What’s Your Gray Zone?

Ended

What’s Your Gray Zone?

Jun 22 – Jul 29, 2023

Rebecca Brodskis

Lou Cocody-Valentino

Esther Michaud

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Beyond being colors, black and white are opposites. They are markers that structure our worlds through their contrasts, signaling a camp to which we can relate in order to order our thoughts and guide our actions. Categories are an imperative for shaping the architecture of our environments, without which we would have no direction.

For its summer exhibition, Septieme explores the question that underlies its identity, that of the in-between. By refusing to adhere to one polarity or another, Septieme delves into the gray area between things, tackling the interstitial territories unaffiliated with groups, organizations, identifications and stratifications, inserting itself into the indistinct and the heterogeneous.

Deciding to compose in the gray zone means blurring categories and rendering them unusable. Refusing to tick boxes allows us to expel binary thinking and generate the new by making our view of the world more complex; it means including those who don’t fit into the system’s norms and emancipating ourselves from classifications. Stirring up space with its complexities in order to gray out the lines and furrows of identification, we participate in producing the multitude, authorizing the unpredictable and the indescribable. For Septieme, it is an act of liberation, an escape from collective authority through the regeneration of thought.

For this exhibition, Rebecca Brodskis, Lou Cocody-Valentino and Esther Michaud propose to destabilize our fixed perceptions, leading us into the imbalance of gray, free from the beacons of identification, allowing us to lose ourselves in the meanders of our imaginations.

Rebecca Brodskis’ paintings provoke a moment of doubt; it is impossible to associate her characters with preconceived notions. Decontextualized, they flirt with the lines of gender, origin and belonging, allowing us to observe them in their full individuality, as in the painting Antonella, of this gray-skinned woman with androgynous features. In Eldar, Rebecca brings hands out of the frame, breaking the lines of the painting. These hands belong to others, signifying the relationships possible when norms are transgressed, provoking a dialogue in unison.

Lou Cocody-Valentino explores the geography of underwater landscapes in her Underwaterscapes series, questioning their influence on identities and echoing the gray zone of the in-between. The ocean is what flows between two lands, what connects two spaces that face each other. Water is what infiltrates, dilutes and softens, deforming and relaxing materials until they are completely eroded, so that everything blends together and becomes entangled.

Gorgone Plume is a painting-sculpture; at once monolithic and fluid, this work is inspired by an underwater plant that can grow up to two meters high, swaying in the perpetual motion of the Caribbean Sea currents.

Halfway between sculpture and painting, Coral Map is a 3D “painting” representing an abstract map of a bleached coral reef fragment. Coral Map is composed of a wooden panel, painted and covered with recycled paper pulp, which seems to emerge from the wall. The piece is made using a variety of paints, giving it a glazed appearance that may evoke that of ceramic enamels.

As for Esther Michaud, she experiments with the realm between man and nature, often placed in opposition in Western thought. She painstakingly produces disturbing assemblages that deliberately sow doubt between what is man-made and what precedes it. Artifice blurs reference points, repairing before our very eyes the discontinuity established between Man and Nature; as in her works in the Mauvaises Herbes series, where Esther intentionally sneaks synthetic plant shoots between stones.

“The patients are mutant wood sculptures, posing as a conciliation, a symbiosis of natural and artificial orders. These fragments of branches have been collected for their peculiarities: some are devoured or fractured. Through an almost medical process, grafts are adapted to the singularity of the wood. In this way, they come closer to a technically-assisted nature in which artifice acts as an extension. These chimeras, in which conceptions of technology and nature mutually absorb each other, are posited as a hypothetical evolution of vegetation in the face of man’s influence.”

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Au-delà d’être couleurs, noirs et blancs s’opposent. Ce sont des repères qui structurent nos mondes par leur contraste, ils signalent un camp auquel se rattacher afin d’ordonner nos pensées et guider nos actes. Les catégories sont un impératif pour former l’architecture de nos environnements sans lesquelles nous n’aurions aucune direction.

