Ended Nov 17

Pierre Ardouvin

Hôtel de l'Univers

Oct 13 – Nov 17, 2018

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In creative terms, you could say that Pierre Ardouvin is a «generalist» and he does indeed possess a broad scope of knowledge that he places at the service of a multi-facetted body of work - installations, collages and assemblages, not forgetting his brilliant reappropriation and modification of everyday objects. Over the years, he has reflected upon the entertainment culture, memories of past utopias and what the future holds for popular customs, whilst privileging the relationships with identity and affect that are crystallized in vernacular form.

By re-appropriating and working with ordinary objects, his artistic research questions such notions as authenticity and illusion. As he recycles and reassembles, he evokes familiar images that are sustained by both his own and collective memories, either drawn from popular culture or domestic life. His work is often tinged with violence or a latent melancholy that emanate from representations which seem inoffensive at first sight. «It is by means of these psychic explorations of everyday life in the West that Pierre Ardouvin’s body of work could turn out to be secretly critical». [1]

For his second exhibition at Praz-Delavallade, the artist has drawn inspiration from Rimbaud’s journeys to Yemen and Ethiopia from 1878 onwards and the poet’s stay at the henceforth ultra famous Hotel de l’Univers in Aden. The results of this face-to-face encounter between the work of Ardouvin and Rimbaud are astonishing in their modernity, despite the many decades that separate the two men. They reveal feelings of abandonment and a lack of connection with one’s descendants, traits that are proper to people who have been uprooted. Pierre Ardouvin finds inspiration in current events, which he fashions in reference to a form of collective imagination, one whose barriers have been removed, where everyone has been set free from obedience to class, gender or age and where they can therefore find a space of identification. Combining popular culture and literary references, he extracts words, images and objects from diverse realms. [2] He welcomes pell-mell, stories about art, comics, tales, poetry, rock ‘n’ roll, cinema, childhood, and travelling. The public and domestic space become intertwined as, like the magician of Oz, he benevolently and good-naturedly orchestrates these questions of utopias and alterity.

The works that comprise «Hôtel de l’Univers» are suspended in an indefinite moment in time and space, one in which the artist’s various propositions bring us into contact with the ghosts of Ferdinand Cheval, Houellebecq, Menelik II Emperor of Ethiopia and Rimbaud, the voluntarily exiled poet.

The cruel reality of the world notwithstanding, the timeless and personal signature style of Pierre Ardouvin’s work dresses life’s wounds – and his healing balm is named Poetry. «I went off, my fists in my torn pockets; my coat too was becoming ideal; I walked under the sky, Muse! And I was your vassal; Oh! oh! what brilliant loves I dreamed of!» [3]

1 - catalogue of Pierre Ardouvin's exhibition, "Retour d'Abyssinie", text by Julie Crenn, Centre d'art Labanque Bethune, July 2018.

2 - excerpt from the text by Guillaume Désanges, critic and curator.

3 - excerpt from the poem "Ma Bohème", by Arthur Rimbaud, 1870.

— René-Julien Praz

Pierre Ardouvin was born in 1955 in Crest, France. He lives and works in Paris. His work has been the subject of numerous solo and group exhibitions in France and abroad : the Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (2005, 2010), the Fondation Jumex, Mexico (2008), the NMCA, Seoul (2011) and in CRAC, Sète (2013). In 2016, the MAC/VAL dedicates to him a monographic exhibition entitled «Tout est affaire de décor». Since September 2018, a series of unpublished works are presented at Topaz Arts, New York. Pierre Ardouvin's work is included in many international public and private collections.

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Créateur «généraliste», ce qui suppose une représentation unifiée du savoir, Pierre Ardouvin s’inscrit pleinement au service d’une œuvre qui se déploie sous les formats de l’installation, du collage, de l’assemblage, de la récupération et du bricolage de génie. Au fil des ans, il a développé une reflexion sur la culture du spectacle, la mémoire des utopies, du devenir des rites du quotidien privilégiant les rapports d’identité et d’affects cristallisés dans les formes vernaculaires.

Par la ré-appropriation d’objets ordinaires qu’il investit, sa recherche artistique interroge les notions d’authenticité et d’illusion sur un mode du recyclage et du ré-assemblage convoquant un imaginaire familier, irrigué par les souvenirs à la fois personnels et collectifs, proches d’une culture populaire et d’une domesticité usitée. Son travail dévoile souvent la violence ou la mélancolie latente qui émane de ces représentations a priori inoffensives. «C’est à travers ces explorations psychiques de l’ordinaire occidental que l’œuvre de Pierre Ardouvin pourrait s’avérer sourdement critique.» [1]

Pour sa seconde exposition à la galerie Praz-Delavallade Paris, l’artiste s’inspire de ce voyage effectué par Rimbaud au détour des années 1878 au Yemen et en Ethiopie et de son séjour au désormais célébrissime Hôtel de l’Univers à Aden. Il en résulte un télescopage entre Rimbaud et Ardouvin d’une étonnante modernité malgré les décennies qui les séparent, révélant ce sentiment de déshérence et d’abandon propre aux déracinés. Pierre Ardouvin puise son inspiration dans une actualité qu’il façonne grâce à un imaginaire collectif décloisonné, libéré des obédiences de classe, de genre ou d’âge, afin que chacun y trouve un espace d’identification. Alliant culture quotidienne et références littéraires, il extrait des mots, des images et des objets de territoires pluriels. [2] Pêle-mêle, il accueille des histoires de l’art, des bandes dessinées, des contes, de la poésie, du rock & roll, du cinéma, de l’enfance, du voyage. S’entremêle alors espace publique et espace domestique dont, en bon magicien d’Oz, il orchestre avec bonhomie et bienveillance ces questions d’utopies et d’altérités.

Les œuvres accueillies au sein de l’exposition «Hôtel de l’Univers» sont suspendues dans un espace-temps indéfini. On y croise au détour des propositions de l’artiste les fantômes du facteur Cheval, de Houellebecq, de Ménelik II, Négus d’Ethiopie et de Rimbaud, poète exilé volontaire.

Nonobstant la cruelle réalité du monde, Pierre Ardouvin affiche cette signature intemporelle et personnelle qui a pour effet de panser les plaies de notre quotidienneté ; son baume a pour nom Poésie.

«Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ; mon paletot aussi devenait idéal ; j’allais sous le ciel, Muse ! Et j’étais ton féal ; Oh ! Là Là ! Que d’amours splendides j’ai rêvées !» [3]

1 - catalogue de l’exposition de Pierre Ardouvin, «Retour d’Abyssinie», texte de Julie Crenn, Centre d’art Labanque Bethune, Juillet 2018.

2 - extrait du texte de Guillaume Désanges, critique et commissaire d’exposition.

3 - extrait du poème «Ma Bohème», d'Arthur Rimbaud, 1870.

— René-Julien Praz

Pierre Ardouvin est né en 1955 à Crest, France. Il vit et travaille à Paris. Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles et collectives en France et à l’étranger : Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (2005, 2010), Fondation Jumex, Mexico (2008), NMCA, Séoul (2011) ou encore au CRAC, Sète (2013). En 2016, le MAC VAL lui consacre une exposition monographique intitulée «Tout est affaire de décor». Depuis Septembre 2018, une série d’œuvres inédites sont présentées à Topaz Arts, New York. Aujourd'hui, le travail de Pierre Ardouvin est inclus dans de nombreuses collections publiques et privées internationales.

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