Ended Apr 24
Anne Bourse
Different Times, Different Paul
Mar 19 – Apr 24, 2021
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Excerpt from an interview with Anne Bourse by Baptiste Pinteaux:
BP: I love this purple and the blue with the purple. The beds will be painted as well?
AB: Yes. You know, I have an almost physical obsession with… well firstly with colour and then a complete obsession with the idea of painting metal. I have never done it before and I feel like it’s going to be a revelation…. I mean I hope! It’s a bit like those beds, which are the exact translation of a drawing into metal. Painting steel is pure fantasy for me, something haptic. Hot on cold, a covering. It's mental but also just very concrete, I mean like physical.
BP: Have you ever seen anything by Apichatpong Weerasethakul? Uncle Boonmee?
AB: No, nothing.
BP: There are often ghosts in his films – their bodies are transparent but become more and more opaque, becoming in the end indistinguishable from living bodies. Dreams and the material world coincide without it ever really seeming unrealistic. And then there are the large mosquito nets above the beds, the neon lights, the heat, the buzzing of mosquitoes… but so none of the drawings will be framed?
AB: No. A drawing is always just something that you look at. And you know, the beds will be real objects, not sculptures. Presences, not representations. So, if there are going to be drawings, they have to be a part of the fiction of the space. I can’t multiply the ways in which a body encounters the space. It has to be through fiction, as though it exists in a film, to make sure you’re not… it has to be like a fantasy. A line of drawings would be… no, there must be fridges… or cupboards. Look, I made a little envelope to put your letters into… [She hands me a square of folded velvet that she has coloured in with a pink marker]. You can put your lighter in it…
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Extrait d'un entretien d'Anne Bourse par Baptiste Pinteaux:
BP : Ah j’adore ce violet et le bleu dans le violet. Les lits seront peints eux aussi ?
Oui. Tu sais, j’ai un délire presque physique de… d’abord avec les couleurs et ensuite un vrai délire total avec l’idée de peindre du métal. Je ne l’ai jamais fait et je sens que ça va être une révélation… enfin j’espère ! C’est un peu comme ces lits qui sont la transposition exacte d’un dessin dans une forme en métal. Peindre de l’acier, c’est un pur fantasme pour moi, quelque chose d'haptique. C’est du chaud sur du froid, un recouvrement. C’est mental et à la fois c’est juste très concret, enfin physique.
BP : Tu as déjà vu les films de Apichatpong Weerasethakul ? Oncle Boonmee ?
AB : Non, aucun.
BP : Il y a souvent des fantômes dedans – leurs corps sont transparents mais s’opacifient et deviennent progressivement indissociables de celui des vivants. Les rêves et la vie matérielle coïncident sans jamais que ça ne soit invraisemblable. Et puis il y a ces grandes moustiquaires au-dessus des lits, les lumières des néons, la chaleur, le bruit des moustiques... mais donc aucundessin encadré ?
AB : Non. Un dessin c’est toujours quand même quelque chose qui se regarde. Et tu vois, les lits seront de vrais objets, pas des sculptures. Des présences qui ne sont pas des représentations. Alors s’il y avait un dessin, il faudrait qu’il appartienne à la fiction de l’espace. Je ne peux pas multiplier les manières de m’adresser à un corps dans l’espace. Il faut que ce soit dans une fiction, il faut que ça joue dans un film, pour éviter qu’on soit… il faut que ce soit un fantasme. Une ligne de dessins ce serait… non il faudrait des frigos… ou des placards. Regarde, j'ai fait une petite enveloppe pour mettre son courrier… [Elle me tend un carré de velours replié qu’elle a colorié avec un feutre rose] On met son briquet…

