Ended Jan 8
Gerasimos Floratos
Psychogeography
Nov 20, 2020 – Jan 8, 2021
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Gerasimos Floratos lives and works near Times Square, in the diverse and vibrant neighbourhood of Hell’s Kitchen. His Greek-American parents run a Deli there; the artist has set up his studio downstairs, connected to the outside world only by basement windows through which he can just perceive the feet of passers-by and bustle of the city.
As both an internal production tool and observation point of the outside, the studio has become the matrix of his work, which oscillates between the private and the public, between isolation and togetherness.
The exhibition entitled Psychogeography references a term Gerasimos Floratos often uses and which he has borrowed from Guy Debord. This “science” was invented in the 1950s, when the French intellectual was actively involved in the Letterist International collective, and proposed to analyse and reinvent the development of the planned urban environment and its effects on the emotions and behaviour of individuals.
“For me, Psychogeography is about map-making. Mapping the inside of your mind simultaneously with your environment. Not the kind of linear maps we usually use, maps that simultaneously chart sensory data, emotions, memory, the physical body, culture, society etc.”
Conceived during New York’s lockdown, when the artist was confined to his studio, “Psychogeography” comprises a new series of oil paintings, drawings and collages on canvas created at night on the studio floor.
The piece that opens the exhibition - entitled “Treehouse” - illustrates the varied themes of the series. It features two characters, ectoplasmic figures with bulging eyes that occupy two thirds of the space. The lower part of the canvas is an uneven area of solid white paint, stained with various colours used in the studio such as yellow, brown or black. The upper part is a collaged colour copy of dazzling video ad screens and crowds taken in Times Square at night.
The two image types, each populating half of the painting, symbolize the artist’s day-to-day reality. He produces underground, alone, while above Times Square teems with people.
The media used also seem to conflict: the lower part consists of pigment, painted on by hand or with a rag, and expresses a somewhat coarse, archaic materiality, while the upper part, a blown-up digital image, describes a slightly dystopian world.
The artist repeatedly illustrates the flow from one world to the other with internal depictions of organs - brains or digestive tracts - and external images of architecture. When discussing the source of his work, the artist explains: “It’s coming from the outside and the inside. For this show, I've been working on new paintings mapping two characters in a variety of different situations. I've been painting some of these on top of backgrounds of sketches and notes, collaged with postcards and pages from tourist books left by shuttered souvenir shops in my neighbourhood. I started to see the city environment as a sort of digestive system over time. Why the brain looks like the intestines I think is more of an evolutionary biology question, but definitely something I think about.”
Gerasimos Floratos is self-taught: he has developed a personal style outside the canon of art history, instead directing his research towards artists who work on the margins of today’s aesthetic rules. He collaborates with artists living with developmental disabilities and draws inspiration from fields as diverse as comics, graffiti or corporate logo design.
His painting is loaded with colour, his lines are bold, his style verges on expressionism. It is visceral, organic, saturated, crucial for the artist, and radiates a powerful energy. Some of his paintings are started on the floor, then side-tracked as he begins a new one. Canvases pile up against the studio wall until he chooses to rework and finish them. Some are composed with collages of drawings or sketches; sometimes, photographs replace the painted line.
Can the two worlds Gerasimos Floratos evokes coexist? Can answers be found in his work? As he says, “I would like to expand people’s consciousness in any way, personally, with others, with their environment - I think that would be positive…”
—Nicolas Trembley
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Gerasimos Floratos vit et travaille près de Times Square, dans le quartier populaire et animé de Hell’s kitchen. Ses parents américano-grecs y tiennent un Deli et c’est sous celui-ci que l’artiste a installé son atelier, qui n’est connecté au dehors qu’à travers des soupiraux desquels on ne perçoit que les pieds des passants et le bruit de la ville.
À la fois outil de production interne et observatoire vers l’extérieur, le studio est devenu la matrice de cette œuvre qui oscille entre l’intime et le public, l’isolement et le collectif.
