
Belanger’s practice at large is centered on the creation of sculptural objects and tableaux that perform narratives about gender and power. With subject matter informed by centuries of visual culture, from advertising and comics to art history, her magnetic and moody objects traffic in hyper-capitalist torment. She weaponizes glamour and humor to survey an image-possessed present. Her content and approach are informed by art movements, from the Baroque, Pop art and Surrealism, to Chicago Imagism, as well as her professional experiences inside the fashion industry. She hand-builds her objects from flat patterns carved out of clay sheets rolled out as a slab. Sometimes she combines them with furniture of her own invention. She never uses glazes but pigments her clay bodies with powdered tints whisked in with a kitchen mixer. Her palette is soft and honeyed and flaunts a midcentury air. Over time, her installations have become more complex as her narratives have grown thornier. She composes spaces where time is suspended, intensified, and tangible, riffing on waiting areas, hospital rooms, funeral parlors, and banquet halls. Her vanitas symbolism spotlights aspiration and deceit to expose the hidden extremes dwelling inside everyday objects we consume, wear, and carry.
Visitors to Blow Out move through Belanger’s world building in discreet interiors designed to unfold like acts in an absurd play. The first scene is a deserted “discount store.” Three ceramic and powder coated steel sculptures impersonate a shopping cart, retail shelf, and vending machine—avatars for the bubbles and busts of the American dream. Ironically titled Healthy Living is a gleaming pushcart brimming with a surplus of phallic goods: a soda pop baring a writhing tongue, an open container of milk with a flaccid straw, a saggy asparagus bunch, a hot dog in a bun, and a potted cactus. Impulse Buy debuts Belanger’s latest experimentations in the studio: wall mounted dioramas with personalized cameos. Replete with handmade tiles, it parades condiments, sweets, and a woman’s manicured hand and shoe. The room’s centerpiece is a life-size bubble gum machine, Three for One. Its sunny demeanor masks a darker yarn about illogical aspirations and washed-up ambitions.
The next room reveals the debauched remains of a decadent party. A reposing nude in pieces lounges on a shapely upholstered teal chaise. Lavish flower arrangements, a succulent orange plant, and a pair of table lamps in a frilly chemise flank the extravagant mess of a spilled bowl of fruit sailing on a magic carpet. A dejected neurotic is personified in a sequence of wall-mounted dioramas resembling miniaturized stages that amplify Belanger’s scale shifts on repeat throughout the show. A downcast head and a hand clutching a shattered mirror is encircled by prescription drugs, deflated balloons, and fancy candies. Severed is festooned with heavy curtains. A lady’s polished foot, with two amputated toes, peeks out from under hefty pink pleats. A busted outlet overstuffed with king-size adaptors dangles a pair of fried wires.
The third room possesses an even more sinister vibe. It is the office of a depraved plastic surgeon. A woman’s minced body parts, an uncorked champagne bottle, and a sectioned orange are scattered on a purple gurney. Pink straps loop slackly around her limbs. Sited on a nearby surgery table is an oddball cast of jokey and creepy items, a prickly plant, a tape dispenser wagging a frisky tongue, three prettified finger stubs, a wrench, and a jumbo molar. Behind a privacy screen, in alternating shades of blues and lilac, is a line of ladies in waiting. Their identities are almost entirely concealed except for the stylish footwear that protrudes out from under the curves of its substantial folds. A chorus of four big-chested handmaidens, headless and prettily bloused, flank the wings. Are they standing by for their turn or assisting Dr. Death?
The exhibition closes with a series of animated and dreamlike watercolors and gouaches—Belanger’s latest foray into paintings on paper. Her process always starts with drawing. Her objects and settings are based on sketches she makes daily in graphite and ink inside bound notebooks and on loose paper. Each is set inside vibrant lacquered frames color-matched to eye-catching palettes. Their themes show off Belanger’s signature fem-pop glossary—high-gloss hands and feet, delicately shaded prescription pills, all- American edibles, and fleshy flowers—echoed throughout the exhibition.
What makes Belanger’s creations so disconcerting is their in-built humanism. Biases and stereotypes are trumpeted in objects choreographed in redolent vignettes that are characteristically relatable. A seductive conjuring that manifests life’s horror and splendor.
—Amy Smith-Stewart, Chief Curator at The Aldrich Contemporary Art Museum
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À l’occasion de Blow Out, sa seconde exposition individuelle à la galerie, Genesis Belanger présente de toutes nouvelles sculptures, ainsi que des œuvres sur papier qui retracent en filigrane le récit d’une déception amoureuse dans un contexte mondain. L’artiste a élaboré trois mises en scène qui se répondent —un magasin, une salle de banquet et une salle d’hôpital — , transformant ainsi la galerie en théâtre surréaliste. Chacun de ces espaces est pensé pour incarner l’une des multiples significations du titre.
