Ended Feb 4
Ceal Floyer
Dec 10, 2022 – Feb 4, 2023
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Ceal Floyer’s oeuvre is characterized by a distinct voice: exuding a quiet but forceful presence, her works address us with playfulness and profundity. Slight alterations to found objects that are usually familiar from everyday experiences create surprising interventions that heighten the awareness of our surroundings. Often the artist mixes visual and linguistic references, combining semantic levels in a disorienting and witty way. Her work achieves a profoundly paradoxical condition: feather-light gravitas.
Ceal Floyer’s presentation responds to the recently opened space by subtly disrupting the self-evidence of its architecture. With simple gestures she proposes breaks or slippages in the existing rooms, toying with our perception of walls, floors and windows as anything but stable. In the main exhibition space, a large, serrated metal blade protrudes from the parquet floor. A fine circular mark completes the work, suggesting a hole is being cut into the floor from below. Drawing on the iconographic trope from cartoons, Saw, 2015 dramatically undermines the trust in the permanence of the ground on which we stand and generally take for granted. Installed on the wall alongside Saw is Jigsaw, a new work, that consists of twelve framed graphite drawings, each depicting a single blank puzzle piece. Isolated on a blank page, the individual pieces will never meet, the jigsaw puzzle never be solved.
In the adjoining space, small tear lines discreetly edge the walls. Untitled Installation (Dotted Line), 1993-2022 is an early example of Floyer’s minimal, witty spatial interventions. The broken line resembles “cut-here” markings on a sheet of paper or a sewing pattern. First conceived in 1993, the work has been updated to include the image of scissors on a digital display—it is the image of the scissors that gives a new significance to the dotted line.
In the second room a video and a sound work subtly interact: presented on a large LED screen, the 2013 Drop consists of a deceptively still image of the evening sky. The video shows a number of drops of water hanging precariously from a horizontal railing that runs across the top of the frame. In the course of the 11:18-minute duration of the video, several of the drops fill up, drop, and new ones form. Oddly transfixing, the extremely slow transformation alters the viewer’s perception of elapsing time and of the scale.
Ceal Floyer’s 2018 sound sculpture, Untitled (Static) is a classic example of the artist’s use of suggestion, recasting familiar perceptions into an unexpected experience. The sculpture is a parabolic speaker that is suspended from the ceiling and plays ready-made static sound effects. The combination of the sight of the clear plastic dome and the sound of the static provokes a trompe l’oreille effect as the noise seems to transform into the patter of heavy rain upon an umbrella.
Another work subverting our understanding of the solidity of the space is Hinges, 2021. Two metal hinges, installed in a corner give the impression that the two adjoining walls could be moved in relation to one another. Characteristic of Floyer’s economical and playful approach, Hinges momentarily changes how we perceive our surroundings in a lasting and even slightly surreal way.
A companion piece of sort is Umbrella, 2018, a photograph depicting a large black umbrella, unfolded and lying upside down on a grey concrete floor. Tilted at a slight angle, it is filled with water, taking up a large section of the concave shape, still and level with the floor. From a convex shield pointing toward the sky to protect from the rain, the characteristic shape has been transformed into a receptacle. Represented indoors, the question of how the liquid has accumulated inside the umbrella creates an intractable visual puzzle.
Ceal Floyer was born in 1968. She studied at Goldsmiths, University of London. The artist lives and works in Berlin. In 2006, Floyer was nominated for the Nam June Paik Award and in 2007, for the Berlin-based Preis der Nationalgalerie für junge Kunst. Floyer participated in Manifesta 11 in Zurich (2016), Documenta (13) in Kassel (2012), and in the 53rd Venice Biennale (2009).
