Ended
Peace More Real
Jun 29 – Jul 27, 2024
Laëtitia Badaut Haussmann
Corita Kent
Angelica Mesiti
Mel O’callaghan
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Natsuko Uchino Mesopotamia. Around 8000 years before Christ. A heap of vegetal detritus is piled up on the outskirts of the village. The houses of the village are rectangular, earth consolidated with stones, and decorated with the skulls of ancestors mounted on clods of red clay. The floor is white and clean, coated with lime. A small, slightly crooked wooden ladder reaches through an opening above the clay oven, leads up to a roof terrace. Up there, the woman finds a jar of wheat that has sprouted. Climbing down she throws its contents onto the heap of vegetal detritus, onto the place where the half-wild, half-domesticated species (birds, goats) that have coevolved alongside these early sedentary villages come to forage. In this manure-rich earth, the grass choked out and retreating, the sprouted seeds have all they need, and spring profusely from the compost. The woman is accustomed to the long days in early summer spent harvesting wild cereals in the wide prairies, to return to the village with all the grain for the year’s cakes and porridges. She considers this lifeform, then, which like the animals finds an advantage in proximity to humans, with a kindly eye. At this time, wheat is still the botanical species Triticum Dicoccoïdes, also known as wild emmer, with 28 chromosomes and a brittle stalk. When the woman harvests the wheat, the ripe ears will shatter under her fingers and some of their seeds will fall to the ground. Like this, the wheat establishes itself alongside the humans, free to adopt new ways of living as long as it keeps its brittle stalk. The humans will not start selecting the more durably-stemmed ears for almost another millennium. All around the village a wild place teems, abundant with resources, crisscrossed by a winding river. As with all precious things, the balance is fragile.
—Camille Azaïs, translated from the French by Flora Hibberd
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Mésopotamie. Vers 8000 avant notre ère. Un tas de déchets végétaux entreposés à proximité du village. Les maisons sont rectangulaires, en terre consolidée par des pierres, et décorées par les crânes des ancêtres posés sur des mottes d’argile rouge. Le sol, blanc et propre, est enduit de chaux. Une petite échelle en bois un peu tordue mène à la terrasse sur le toit, par une ouverture au-dessus du four en terre. Sur le toit, la femme trouve une jarre dans laquelle le blé a germé. Elle descend jeter le contenu de cette jarre sur le tas de déchets végétaux où viennent fouiner les espèces semi-sauvages, semi-domestiques (oiseaux, chèvres) qui coévoluent à proximité de ces premiers villages sédentaires. Sur cette terre enrichie en fumure, où l’herbe étouffée est en recul, les graines germées se trouvent tout à leur aise, et les voici qui poussent dru sur le tas de compost. La femme, qui est habituée, au début de l’été, aux longues séances de cueillette dans les grandes prairies où poussent les céréales sauvages, afin de rapporter au village le grain nécessaire aux galettes et aux bouillies pour l’année à venir, regarde d’un œil favorable cette forme de vie qui, elle aussi, trouve son compte dans le fait de se rapprocher de la vie des humains. Le blé est alors encore l’espèce botanique Triticum Dicoccoïdes, à 28 chromosomes, dit aussi Amidonnier sauvage au rachis friable. Lorsque la femme récolte le blé, les épis mûrs se défont sous ses doigts, laissant tomber une partie de leurs graines au sol. Ainsi le blé s’installe-t-il lui aussi à proximité des humains, libre, tant que son rachis est friable, d’adopter ce nouveau mode de vie. Pendant presque un millénaire encore, les humains ne sélectionneront pas les épis au rachis solide. Tout autour du village foisonne un milieu sauvage aux ressources abondantes, traversé par les méandres d’une rivière qui déborde de son cours. Comme tout ce qui est précieux, c’est un équilibre fragile.
—Camille Azaïs