L’exposition intitulée Psychogeography fait référence à un terme auquel Gerasimos Floratos renvoie souvent et qu’il a emprunté à Guy Debord. Cette « science » inventée dans les années 50 alors que l’intellectuel français est actif au sein du groupe de l’Internationale Lettriste se propose d’analyser et réinventer le développement de l’environnement urbain planifié et ses relations sur le comportement et les émotions des individus.
« Pour moi, la Psychogéographie est une cartographie. Il s’agit de cartographier l’intérieur de son esprit en même temps que son environnement, loin des cartes linéaires habituelles. Ce sont des cartes qui décrivent tout à la fois des données sensorielles, des émotions, des souvenirs, le corps physique, la culture, la société, etc. »
Conçue pendant le lockdown à New York, alors que l’artiste était confiné dans son studio, « Psychogeography » présente un nouvel ensemble de peintures à l’huile, de dessins ainsi que de collages sur toile réalisé la nuit à même le sol.
L’œuvre qui annonce l’exposition et intitulée « Treehouse » illustre les différents thèmes de cet ensemble. On y découvre deux personnages, sortes d’ectoplasmes aux yeux surdimensionnés qui occupent les deux tiers de l’espace du tableau. La partie inférieure de la toile est recouverte d’un aplat irrégulier de peinture blanche tachée de diverses couleurs utilisées dans le studio comme le jaune, le marron ou le noir. La partie supérieure est constituée du collage d’une photocopie en couleurs des écrans publicitaires vidéo saturés de lumière ainsi que de la foule prise à Times Square la nuit.
Ces deux régimes d’images occupent chacun la moitié du tableau et symbolisent la réalité quotidienne de l’artiste. Il produit sous terre, seul, et au-dessus de lui se trouve Times Square qui grouille d’individus.
Les médiums utilisés semblent également s’opposer. La partie basse est constituée de pigment, elle est peinte à la main ou au chiffon et exprime une matérialité archaïque un peu grossière alors que la partie haute est constituée de l’agrandissement d’une image photographique, digitale et décrit un monde à tendance dystopique.
De façon récurrente, l’artiste illustre ces passages d’un monde à l’autre à travers des représentations internes d’organes, cerveaux ou systèmes digestifs, et des images extérieures d’architecture. Quand l’artiste évoque la source de son œuvre, il explique: « Cela provient de l’extérieur et de l’intérieur. Pour cette exposition, j’ai travaillé sur des tableaux cartographiant deux personnages placés dans des situations diverses. J’en ai peint certains sur fond de croquis ou de notes, dans des collages associant des cartes postales et des pages de guides touristiques abandonnés dans les boutiques de souvenirs en faillite de mon quartier. Au fil du temps, j’ai commencé à envisager l’environnement urbain comme une sorte de système digestif. La ressemblance entre le cerveau et les intestins relève plus de la biologie de l’évolution, mais c’est quelque chose qui m’intéresse beaucoup. »
Gerasimos Floratos est autodidacte et a développé son propre style hors des canons de la grande histoire, orientant ses recherches vers des artistes qui se situent à la marge des canons esthétiques du moment. Il collabore avec des artistes qui présentent des troubles du développement et s’inspire de champs aussi divers que ceux de la bande dessinée, des graffitis ou des logos de design corporatif.
Sa peinture est chargée de couleurs, le trait est gras et son style est empreint d’expressionisme. Il s’agit d’une peinture viscérale, organique, saturée, nécessaire à l’artiste et de laquelle irradie une puissante énergie. Certains tableaux sont commencés à même le sol puis délaissés alors qu’il en produit un nouveau. Les toiles s’amoncellent les unes contre les autres à même le mur de l’atelier jusqu’à ce que l’artiste les retravaille pour les terminer. Certaines pièces sont constituées de collages de dessins, croquis et parfois le trait de peinture est remplacé par des photographies.
Est-ce que les deux mondes dont parle Gerasimos Floratos peuvent coexister ? Peut-on y trouver une réponse dans son œuvre ? Comme il le dit : « Je cherche à élargir la conscience des gens par tous les moyens - personnellement, avec les autres, dans leur environnement - je crois que ce serait positif… »
—Nicolas Trembley










