Ended Jan 27

Tadashi Kawamata

Nest

Dec 13, 2017 – Jan 27, 2018

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Kamel Mennour is pleased to present ‘Nest’, Tadashi Kawamata’s forth solo exhibition at the gallery.

With ‘Nest’, Tadashi Kawamata nests the Galerie Kamel Mennour. He disorients the site by constructing an immense nest the structure of which incorporates the three exhibition rooms and extends into the courtyard. The nest, made of more than a hundred thousand interlaced wooden chopsticks, is an invitation to reconsider the space as if it was inhabited by a parasitic, precarious, and fragile body. Three other small nests, made of wooden slats or chopsticks, echo the larger one. They have been lodged in the inside and outside of the gallery, including under the window that gives on to the highly frequented Rue Saint-André-des-Arts, just around the corner from the Place Saint-Michel.

These nests stitch together fluctuations of light and dark, an invitation to dream the space, to reexamine it, to reinvent rather than curl up in it. Kawamata’s nests are not a symbol of withdrawal but rather a reaction to a given situation and place, a possible mutation in the building and the beginning of a new flow. ‘My works are like bumps on the forehead,’ he says. ‘They’re an organism’s reaction, feeding on and disappearing from it as quickly as they appeared.’

‘Nest’, like all Kawamata’s works, is site specific. ‘I don’t make work in order to exhibit,’ he says. ‘The creative process always begins after I’ve seen the exhibition space.’ And the initial sketches will be unfailingly modified by the comments and ideas of the ephemeral community of builders Kawamata engages in the process of each of his creations.

Without a collective, no work. In this sense, he is a good illustration of the ‘relational aesthetic’ theorised by Nicolas Bourriaud: ‘The space where [the] works unfold is entirely that of interaction, the space of opening that all dialogue begins. [1]’ The heterogeneity of these ephemeral communities contrasts with the homogeneity of the materials. These are always poor (wood, cardboard, etc.), always form a structure, and are always used in proliferation. Four thousand stacked chairs, a torrent of five thousand wooden crates, a hoard of hundreds of easels...

Whether these assemblages come together in a crescendo like the ‘Cathedral of Chairs’, or are resolved in architectural punctuations like the perched cabins, Kawamata is always composing a rhythm, a musicality. This musicality is related to the ‘outsider art’ tonality of the Facteur Cheval or Francesco Toris’ ‘Nuovo Mondo’. It also has parallels with the philosophy of the musician John Cage: " Using chance gets rid of prejudices, of preconceived ideas of order and organisation" [2]. The unexpected is Kawamata’s motor. The process predominates over the result. His practice is inspired by favelas, urban camps, and their makeshift inventions. Just as much as this, it is inspired by the special energy of cities.

As a child being raised in the isolated mountains of the Japanese island of Hokkaido, Kawamata used to dream of the city, its swarms, its dynamism, its wall and bitumen colours. The city became his biotope. It is where he invents an aesthetics of the fragment, of the interstice, of disturbance. A street art sculptor, he more readily identifies as an activist than as an artist. Like in the game Mikado, he loves shifting a single wooden stick and disorganising everything. Nothing is eternal, the river runs like time, change is the essence of life. Tadashi Kawamata’s works accompany the impermanence of the world.

Annabelle Gugnon

1 - Nicolas Bourriaud, Esthétique relationnelle, éd. Les Presses du Réel, 2001.

2 - John Cage, Pour les oiseaux. Entretiens avec Daniel Charles, 1970, éd. L'Herne, 2014.

Born in 1953 in Hokkaido, Japan, Tadashi Kawamata lives and works in Tokyo and Paris. His work has been widely shown in major international institutions such as Made in Cloister, Napoli (2017), the Thurgau Art Museum, Switzerland (2014), the Centre Pompidou in Paris (2010) and Metz (2016), the Toyosu Dome, in Tokyo (2010-2013), the HKW in Berlin (2009), the Art Tower Mito in Mito (2001), the Serpentine Gallery in London (1997), the Art Pace Foundation for Contemporary Art in San Antonio (1998), the MACBA in Barcelona (1996) ; and also during numerous art biennales such as the Venice Biennale (1982), the Documenta VIII and IX (1987-1992), the international Biennale of São Paulo (1987), the Biennale d’Art Contemporain in Lyon (1993), the Münster Skulptur Projekte (1997), the Sydney Biennale (1998), the Art Focus Biennale in Jerusalem (1999), the Echigo-Tsumari Art Triennale in Niigata (2000), the Shanghai Biennale, the Busan Biennale (2002), the Valencia Biennale (2004), the Biennale de Melle (2009) and the Biennale Evento in Bordeaux (2009).

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Kamel Mennour est heureux de présenter « Nest », la quatrième exposition personnelle de Tadashi Kawamata à la galerie.