The artist has exhibited extensively. Among her numerous solo exhibitions are: Ceal Floyer, goeben Berlin (2021); Ceal Floyer – Unrequited Line, Y8 Kunstraum, Hamburg (2020); Ceal Floyer, Exercises in Harmony 3, Kunsthal 44Møen, Askeby (2019); Things, University of Michigan Museum of Art, Michigan (2019); Maximum Headroom, Neuer Berliner Kunstverein, Berlin (2018–2019); Ceal Floyer, Aspen Art Museum, Aspen (2016); On Occasion, Aargauer Kunsthaus, Aarau (2016); Ceal Floyer, Kunstmuseum Bonn (2015); Ceal Floyer, Museion, Bolzano (2014); Ceal Floyer, Kabinett für Aktuelle Kunst, Bremerhaven (2013); Things, Project Arts Centre, Dublin (2011); Works on Paper, CCA, Tel Aviv (2011); Ceal Floyer, DHC/ART, Montreal (2011); Auto Focus, Museum of Modern Art (MOCA), North Miami (2010); Ceal Floyer, KW Institute For Contemporary Art, Berlin (2009), and Gakona, Palais de Tokyo, Paris (2009).
Floyer’s work has been acquired by the following collections: Centre Pompidou, Paris; Tate, London; The Museum of Modern Art, New York; Museum für Moderne Kunst, Frankfurt; Neue Nationalgalerie, Staatliche Museen zu Berlin; Sammlung Zeitgenössische Kunst der Bundesrepublik Deutschland, Berlin; Denver Art Museum, Denver, and SFMOMA, San Francisco.
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Esther Schipper a le plaisir de présenter une exposition personnelle de Ceal Floyer dans notre galerie parisienne, la sixième de l’artiste avec la galerie. Celle-ci comprend une sélection d’œuvres nouvelles, récentes et historiques.
L’œuvre de Ceal Floyer se caractérise par une voix distincte : dégageant une présence tranquille mais énergique, ses œuvres s’adressent à nous de façon ludique et profonde. De légères modifications apportées à des objets trouvés, pour la plupart familiers ou appartenant au quotidien, créent des interventions surprenantes qui renforcent la conscience que nous avons de notre environnement. Souvent, l’artiste mélange des références visuelles et linguistiques, combinant les niveaux sémantiques d’une manière déconcertante et pleine d’esprit. Son travail atteint une condition profondément paradoxale : une gravité légère comme une plume.
L’exposition de Ceal Floyer répond à l’espace de la galerie, inauguré récemment, en perturbant subtilement l’évidence de son architecture. Avec des gestes simples, elle propose des ruptures et des glissements, jouant avec notre perception des murs, des sols et des fenêtres, qu’elle présente comme étant tout sauf stables. Dans la pièce principale, une grande lame de scie métallique dentelée semble surgir du parquet. Une fine marque circulaire complète l’œuvre, suggérant qu’un trou est en train d’être percé dans le sol depuis l’étage inférieur. S’inspirant du trope iconographique des dessins animés, Saw, 2015 ébranle dramatiquement la confiance que nous plaçons dans la permanence du sol sur lequel nous nous tenons et que nous considérons généralement comme acquis. Installée sur le mur adjacent, 12 pieces – une œuvre spécifiquement conçue pour cette exposition – consiste en douze dessins au graphite encadrés, chacun représentant une seule pièce de puzzle vierge. Isolées sur une page blanche, les pièces individuelles ne se rencontreront jamais, le puzzle ne sera jamais résolu.
Dans l’espace contigu, de petites lignes de découpe bordent discrètement les murs. Untitled Installation (Dotted Line), 1993-2022, est un exemple précoce des interventions spatiales minimales et spirituelles de Floyer. La ligne pointillée ressemble à l’indication « découpez ici » que l’on retrouve parfois sur une feuille de papier ou un patron de couture. Conçue en 1993, l’œuvre a été actualisée pour cette exposition afin d’y inclure l’image de ciseaux sur l’écran d’une tablette numérique placée à proximité – c’est par cette image-même que la ligne pointillée prend toute sa signification.