La pratique de Genesis Belanger est axée sur la création objects sculpturaux et la composition de tableaux qui revêtent une dimension narrative sur les thématiques du genre et du pouvoir. Influencés par une culture visuelle séculaire, qui s’étend de la publicité à la bande dessinée en passant par l’histoire de l’art, les objets à la fois maussades et fascinants sont ballottés au cœur d’un tourment hypercapitaliste. L’artiste manie glamour et humour comme des armes pour passer au crible un présent obsédé par l’image. Elle puise son inspiration aussi bien dans différents courants artistiques, tels que le baroque, le pop art, le surréalisme ou les imagistes de Chicago, que dans son expérience professionnelle dans le secteur de la mode. Les objets sont façonnés à la main à partir de motifs en deux dimensions, taillés dans des plaques d’argile étalées sur un plan de travail. Genesis Belanger y associe parfois du mobilier de son invention. Elle n’émaille jamais ses pièces de céramique, mais les pigmente avec des poudres colorées mélangées à l’aide d’un robot de cuisine. Sa palette de tons, douce et délicate, évoque l’esthétique des années 1950. Au fil du temps, ses installations et ses récits ont gagné en complexité. Elle compose des espaces où le temps est suspendu, densifié, tangible, qu’il s’agisse de salles d’attente, d’hôpitaux, de salons funéraires ou de salles de banquet. Le symbolisme de ses vanités évoque le désir et la tromperie, levant ainsi le voile sur les dimensions opposées intrinsèques aux objets du quotidien que nous consommons, que nous revêtons et que nous portons.
Le public de Blow Out évolue à travers l’univers de Genesis Belanger, pénétrant dans des intérieurs sobres qui se déploient comme les actes d’une pièce absurde. La première scène représente un magasin discount désert. Trois sculptures en céramique et en acier thermolaqué — un caddie, un rayonnage et un distributeur automatique — incarnent les espoirs déçus du rêve américain. Baptisé Healthy Living (La vie saine), non sans ironie, le caddie rutilant déborde de marchandises phalliques: une bouteille de soda affublée d’une langue ondulante, un carton de lait dont dépasse une paille tombante, une botte d’asperges amollies, un hot dog et un cactus en pot. La sculpture Impulse Buy est emblématique des dernières expérimentations de l’artiste en studio: des dioramas muraux ornés de camées personnalisés. Sur un fond de carreaux faits main, celui-ci présente des condiments, des sucreries, une main de femme manucurée et une chaussure. La pièce maîtresse de la salle est un distributeur de chewing-gums grandeur nature intitulé Three for One (Trois pour un). Son apparence joyeuse masque un récit plus sombre, fait de désirs absurdes et d’ambitions avortées.
La salle suivante révèle les vestiges impudiques d’une fête décadente. Les pièces détachées d’un nu au repos jonchent une voluptueuse méridienne capitonnée bleu sarcelle. De généreux arrangements floraux, un oranger luxuriant et une paire de lampe de table vêtue de froufrous flanquent un extravagant festin qui vogue sur un tapis volant. Une de séquence de dioramas muraux incarne la névrose et l’abattement dans un ensemble de scènes miniatures qui soulignent les changements d’échelle répétés par l’artiste tout au long de l’exposition. Autour d’une tête découragée et d’une main tenant un miroir brisé sont étalés des comprimés, des ballons dégonflés et des sucreries raffinées. La sculpture Severed (Sectionné) est ornée de lourds rideaux: un élégant pied de femme et deux orteils amputés dépassent sous les généreux plis roses. Sur une prise hors d’usage sont fixés de gros adaptateurs dont pendent deux câbles inutilisables.
L’ambiance de la troisième salle est encore plus sinistre. Il s’agit du bureau d’un chirurgien-plasticien crapuleux. Un corps de femme tranché en morceaux, une bouteille de champagne débouchée et une orange découpée sont éparpillés sur un brancard mauve. Des lanières roses enserrent mollement les membres humains. Non loin de là, une table d’opération exhibe une étrange série d’objets à la fois drôles et effrayants: une plante épineuse, un dévidoir à ruban adhésif révélant une langue frétillante, trois bouts de doigts manucurés, une clé à molette et une énorme molaire. Un paravent alternant des tons de bleu et de lilas cache des femmes anonymes qui font la queue. Seules leurs élégantes chaussures dépassent sous les larges ondulations du tissu. Un chœur de quatre bustes de servantes à la poitrine proéminente et joliment vêtue complète l’ensemble. Sont-elles en train d’attendre leur tour ou d’assister le Dr Jekyll ?
L’exposition s’achève avec une série d’aquarelles et de gouaches vivantes et oniriques. Il s’agit des tout derniers essais de peinture sur papier de l’artiste. Toutes les œuvres de Genesis Belanger naissent d’abord sous la forme de dessins. Ses objets et ses mises en scène sont inspirés de croquis au crayon et à l’encre qu’elle réalise quotidiennement dans des carnets et sur des feuilles volantes. Chaque composition est entourée d’un cadre verni de couleur vive, assorti à la palette de tons accrocheurs du tableau. Les images empruntent au vocabulaire féminin et populaire emblématique de l’artiste, que l’on retrouve tout au long de l’exposition: mains et pieds aux ongles vernis, comprimés aux teintes délicates, aliments typiquement américains et fleurs charnues.
Les créations de Genesis Belanger sont empreintes d’une humanité profondément troublante. Elles soulignent sans faux semblant nos biais et nos stéréotypes, à travers une chorégraphie d’objets savamment agencés sous la forme de vignettes évocatrices, auxquelles chacun pourrait s’identifier. Un tour de magie envoûtant qui nous donne à voir tout à la fois l’horreur et la splendeur de la vie.
—Amy Smith-Stewart, Chief Curator at The Aldrich Contemporary Art Museum










