Ended Jul 29

Cécile Beau

Lithique

Jun 2 – Jul 29, 2017

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“It is not about affirming, at least not in a simple way, that the stars influence us, that they govern our lives, but rather accepting this and adding that we also influence the stars, for the Earth itself is but one star among many, and everything that lives on it (and inside it) is of an astral nature. There is nothing but sky, everywhere, and the Earth is a portion of it, a partial state of aggregation.”

- Emmanuele Coccia, La Vie des plantes, Une métaphysique du mélange, Bibliothèque Rivages, 2016

“I speak of stones that have always lain outdoors, or that sleep in their lodge and the darkness of lodes . . . They date from the planet’s beginnings, sometimes having come from another star. They then bear the twisting of space upon them like a scar from their terrible fall. They are from before humanity; and humans, when they arrived, did not mark them with their art or industry. Humans did not manufacture them, crafting them for some trivial, luxurious or historic use. They carry on nothing but their own memory.”

- Roger Caillois, Pierres, 1966

“If there’s a bright centre to the universe, you’re on the planet that it’s farthest from.”

- Luke Skywalker to C3PO, Star Wars, 1977

Everything in Cécile Beau’s work revolves around the idea of revelation, in all the senses of the word. Not only unveiling – the act of making it possible to see or hear phenomena that escape our immediate perception – but also epiphany and illumination. For Cécile Beau does not approach reality such as it appears to us, but such as it is in itself, in the beating heart of the matter, through its sedimentary strata and sublayers – a fragmented, inorganic and exogenous reality. Created with a sense of economy similar to that of Arte Povera, but with a sensitivity heightened by a perception extending beyond the bounds of the world and the self, her installations are most often composed of very simple materials and anti-spectacular set-ups. They invariably address topics such as encoding and decoding, alchemical formulas and quantum physics, cosmology and archaeology. Accretions and sediments, dark matter and cosmic background noise are extracted from a physical reality at the threshold of discernment.

With astrophysics as its running theme, the exhibition – whose title is a nod to prehistory – strives to explore the transitory state of mineral elements, from their cosmic origin (meteorites) to their transformation into geological sediment (rocks, stones, pebbles, sand and dust) before they are appropriated by humans as a raw material. Refusing to choose between metaphysical vertigo, poetic allegory and scientific rationality, Cécile Beau presents us with a form of phenomenological science fiction.

Julien Bécourt

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« Il ne s’agit pas d’affirmer, du moins pas simplement, d’affirmer que les astres nous influencent, qu’ils gouvernent notre vie, mais d’accepter cela en ajoutant que nous aussi nous influençons les astres, car la Terre, elle-même, n’est qu’un astre parmi les autres, et tout ce qui vit sur elle (ainsi qu’en son intérieur) est de nature astrale. Il n’y a que du ciel, partout, et la Terre en est une portion, un état d’agrégation partiel. »

(Emmanuele Coccia, La Vie des plantes, Une métaphysique du mélange, Bibliothèque Rivages, 2016)

« Je parle de pierres qui ont toujours couché dehors ou qui dorment dans leur gîte et la nuit des filons. (…) Elles sont du début de la planète, parfois venues d’une autre étoile. Elles portent alors sur elles la torsion de l’espace comme le stigmate de leur terrible chute. Elles sont d’avant l’homme ; et l’homme, quand il est venu, ne les a pas marquées de l’empreinte de son art ou de son industrie. Il ne les a pas manufacturées, les destinant à quel usage trivial, luxueux ou historique. Elles ne perpétuent que leur propre mémoire. »

(Roger Caillois, Pierres, 1966 )

« S’il y a un point central dans cet univers, tu es sur la planète qui en est le plus éloigné. »

(Luke Skywalker à C3PO, La Guerre des Étoiles, 1977)

Dans l’œuvre de Cécile Beau, il n’est question que de révélation, dans tous les sens du terme. Révélation comme action de dévoiler, de rendre visible ou audible des phénomènes qui échappent à notre perception immédiate, mais aussi au sens d’épiphanie, d’illumination. Car Cécile Beau ne s’empare pas du réel tel qu’il nous apparaît, mais tel qu’il est en lui-même, au cœur vibrant de la matière, à travers ses strates et ses sous-couches sédimentaires – un réel fragmenté, inorganique et exogène. D’une économie de moyens proche de l’arte povera, mais avec une sensibilité décuplée par un ressenti hors-monde et hors-soi, ses installations s’appuient le plus souvent sur des matériaux pauvres et des dispositifs anti-spectaculaires. Il y est toujours question d’encodage et de décryptage, de formules alchimiques et de physique quantique, de cosmologie et d’archéologie. Accrétions et sédiments, matière noire et bruit de fond de l’univers y sont soutirés d’une réalité physique au seuil du discernement.

Placée sous le signe de l’astrophysique, l’exposition – dont le titre renvoie à la préhistoire - s’attache à explorer l’état transitoire des éléments minéraux, de leur origine cosmique (météorite) à leur transformation en sédiment géologique (roches, pierres, cailloux, sable, poussière), avant d’être accaparée par l’homme comme matière première. Se refusant à trancher entre le vertige métaphysique, l’allégorie poétique ou la rationalité scientifique, Cécile Beau nous place en face d’une forme de science-fiction phénoménologique.

Julien Bécourt

While you’re in Belleville

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