Ended May 27
Simone Fattal
Paintings and Ceramics
Apr 21 – May 27, 2017
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Simone Fattal decides to stop painting in 1978. She gives the last brush stroke to a painting, The Mount. The work completes an assiduous observation of Mount Sannine, which she scrutinizes daily through her window while living in Beirut. Partially covered with snow, the imposing and powerful neighbor gradually becomes a pattern declined by the artist : the design, the luminous shades, the colors and the impressions. Bright and intensely colored paintings slowly give way to whiteness. White envelops and gradually invades the compositions. It imposes itself like the light of Beirut: a white, dazzling, almost blinding light. Thereby the last paintings are bathed in this light, that is both troubling and reassuring. The Mount Sannine disappears, it becomes a reminiscence, opening a space of infinite projection. A space where the conversation between figuration and abstraction subtly blurs their boundaries. Porosity is thus implemented.
The paintings of the 1970s set up a reflection where daily life and memory take center stage. Those two research fields are essential in the work of Simone Fattal whose foundations engage a tenuous relationship between the past (History) and the present. The artist is fascinated by archeology: digging the earth and revealing objects, damaged fragments and traces of past civilizations. It is therefore not surprising that when she arrived in the United States in the 1980s, she fully devoted herself to ceramics. Her hands in the earth, she gives shape, without any form of mannerism, to standing bodies and resistant architectures. In parallel to these well-known works, she also creates objects assigned to the domestic space, to the everyday life : vases, pots, teapots, dishes or cups. The voluntarily primary gestures whose traces are visible on the sculptures are here refined. Simone Fattal vows immense respect to craftsmanship whose teachings are transmitted through time, cultures and geographies. She loves meticulous gestures, precise techniques, know-how and material working. The coexistence of paintings on canvas and terracotta pots in her work produces an encounter between the present and archeology, art and craftsmanship, the existent and the memory of this existence come into collision in her work. Conscious of a drifting world, a history and a topicality nourished by this endless brutality, Simone Fattal experiences the fragility, the resistance and the survival of our stories through the material.
Text by Julie Crenn
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En 1978, Simone Fattal décide d’arrêter la peinture. Elle donne le dernier coup de pinceau à une peinture, Le Mont. L’œuvre achève un travail d’observation assidu du Mont Sannine qu’elle scrute au quotidien par sa fenêtre alors qu’elle vivait à Beyrouth. Le voisin imposant et puissant, partiellement recouvert de neige, devient peu à peu un motif dont l’artiste va décliner le dessin, les nuances lumineuses, les couleurs et les impressions. Peu à peu, les peintures aux couleurs vives et intenses laissent place à la blancheur. Le blanc enveloppe et envahit progressivement les compositions. Il s’impose comme la lumière de Beyrouth, une lumière blanche, éblouissante, quasi aveuglante. Alors, les dernières peintures sont baignées de cette lumière à la fois troublante et rassurante. Le Mont Sannine s’efface, il se fait réminiscence et ouvre un espace de projection infini. Un espace où la figuration et l’abstraction mènent un dialogue qui altère avec subtilité leurs frontières. La question des porosités est ainsi mise en œuvre.
Les peintures des années 1970 installent une réflexion où le quotidien et la mémoire tiennent une place centrale. Les deux territoires de recherche sont essentiels dans l’œuvre de Simone Fattal dont les fondements engagent une relation ténue entre le passé (l’Histoire) et le présent. L’artiste est fascinée par l’archéologie : fouiller la terre pour remettre à jour les objets, les fragments abimés et les traces de civilisations passées. Il n’est donc pas étonnant qu’à son arrivée aux Etats-Unis, dans les années 1980, elle s’investisse pleinement dans une pratique de la céramique. Les mains dans la terre, elle façonne, sans aucune forme de maniérisme, des corps debout, des architectures résistantes. A ces œuvres bien connues, elle développe parallèlement la création d’objets assignés à l’espace domestique, au quotidien : des vases, des pots, des théières, des plats ou encore des tasses. Les gestes volontairement primaires dont les traces sont visibles sur les sculptures, sont ici affinés. Simone Fattal voue un immense respect à l’artisanat dont les enseignements sont transmis à travers le temps, les cultures et la géographie. Elle affectionne les gestes minutieux, les techniques précises, le savoir-faire et le travail des matériaux. Alors, la cohabitation des peintures sur toile et des pots en terre cuite formulent un télescopage entre le présent et l’archéologie, entre l’art et l’artisanat, entre l’existant et le souvenir de cette existence. Consciente d’un monde en dérive, d’une Histoire et d’une actualité nourries d’une brutalité incessante, Simone Fattal éprouve par la matière la fragilité, la résistance et la survivance de nos histoires.
Texte de Julie Crenn