Pour son exposition d’été, Septieme aborde le questionnement qui sous-tend son identité, celui de l’entre-deux. En refusant de se rallier à une polarité, Septieme creuse cette zone grise qui se glisse entre les choses. Elle attaque les territoires interstitiels non affiliés aux groupes, aux organisations, aux identifications, aux stratifications, s’insère dans l’indistinct et l’hétérogène.

Décider de composer dans la zone grise, c’est brouiller les catégories et avoir comme horizon de les rendre inutilisables. Refuser de cocher les cases permet l’expulsion d’une pensée binaire pour générer du nouveau en complexifiant la pensée que nous avons du monde ; c’est inclure ceux qui ne rentrent pas dans les normes du système et nous émanciper des classifications. Strier l’espacede ses complexités afin de griser les lignes et les sillons d’identifications, c’est participer à produire la multitude, autoriser l’imprévisible et l’indescriptible. C’est pour Septieme un acte de libération, une sortie de l’autorité collective à travers une régénération des pensées.

Pour cette exposition, Rebecca Brodskis, Lou Cocody-Valentino et Esther Michaud proposent de déstabiliser nos perceptions figées et nous emportent dans le déséquilibre du gris, en liberté entre les balises de l’identification, afin que l’on se perde dans les méandres de nos imaginaires.

Les peintures de Rebecca Brodskis provoquent toujours ce moment de doute où il est impossible d’affilier ses personnages à des pré-conçus. Décontextualisées, ils flirtent avec les lignes du genre, de l’origine, de l’appartenance, nous permettant de les observer dans leur pleine individualité, comme dans la peinture Antonella, de cette femme à la peau grise aux traits androgynes. Dans Eldar, Rebecca fait entrer des mains hors du cadre, brisant les lignes du tableau. Ces mains sont à d’autres, signifiant les relations possibles lorsque les normes sont transgressées, provoquant un dialogue à l’unisson.

Lou Cocody-Valentino explore la géographie de paysages sous-marins à travers la série Underwaterscapes, elle questionne leurs influences sur les identités faisant écho à cette zone grise de l’entre-deux. L’océan, qui est ce qui coule entre deux terres, ce qui relie deux espaces qui se font face. L’eau est ce qui s’infiltre, ce qui dilue, ce qui ramollit, elle déforme et assouplit les matériaux, jusqu’à les éroder intégralement, pour que tout se mélange et s’emmêle.

Gorgone Plume est une peinture-sculpture ; à la fois monolithique et fluide, cette œuvre s’inspire d’une plante sous-marine pouvant atteindre deux mètres de haut, qui se balance dans le mouvement perpétuel des courants de la mer des Caraïbes.

À mi-chemin entre la sculpture et la peinture, Coral Map s’agit d’un «tableau» en 3D représentant une carte abstraite d’un fragment de récif corallien blanchi. Coral Map est composée d’un panneau de bois, peint et recouvert de pâte de papier recyclée, qui semble sortir du mur. Cette pièce est réalisée avec différents types de peintures, qui lui donnent un aspect glacé pouvant evoquer celui d’émaux de céramique.

Esther Michaud, quant à elle, expérimente le domaine entre l’Homme et la nature, souvent placés en opposition dans la pensée occidentale. Elle produit minutieusement ces assemblages dérangeants qui sèment volontairement le doute entre ce qui relève de la main de l’homme et ce qui lui précède. L’artifice brouille les repères et permet de réparer sous nos yeux la discontinuité établie entre Homme et nature ; comme dans ses œuvres de la série Mauvaises Herbes, où Esther faufile intentionnellement entre les pierres, des pousses de végétaux synthétiques.

“Les patients sont des sculptures de bois mutants, qui se posent comme une conciliation, une symbiose des ordres naturels et artificiels. Ces fragments de branches ont été collectés pour leurs particularités: certains sont dévorés ou fracturés. Par un processus presque médical, des greffes s’adaptent à la singularité des bois. Ils se rapprochent ainsi d’une nature techniquement assistée où l’artifice se pose comme une extension. Ces chimères, où les conceptions de la technique et de la nature s’absorbent mutuellement, se posent comme une évolution hypothétique de la végétation face à l’influence de l’homme.”

While you’re in Saint-Germain

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