Paulien Oltheten

Ended

Paulien Oltheten

Suitcase Routines, Scenes of the Improbable

Oct 29 – Nov 28, 2020

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In her first solo show at Galerie Les Filles du Calvaire, Dutch artist Paulien Oltheten guides us through locations she has explored during the past few years: from Iran to Russia, but also the Paris districts les Olympiades and La Défense. Two years after Rencontre d’Arles, where she won the Prix Découverte, the gallery is glad to show an extensive range of her works.

"Our life space is neither continuous nor infinite nor homogeneous nor isotropic. But who knows where it breaks, where it bends, where it falls apart, where it gathers?"

—Georges Perec

Following Perec, Paulien Oltheten wants to question space. She reads space according to those who cross it and act in it: mental spaces as well as physical ones interconnect in a form of poetic complicity. Oltheten finds her material in the everyday behavior of people and things, patiently revealing its essence. Tirelessly she keeps following people and locations, sometimes entering into real but brief relations with them. With humor and imagination she rebuilds improbable links between human beings, their businesses and their movements.

Her work echoes the urban theories of American sociologist Richard Sennett, who states that the configuration of a city’s space exerts a major influence, positive or negative, on the life of its inhabitants. Paulien Oltheten highlights our repetitive behaviors in the interaction with urban structures, for example La Defense: «The esplanade is massive and does not invite you to stay in its center, you have to cross it, take refuge on the sides. It’s like a loop of repeated actions. There are small differences, but the great mechanics remain the same.»

At the gallery, Oltheten chose to show emblematic works in the form of photo installations, performances and videos. In La Défense, le regard qui s’essaye she confronts the graphic project of architects with the repetitive behaviors of the people who navigate this space, and the occasionally weird presence of objects in it. Starting from scratch, she constructs encounters between a scientific book, a family photo album and an ex-teacher’s attaché case, blending fakeness/illusion with reality/coincidence. The result is a workshop on anthropological observation, with the artist, in the role of performer, as its subject.

In Non she starts from a mural graffiti found in the les Olympiades district of Paris; in front of it, she captures the people passing by while they react to its explicit message as a social or a political statement. Her split-screen film “To those that will, ways are not wanting” presents observations of perseverance in two parallel worlds. Oltheten recorded scenes of people who are maneuvering through obstacles in Iran and Russia or how they cross the rivers that are transformed into new public spaces: the frozen Volga river becomes an infrastructure, and a dried-up riverbed in Isfahan a peaceful urban transition zone.

Art supersedes the documentary aspect in Paulien Oltheten’s work through a delicate vision of daily life. A unique choreography arises in a series of photos taken from her private notebooks, where she punctuates her recordings with quick sketches and phrases.

This show offers a clear understanding of our day-to-day relations with the surrounding materiality, and our repetitive ways of dealing with our environments. These fragments open up a zone between absurdity and contingency, a space of freedom through the infinite possibilities of never-ending stories.

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A l’occasion de sa première exposition personnelle à la galerie Les filles du calvaire à Paris, l’artiste néerlandaise Paulien Oltheten nous invite à découvrir les endroits qu’elle explore intensément depuis ces dernières années : de l’Iran à la Russie, en passant par le quartier des Olympiades et celui de la Défense à Paris. Deux ans après son exposition remarquée aux Rencontres d’Arles et saluée par le Jury du Prix Découverte, la galerie a le plaisir de présenter un plus large aspect de son travail.

"L’espace de notre vie n’est ni continu, ni infini, ni homogène, ni isotrope. Mais sait-on précisément où il se brise, où il se courbe, où il se déconnecte et où il se rassemble ?"

—George Perec

Inspirée par Perec, la motivation majeure de Paulien Oltheten est d’interroger l’espace, d’en faire sa lecture à partir de ceux qui le traversent et le vivent. L’espace mental et l’espace physique s’engagent dans une sorte de double jeu intensifiant leur lien. C’est dans la quotidienneté des êtres et des choses qu’Oltheten trouve sa matière, celle-ci devenant une évidence absolue sous son regard patient. Infatigable, elle observe la rue et suit les passants, tissant parfois avec eux des relations véritables bien qu’éphémères. Avec humour et ingéniosité, elle envisage l’improbable des liens entre les personnes, leurs affaires et leur utilisation de l’espace public.

Le sociologue et historien américain Richard Sennett, dont les études sur l’urbanisme ne cessent d’influencer la mise en oeuvre de Paulien Oltheten, part du constat que la configuration de l’espace urbain peut enrichir tout aussi bien que contrarier la vie quotidienne de ses habitants. C’est à partir de cette même appréhension de l’urbain que l’artiste envisage nos routines : « L’esplanade de la défense est massive et n’invite pas à rester en son centre, il faut la traverser, se réfugier sur les côtés. C’est comme une boucle d’actions répétées. Il y a des petites différences, mais la grande mécanique reste la même. » (Paulien Oltheten)

A la galerie, entre installation, performance et projection, Oltheten a choisi de réunir plusieurs pièces, dont celle de « La Défense, le regard qui s’essaye ». Elle y repère le graphisme pensé par les urbanistes, la répétition des gestes de ceux qui l’expérimentent et l’apparition, parfois hors contexte, de certains objets. De ces constatations élémentaires et ordinaires, elle parvient à extraire la singularité du comportement humain et développe une narration aussi inattendue qu’universelle. Elle crée de toute pièce des rencontres entre un livre scientifique, un album de famille et l’attaché case d’un ex maître d’école, le tout en jouant de l’ambiguïté des vérités photographiques et documentaires.

Quant à elle, la vidéo “Non”, a pour point de départ un graffiti trouvé dans le quartier des Olympiades à Paris. L’artiste a capté les réactions des passants face à ce “non” intrusif. De cette déclaration outrancière, elle leur propose de voyager librement entre le social et le politique.

Son film à écran divisé «To those that will, ways are not wanting» présente la persévérance de la déambulation dans deux mondes parallèles. En Iran et en Russie, Oltheten observe et enregistre les personnes manoeuvrant face aux obstacles, elles traversent les rivières transformées en de nouveaux espaces publics : la Volga gelée devient une infrastructure, et le lit d’une rivière asséchée à Ispahan, une zone de transition urbaine paisible.

L’affaire artistique n’est pas uniquement objective et documentaire, il y a chez Oltheten une considération sensible et poétique de la vie quotidienne. L’artiste inventorie les mouvements qu’elle perçoit, les dessine en silhouette et les annote. La singulière chorégraphie des passants s’expose à la galerie dans une série de photographies, tirées et inspirées de ces précieux carnets de notes.

A travers cette exposition, Paulien Oltheten nous fait prendre conscience de nos relations quotidiennes avec le monde matériel, de nos schémas de perception et de nos comportements. Ces séquences entre absurde et nécessité ouvrent un espace de liberté par l’infinie possibilité des histoires qu’elles évoquent, elles stimulent notre imagination pour espérer des suites.

While you’re in Le Marais

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