Ended Dec 21

Marilou Poncin

Awesome

Nov 5 – Dec 21, 2019

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A Fetish Look

The look on a doll's face is always a little disturbing. Smooth, it does not betray any reaction, fixed, it even stares at us. Made of latex or silicone, the doll by its very plasticity reveals our desires and fantasies. She adapts to children’s dreams who invent lives for her as well as the arms of lovers who enclose her in malleable loves. The visitor entering the exhibition cannot avoid the confrontation with Petrol doll, the impression on a vinyl curtain of the mask of a doll from which only the nose, eyes and mouth stand out. By recently taking an interest in love dolls, Marilou Poncin continues her research on fantasy and fantasy image. By dint of being waxed/covered with make-up, according to the tastes and moods of its owner, the plastic face has tarnished without losing its appeal, quite the contrary since it has become familiar, intimate. In the report from which she draws this image, the artist shows the links of affections that tie the user to his doll, reinforced by the years and the successive layers of make-up, the gestures that dress and undress her.

It is easy to personify a doll, give it a name and cherish it. Its resemblance to a human being causes a disturbance, which can be erotic but is also metaphysical; in this look, can we not see an inner life, a secret that escapes us? Marilou Poncin started her photo and video work with the figure of the cam-girl and stripper, models of a hyper-sexualized femininity. By resuming their ways of appearance through angle video devices (Camgirls next door and Roxy's room) or using a Virtual Reality headset (Let out the Inner Bitch) the artist plays with the phenomenon of projection. Bodies never appear completely naked to us but are dressed in a context, a light, clothes that act as filters. What happens if we add filters like the make-up layers of Petrol Doll? Between repulsion and attraction the artist closes the surface. The saturated colours of Camgirls next door and Roxy's room and the overplay of the codes of seduction in Let out the Inner Bitch also bring us to the edge of the image, don’t they?

Marilou Poncin's aesthetics could be described as pop; whether they are dancers dancing on a remixed version of Britney Spears or camgirls discussing in video sets, the artist claims to play with popular performances. Taken from the Internet or on TV, these images of women, which also give rise to a jumble of fetishes (Soft touch), challenge us on the eroticization of the gaze.

The camgirl who speaks thus breaks the codes of the genre, she is aware of the relationship that is played out between her and the voyeur and this makes her powerful. Through Virtual Reality, the spectator is at the centre of the peepshow, both enticed and stared at by standardized models of eroticism. By reversing the circle, the structure of a market is revealed and the origin of preconceived desires. The look of an artist always has something a little disturbing.

- Henri Guette

Born in 1992, Marilou Poncin lives and works in Paris. Graduated from the Beaux Arts de Lyon, after a program at the Rietveld Academy in Amsterdam, she completed her studies with a master's degree at the Ecole des Arts Décoratifs in Paris. Awarded in 2015 with the Inrocks Labs prize, she was selected in 2016 for the European Photography Prize and received the jury prize at the 2018 Fesse Film Festival. She was part of numerous festivals (Bedlam Fringe Film Festival, Auch Film Festival, Women's Film Festival, Subversive Film Festival...) and group exhibitions, among others « MLF Plateaux » at Espace Témoin in Geneva, « Nos désirs liquides » at FRAC Île de France, « 100% Expo » at the Villette, and « Futures of love » at the Magasins Généraux in Paris.

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Un Regard Fétiche

Le regard d’une poupée a toujours quelque chose d’un peu dérangeant. Lisse, il ne trahit aucune réaction, fixe, il nous dévisage même. En latex ou silicone, la poupée par sa plasticité même révèle nos désirs et fantasmes. Elle s’adapte aux rêves d’enfants qui lui inventent des vies comme aux bras des amants qui l’enserrent dans des amours malléables. Le visiteur qui entre dans l’exposition ne peut éviter la confrontation avec Petrol doll, impression sur un rideau vinyle du masque d’une poupée dont ne ressortent que le nez, les yeux, la bouche. En s’intéressant récemment aux love dolls Marilou Poncin poursuit ses recherches sur le fantasme et l’image fantasmatique. A force d’être fardé, selon les goûts et humeurs de son propriétaire, le visage en plastique s’est terni sans pour autant perdre de son attrait, bien au contraire puisqu’il est devenu familier, intime. Dans le reportage dont elle tire cette image, l’artiste montre les liens d’affections qui nouent l’utilisateur à sa doll, renforcés par les années et les couches de maquillage successives, les gestes qui l’habillent et la déshabillent.

Il est facile de personnifier une poupée, de lui donner un nom et de la chérir. Sa ressemblance avec un être humain provoque un trouble, qui peut être érotique mais est aussi métaphysique ; dans ce regard, ne pouvons nous pas apercevoir une vie intérieure, un secret qui nous échappe ? Marilou Poncin a débuté son travail photo et vidéo avec la figure de la cam-girl et de la strip-teaseuse autant de modèles d’une féminité hyper-sexualisée. En reprenant leurs modes d’apparition par des dispositifs vidéo en angle (Camgirls next door et Roxy’s room) ou à l’aide d’un casque de Réalité Virtuelle (Let out the Inner Bitch) l’artiste joue du phénomène de projection. Les corps ne nous apparaissent jamais complètement nus mais sont revêtus d’un contexte, d’une lumière, de vêtements qui agissent à la manière de filtres. Que se passe-t-il pour autant si on additionne les filtres comme les couches de maquillages de la Petrol Doll ? Entre répulsion et attraction l’artiste bouche la surface. Les couleurs saturées de Camgirls next door et Roxy’s room et le surjeu des codes de la séduction dans Let out the Inner Bitch ne nous amènent-elles pas elles-aussi à la limite de l’image ?

L’esthétique de Marilou Poncin pourrait-être qualifiée de pop ; qu’il s’agisse de danseuses se déhanchant sur une version remixée de Britney Spears ou de camgirls discutant dans des décors de clip l’artiste revendique de jouer avec les représentations populaires. Prélevées sur internet ou à la télé ces images de femmes, qui donnent aussi lieu à un pêle mêle de fétiches (Soft touch), nous interpellent sur l’érotisation du regard.

La camgirl qui prend la parole rompt ainsi les codes du genre, elle est consciente de la relation qui se joue entre elle et le voyeur et cela la rend puissante. Par la Réalité Virtuelle, le spectateur se trouve au centre du peepshow à la fois aguiché et dévisagé par les modèles standardisées de l’érotisme. En renversant le cercle, la structure d’un marché se révèle et l’origine de désirs préconçus. Le regard d’une artiste a toujours quelque chose d’un peu dérangeant.

- Henri Guette

Née en 1992, Marilou Poncin vit et travaille à Paris. Diplômée des Beaux Arts de Lyon, après un programme à la Rietveld Académie à Amsterdam, elle achève ses études par un master à l’école des Arts Décoratifs à Paris. Lauréate en 2015 du prix les Inrocks Labs, sélectionnée en 2016 pour le Prix Européen de la Photographie, elle reçoit le prix du jury du Festival de Film de Fesse en 2018. Elle participe à de nombreux festivals (Bedlam Fringe Film festival, festival du cinéma d’Auch, festival du film des femmes, festival du film subversif..) et expositions collectives, notamment à « MLF Plateaux » à l’Espace Témoin à Genève, « Nos désirs liquides » au FRAC Île de France, « 100% Expo » à la Villette, ou plus récemment « Futures of love » aux Magasins Généraux à Paris.