Dans la deuxième salle, une vidéo et une œuvre sonore interagissent subtilement : présentée sur un écran plat, l’œuvre Drop, 2013 consiste en une image apparemment fixe du ciel à la tombée du jour. La vidéo montre des gouttes d’eau suspendues de manière précaire à une balustrade horizontale qui traverse le haut du cadre. Au cours des 11 minutes et 18 secondes que dure la vidéo, plusieurs de ces gouttes se forment, puis tombent et ainsi de suite. Étrangement hypnotique, cette évolution extrêmement lente de l’image modifie, chez le spectateur, la perception du temps qui s’écoule.
La sculpture sonore, Untitled (Static), réalisée en 2018, est un exemple classique de l’utilisation de la suggestion par l’artiste, qui transforme des perceptions familières en une expérience inattendue. La sculpture est un haut-parleur parabolique suspendu au plafond qui diffuse un effet sonore statique. L’association visuelle du dôme en plastique transparent et du son statique provoque un effet de « trompe-l’oreille » : le bruit semble se transformer en une pluie s’abattant sur un parapluie.
Une autre œuvre subvertissant notre compréhension de l’espace est Hinges, 2021. Deux charnières métalliques installées dans un angle de la pièce, donnent l’impression que les deux murs adjacents pourraient se refermer l’un sur l’autre. Caractéristique de l’approche économique et ludique de Floyer, Hinges modifie momentanément la façon dont nous percevons notre environnement de manière durable et même légèrement surréaliste.
Une pièce complémentaire du même genre est Umbrella, 2018, une photographie représentant un grand parapluie noir, déplié et posé à l’envers sur un sol en béton gris. Incliné, il est largement rempli d’eau, dont la surface est immobile et de niveau avec le sol. D’un bouclier convexe dirigé vers le ciel pour se protéger de la pluie, la forme caractéristique s’est transformée en réceptacle. L’objet étant représenté en intérieur, la question de savoir comment le liquide s’est accumulé à l’intérieur du parapluie crée un puzzle visuel insoluble.
Ceal Floyer est née en 1968. Elle a étudié à Goldsmiths à Londres. L’artiste vit et travaille à Berlin. En 2006, Floyer a été nominée pour le prix Nam June Paik et en 2007, pour le Preis der Nationalgalerie für junge Kunst de Berlin. Floyer a participé à Manifesta 11 à Zurich (2016), Documenta (13) à Cassel (2012), ainsi qu’à la 53e Biennale de Venise (2009).
L’artiste a beaucoup exposé. Parmi ses nombreuses expositions personnelles figurent : Ceal Floyer, goeben Berlin (2021) ; Ceal Floyer – Unrequited Line, Y8 Kunstraum, Hambourg (2020) ; Ceal Floyer, Exercises in Harmony 3, Kunsthal 44Møen, Askeby (2019) ; Things, University of Michigan Museum of Art, Michigan (2019) ; Maximum Headroom, Neuer Berliner Kunstverein, Berlin (2018-2019) ; Ceal Floyer, Aspen Art Museum, Aspen (2016) ; On Occasion, Aargauer Kunsthaus, Aarau (2016) ; Ceal Floyer, Kunstmuseum Bonn (2015) ; Ceal Floyer, Museion, Bolzano (2014) ; Ceal Floyer, Kabinett für Aktuelle Kunst, Bremerhaven (2013) ; Things, Project Arts Centre, Dublin (2011) ; Works on Paper, CCA, Tel Aviv (2011) ; Ceal Floyer, DHC/ART, Montréal (2011) ; Auto Focus, Museum of Modern Art (MOCA), North Miami (2010) ; Ceal Floyer, KW Institute For Contemporary Art, Berlin (2009), et Gakona, Palais de Tokyo, Paris (2009). L’œuvre de Floyer est conservée dans les collections suivantes : Centre Pompidou, Paris ; Tate, Londres ; The Museum of Modern Art, New York ; Museum für Moderne Kunst, Francfort ; Neue Nationalgalerie, Staatliche Museen zu Berlin ; Sammlung Zeitgenössische Kunst der Bundesrepublik Deutschland, Berlin ; Denver Art Museum, Denver, et SFMOMA, San Francisco.










