Ended Jul 22
Arnaud Labelle-Rojoux
Stop Making Sense
May 25 – Jul 22, 2023
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Loevenbruck gallery presents 365 collages by Arnaud Labelle-Rojoux made from October 27, 2021 to October 26, 2022.
It is always risky for an artist to want to explain or place a work, to account for its origin and its gestation. In the precise case of this series of three hundred and sixty-five collages, on the contrary, nothing could be easier. There was, in fact, a trigger: Marc-Olivier Wahler’s proposal to illustrate, for the journal of the Musée d’Art et d’Histoire (MAH) in Geneva, my own immersion in its collections. What approach was I going to take? The idea then came to me to associate this with a form that would define both the museum and myself as a visitor. Collage seemed the natural choice: what is a museum, especially this one, which brings together pieces that are composite by nature and period, if not a vast cultural collage? And who am I, the viewer and the manipulator of images and words, if not a mental collage of heterogeneous references assembled in a certain disorder?
So, collage as a technique conducive to metaphors? Why not. In Johann Wolfgang von Goethe’s Faust (I am thinking of Gérard de Nerval’s French translation), we find this line from Mephistopheles: “With words one can discuss very ably, with words one can build a system.” It is the same with collage, if we recognise that it is at once a visual and textual language and a reservoir of personal mythologies. Certainly, collage can be used to “build a system”: that of metaphors without predefined keys, nor a concern for unity if not by number. The three collages made for the MAH served as a sort of trigger for this series of three hundred and sixty-five (one per day), conceived as automatic writing using elements that came to hand, opening or breaking into the vertigo of meaning. Formal hiatuses, unlikely mixtures, rigged devices, secret workings, fake erudition –everything points to a multiplicity of readings without critical guarantees: each to their own!
—Arnaud Labelle-Rojoux, “Three hundred and sixty-five collages in search of metaphors”
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L’exercice est toujours périlleux pour l’artiste de vouloir expliquer ou encore situer une œuvre, son origine, sa gestation. Dans le cas précis de cette série des trois cent soixante-cinq collages, au contraire, rien de plus simple. Il y a eu, en effet, un déclencheur : la proposition de Marc-Olivier Wahler d’illustrer, pour la revue du musée d’Art et d’Histoire (MAH) de Genève, ma propre plongée dans ses collections. Quelle approche allais-je adopter ? Me vint l’idée d’associer une forme en vue de définir tant le musée que moi-même visiteur. Le collage me parut l’évidence : qu’est-ce donc qu’un musée, a fortiori celui-ci, qui réunit des pièces de nature et d’époques composites, sinon un vaste collage culturel ? Et qui suis-je, moi regardeur et moi manipulateur d’images et de mots, sinon un collage mental de références hétéroclites dans un certain désordre assemblées?
Le collage en tant que technique alors propice aux métaphores ? Pourquoi pas. Dans le Faust de Johann Wolfgang von Goethe (traduit par Gérard de Nerval), se trouve cette réplique de Méphistophélès : « On peut avec des mots discuter fort convenablement, avec des mots bâtir un système. » Il en va de même pour le collage, si l’on veut bien voir qu’il est à la fois langage visuel et textuel et réservoir de mythologies personnelles. On peut assurément via le collage « bâtir un système » : celui de métaphores sans clés prédéfinies, ni souci d’unité hormis le nombre. Les trois collages destinés au MAH ont servi en quelque sorte d’embrayeur à cette série de trois cent soixante-cinq (un par jour), conçus comme une écriture automatique à partir d’éléments me tombant sous la main, ouvrant par effraction au vertige du sens. Hiatus formels, métissages improbables, dispositifs truqués, ressorts secrets, érudition factice, tout concourt aux lectures démultipliées sans garantie critique: chacun la sienne!
—Arnaud Labelle-Rojoux, «Trois cent soixante-cinq collages en quête de métaphores»