Avec « Nest », Tadashi Kawamata nidifie la Galerie Kamel Mennour. Il désoriente le lieu en y construisant un immense nid dont la structure embrasse les trois pièces d’exposition et s’étend jusqu’à la cour. Composé de plus de cent mille baguettes chinoises en bois de pin enchevêtrées, ce nid invite à reconsidérer l’espace comme s’il était habité par un corps parasitaire, précaire et fragile. Trois autres petits nids — faits de lattes de bois ou de baguettes — lui font écho. Ils prennent place à l’intérieur comme à l’extérieur de la galerie jusqu’à se nicher, pour l’un d’eux, sous une fenêtre donnant sur la très fréquentée rue Saint-André-des-Arts, à deux pas de la place Saint-Michel.

Ces nids sont des coutures fluctuantes d’ombres et de lumières et invitent à rêver l’espace, à le réexaminer, à le réinventer plutôt qu’à s’y recroqueviller. Tadashi Kawamata ne pense pas le nid comme un symbole de repli mais comme une réaction à une situation et à un lieu donnés, une mutation possible du bâtiment et l’inauguration d’une nouvelle circulation. « Mes œuvres sont comme des bosses sur le front, dit-il. Elles sont la réaction d’un organisme, s’en nourrissent et disparaissent comme elles étaient apparues. »

« Nest », à l’instar de toutes ses œuvres, est conçue in situ. « Je ne crée pas pour exposer, dit-il. Le processus créatif débute toujours après avoir vu le lieu de l’exposition. » Et les esquisses premières seront immanquablement modifiées par les commentaires et les idées de la communauté éphémère de bâtisseurs que Tadashi Kawamata engage dans le processus de chacune de ses créations.

Sans collectif pas d’œuvre. A ce titre, il est un artiste emblématique de l’« Esthétique relationnelle » telle que l’a théorisée Nicolas Bourriaud : « L’espace où [les] œuvres se déploient est tout entier celui de l’interaction, celui de l’ouverture qu’inaugure tout dialogue. » [1] L’hétérogénéité de ces communautés éphémères rompt avec l’homogénéité des matériaux. Ces derniers sont toujours pauvres (bois, carton, etc.), ils forment toujours une structure et sont toujours utilisés en prolifération. Quatre mille chaises empilées, un torrent de cinq mille cagettes, une horde de centaine de chevalets...

Que l’agencement s’accorde vers un crescendo comme la « Cathédrale de chaises » ou vers des ponctuations architecturales comme les cabanes perchées, l’artiste compose toujours un rythme, une musicalité. Elle est parente de la tonalité « art brut » des constructions du Facteur Cheval ou du « Nouveau Monde » de Francesco Toris. Elle rejoint aussi la philosophie du musicien John Cage : « Entrer dans le hasard, cela fait disparaître les préjugés, les idées préalables d’ordre et d’organisation. » [2] L’inattendu est de fait le moteur de Tadashi Kawamata. Le processus prévaut sur le résultat. Les favellas, les campements urbains et leurs inventions de débrouilles inspirent sa pratique. Tout comme l’énergie particulière des villes.

Lui qui est né dans les montagnes peu fréquentées de l’île japonaise d’Hokkaido, il rêvait, enfant, de la ville, de son fourmillement, de son dynamisme, de ses couleurs mur et bitume. C’est devenu son biotope. Il y invente une esthétique du fragment, de l’interstice, de la perturbation. Sculpteur street art, il se dit plus activiste qu’artiste. Il aime, comme au jeu de Mikado, bouger une seule baguette et tout désorganiser. Rien n’est éternel, le fleuve s’écoule comme le temps, le changement est l’essence du vivant. Les œuvres de Tadashi Kawamata accompagnent l’impermanence du monde.

Annabelle Gugnon

1 - Nicolas Bourriaud, Esthétique relationnelle, éd. Les Presses du Réel, 2001.

2 - John Cage, Pour les oiseaux. Entretiens avec Daniel Charles, 1970, éd. L'Herne, 2014.

Né en 1953 à Hokkaido au Japon, Tadashi Kawamata vit et travaille à Tokyo et Paris. Son travail a fait l'objet de multiples présentations dans le monde entier au sein d’institutions telles que le Made in Cloister à Naples (2017), le Thurgau Art Museum, Suisse (2014), le Centre Pompidou à Paris (2010) et à Metz (2016), au Toyosu Dome à Tokyo (2010-2013), le HKW à Berlin (2009), le Art Tower Mito à Mito (2001), la Art Pace Foundation for Contemporary Art à San Antonio (1998), la Serpentine Gallery à Londres (1997), le MACBA à Barcelone (1996) ; ainsi que dans le cadre de nombreuses biennales telles que la Biennale de Venise (1982), la documenta VIII et IX (1987-1992), la Biennale internationale de São Paulo (1987), la Biennale d’Art Contemporain de Lyon (1993), le Münster Skulptur Projekte (1997), la Biennale de Sydney (1998), la Biennale Art Focus à Jérusalem (1999), la Echigo-Tsumari Art Triennale à Niigata (2000), la Biennale de Shanghai, la Biennale de Busan (2002), la Biennale de Valence (2004), la Biennale de Melle (2009) et la Biennale Evento à Bordeaux (2009).

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